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Bourse aux grains
Retour aux sources, à Chartres, pour la 20è édition de la bourse aux grains décentralisée d'AgroParisBourse

© Office du tourisme Chartres Métropole / P. Cointepoix

C’était il y 22 ans, c’était la première bourse décentralisée organisée par Agro Paris Bourse… et c’était à Chartres ! Elle avait accueilli plus de 300 personnes. Donc, cette année, en 2019 et juste après la fin de la moisson, la 20è édition de la bourse décentralisée réinvestit la préfecture d’Eure-et-Loir, au beau milieu de l’histoire des machines agricoles exposées au musée et conservatoire rural et agricole du Compa. Axereal, Claude Chanal SA, la Fédération des négociants agricoles, Forwardis, Natup, Scael et Senalia se sont mobilisés pour apporter un soutien particulier à cette journée. Caceis, la CNCMA, Control Union, Dubrulle, Estalis, Euronext, Logaviv, Sitagri, Sojam et Transports Blanchet accueilleront les participants sur différents stands.
La bourse décentralisée à Chartres, en Beauce (grenier céréalier de France), c’est un retour aux sources des activités de l’Ucacel. « Il faut rendre grâce aux historiques qui ont eu cette vision de lancer cette union de coopératives à l’époque » précise Gilles Kindelberger, directeur général de Senalia. L’union Senalia, justement, a également démarré dans cette région aux fortes valeurs paysannes. « Pour éviter un trop grand enclavement de la région, les infrastructures ferroviaires se développent régulièrement pour faciliter les flux des coopératives, comme Scael et Axereal, vers Rouen, La Rochelle ou encore Nantes » ajoute Gilles Kindelberger. Le clin d’œil est aussi prospectif puisque le siège social chartrain du spécialiste de l’export céréalier est appelé à rejoindre Rouen dans de nouveaux bâtiments (première pierre prévue en novembre 2019, emménagement en mars 2021). Côté début de campagne, Senalia note que l’origine France a tous les atouts pour bien faire cette année (bonne qualité, bon rendement…). Mais attention, le marché est de plus en plus étroit à l’export, très captif de l’Afrique du Nord. Le début de campagne a été bon en blé, avec l’Algérie et le Maroc aux achats, et « des orges de brasserie qui sont sorties très vite en première main, pas considérées comme des deuxièmes pailles ».
« Ce début de commercialisation pour cette campagne est compliqué, sporadique. Une belle affaire un jour, puis plus rien pendant deux-trois jours. L’ensemble des acteurs ont une visibilité réduite sur les marchés, avec des prix payés aux agriculteurs plutôt faibles. Et les compétiteurs extérieurs sont de plus en plus pro et performants » résume de son côté Caroline Chanal, directrice générale de Claude Chanal SA (courtier installé à Dreux depuis les années 60 et possédant un volant d’affaires diversifiées au-dessus d’une ligne Toulouse/Lille en céréales, oléagineux et protéagineux). « Cette bourse de Chartres est importante puisqu’elle a ouvert la voie à d’autres bourses décentralisées depuis la première édition ici-même en 1997 » ajoute Caroline Chanal. Reste aux yeux de la dirigeante de ce courtier, que le travail sur le terrain doit se poursuivre pour améliorer les services et les prestations autour de la logistique en général et du ferroviaire en particulier.
Pour Jean-Sébastien Loyer, directeur général de Groupe Scael (200 M€ de chiffre d’affaires et 750 000 tonnes de céréales collectées pour le pôle agricole ; 4 Mt commercialisées et 800 M€ de chiffre d’affaires pour l’activité de négoce/export), « c’est un grand honneur que la bourse de Paris ait choisi Chartres pour son édition décentralisée cette année ». Le dirigeant de Scael pointe aussi la logistique comme enjeu majeur des années à venir avec la nécessité de réagir toujours plus vite. « Nous devons pouvoir trouver du transport ferroviaire facilement et qui est compétitif face au camion afin de pouvoir rendre le bon service au bon moment quand la demande est là » précise Jean-Sébastien Loyer. Sur le début de campagne de commercialisation, ce dernier estime que les agriculteurs se sont encore peu engagés avec une demande « moyennement là » et des prix peu favorables aux producteurs. En revanche, les cours plutôt à la baisse donnent de la compétitivité à l’export, par exemple vers le Maroc. « Il faut rester très vigilant pour la suite de la campagne car on a déjà pris un peu de retard et il ne faudra pas manquer les opportunités d’affaires qui se présenteront », notamment si le chiffre de 12 Mt à faire sur pays tiers à l’export se confirme. Le début de campagne a été actif en orge.

 

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