Sécheresse et canicule : le transport fluvial de céréales entravé par le bas niveau des cours d’eau
En France, comme en Europe, le bas niveau des cours d’eau pénalise voire interdit la circulation des barges et péniches chargées de grains et autres matières premières agricoles. L’approvisionnement des industriels bord à quai et les exportations en provenance des pays de l’Est sont touchés.
En France, comme en Europe, le bas niveau des cours d’eau pénalise voire interdit la circulation des barges et péniches chargées de grains et autres matières premières agricoles. L’approvisionnement des industriels bord à quai et les exportations en provenance des pays de l’Est sont touchés.
Les prix de base du fret fluvial en France n’ont pas évolué entre le 5 et le 12 août 2026. En revanche, des surcoûts liés aux basses eaux renchérissent le transport de marchandises par la voie d’eau, dans l’Est de l’Hexagone comme en Europe. La navigation devient de plus en plus difficile sur le Rhin et la Moselle en France, sur le Main en Allemagne et le Danube en Europe de l’Est, où le bas niveau des fleuves atteint des records.
En France, la navigation est à l’arrêt sur le bassin du Rhin
Dans l’Est de la France, barges et péniches ne chargent pas sur le Rhin et la Moselle, ce qui pénalise la logistique céréalière en cette période de dégagement de la nouvelle récolte. « On essaie d’exécuter nos contrats par camions. Mais il va être difficile de sortir correctement la marchandise s’il ne pleut pas dans les prochaines semaines », s’inquiète un courtier local.
Dans le Nord et sur le bassin de la Seine, les premières restrictions apparaissent
Dans le Nord de la France, des limitations de charge apparaissent, en raison de l’abaissement du niveau des eaux. À titre d’exemple, sur l’Escaut, la limitation d’enfoncement est de l’ordre de 10 à 15 centimètres, avec à la clef des pertes de tonnage importantes. Sur l’Aisne, des problèmes de navigations apparaissent également. Cependant, la demande des industriels régionaux qui se fournissent en matières premières agricoles par la voie d’eau est limitée en cette période de congés estivaux. Mais si la météo demeure sèche, cela risque de poser des problèmes d’approvisionnement des usines à la rentrée.
Sur le bassin de la Seine, la surveillance se renforce, notamment concernant l’Yonne où l’on atteint la limite d’enfoncement maximal. S’il ne pleut pas de manière significative d’ici la fin du mois, la navigation en pâtira dès début septembre et les livraisons des entreprises agroalimentaires bord à quai franciliennes pourraient se compliquer.
En Europe, la logistique fluviale est fortement contrainte
En Allemagne, le Rhin atteint un niveau historiquement bas, en raison de la chaleur persistante et de la sécheresse, avec de sévères restrictions à la navigation. À Cologne, le niveau d’eau sur l’échelle hydrométrique est de 50 centimètres en date du 14 août 2026 selon les données de la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR), contre environ 200 centimètres en temps normal. Il s’agit du record atteint en 2018, une année de sécheresse exceptionnelle. Sur l’échelle hydrométrique de Kaub, le niveau est de 8 centimètres, contre 140 centimètres habituellement. Le Main, affluent du Rhin, n’est pas en reste avec un niveau d’eau de 125 centimètres sur l’échelle hydrométrique de Rhaunheim, bien inférieur aux seuils d’alerte dont le plus élevé s’établit à 340 centimètres.
Les basses eaux sur le Danube pénalisent les exportations des pays de l’Est
Concernant le Danube, la situation est tout aussi alarmante. Le fleuve est au plus bas depuis vingt ans, avec des conséquences sur le fret fluvial de marchandises. Des péniches chargées de céréales sont à l’arrêt. Pour l’anecdote, le niveau de l’eau est si bas qu’en Roumanie, l’entreprise publique Nuclearelectrica a arrêté son dernier réacteur en service jeudi, après que les efforts pour détourner l’eau de refroidissement vers la centrale se sont révélés insuffisants.
De même, en Hongrie, la centrale de Paks fonctionne actuellement à 25 % de sa capacité, après avoir échappé de justesse à un arrêt total pour la première fois en 44 ans en début de mois. Cette situation exceptionnelle handicape les exportations de matières premières agricoles des États membres de l’est de l’Union européenne (comme la Roumanie, la Bulgarie, ou la Hongrie), mais également celles d’Ukraine qui compte sur le transport fluvial via le Danube pour compenser les difficultés rencontrées sur ses installations portuaires en mer Noire, régulièrement bombardées par les Russes.