Aller au contenu principal

Reprise timide pour l’amidonnerie

Valorisation – L’utilisation de blé par l’industrie des produits amylacés progresse, mais atteint tout juste le niveau observé avant la crise

LÉGER MIEUX. La consommation de blé par l’industrie amidonnière a augmenté de 11,5 % depuis le début de la campagne 2009/2010, selon le dernier conseil spécialisé Céréales de FranceAgriMer. Cette progression accompagne une reprise de ce secteur après une campagne 2008/2009 difficile, notamment en raison des difficultés de la papeterie-cartonnerie. Un mieux à relativiser, la conjoncture économique restant fragile.

Une conjoncture plus optimiste pour la campagne 2009/2010
     Quelque 2,85 Mt de blé seraient utilisées par les amidonniers sur la campagne 2009/2010, contre 2,63 Mt la campagne précédente, marquée par la crise économique. « Il s’agit seulement d’un rétablissement pour le blé, après la chute de l’année dernière. Il retrouve à peine les niveaux atteints en 2006-2007 » relativise Jean-Luc Pelletier, délégué général de l’Usipa (Union des syndicats des produits amylacés et de leurs dérivés). Une amélioration conditionnée à un redémarrage confirmé de l’économie, notamment pour le secteur de la papeterie cartonnerie, fortement touché l’an dernier avec un recul de la consommation de papiers et cartons en France de 11 %. Rappelons que derrière l’alimentaire, moins affecté par la crise, les secteurs des papiers/cartons représentent 30 % des débouchés des produits amylacés. Nouvelle encourageante pour ces secteurs: la chute observée en 2009 semble s’être enrayée. « Nous sommes dépendant de l’activité économique en général par l’intermédiaire de l’emballage, mais aussi de la conjoncture de la publicité et des échanges inter-entreprises. Les deux évoluent sur des tendances légèrement haussières depuis le début d’année. Nous sommes donc dans une phase de rattrapage » confirme Paul-Antoine Lacour du Copacel (Confédération française de l’industrie de papiers cartons et celluloses). Une augmentation des volumes de 5 % en janvier 2010, par rapport à janvier 2009, a ainsi été constatée dans le secteur des papiers cartons. « Un chiffre à mettre en balance avec la forte baisse des volumes observée en 2009, - 12 % de production par rapport à 2008! » insiste également Paul-Antoine Lacour.
    Une reprise certes pour l’amidonnerie, mais la production globale d’amidons et fécule n’a pas retrouvé ses niveaux passés (cf graph). « Si la fécule de pomme de terre se maintient, en amidons de blé et de maïs, on ne retrouve pas les volumes observés avant la crise, et on est loin des niveaux de croissance enregistrés durant les années 90. De 3 Mt d’ “équivalent amidon” en 2007/2008, nous nous attendons à 2,8 Mt pour cette campagne. En deux ans, la production globale a baissé » analyse Jean-Luc Pelletier.

Le maïs reste boudé par l’amidonnerie
La reprise de la consommation de blé s’explique entre autres par l’écart de prix blé/maïs pénalisant ce dernier. -100.000 t depuis le début de la crise; -2,4 % depuis le début de la campagne ; 1,84 Mt attendus en 2009/2010 contre 2 Mt en 2007/2008 : la baisse des utilisations du maïs par l’amidonnerie se confirme donc. « Si le facteur prix est à ne pas négliger, il faut aussi avoir en tête l’idée que la reprise de l’amidon de blé est également effective sur d’autres débouchés  » tels que l’industrie de fermentation, précise Jean-Luc Pelletier. La progression des utilisations du blé depuis le début de la campagne s’explique ici par l’évolution du rapport de prix blé/betterave, qui est devenu plus favorable au blé. Les nouveaux débouchés soutiennent également sa consommation, en particulier dans le domaine des bio-produits (chimie du végétal) et des ingrédients nutrition/santé. Autre point positif pour l’amidonnerie : une concurrence moins forte cette année des amidons de tapioca importés d’Asie.

Les plus lus

Photo d'Amadou Sarr, analyste chez Stratégie Grains, filiale d'Expana.
« Les exportations françaises de blé sont finalement moins exposées à la menace argentine que les origines mer Noire », déclare Amadou Sarr, analyste chez Stratégie Grains

La récolte record de l’Argentine en blé ne devrait pas pénaliser outre mesure les exportations françaises de blé tendre sur la…

Portrait de Pierre-Jean Huré, directeur commercial du groupe Sica Atlantique
« Nous espérons une meilleure dynamique à l’exportation en blé tendre sur la seconde partie de campagne », indique Pierre-Jean Huré

Le directeur commercial du groupe Sica Atlantique fait le bilan du premier semestre de la campagne de commercialisation 2025-…

De gauche à droite : Franck Bluteau, nouveau président de la Cavac, Jérôme Calleau, ancien président de la Cavac, et Olivier Joreau, directeur général
La coopérative Cavac garde un résultat net positif en 2024-2025

La campagne 2024-2025 a été difficile pour la Cavac, avec une forte baisse des volumes. Le résultat net de la branche…

Diego de la Puente, analyste du marché des grains chez Novitás.
Une récolte de blé record en Argentine pénalisée par la qualité

L’abondante récolte de blé argentin lui confère une grande compétitivité en ce début d’année. Les ventes vers l’Asie sont très…

Meunerie française, une santé fragile et une problématique d’importation

L’Association nationale de la meunerie française (ANMF) publie une étude commandée à la Banque de France sur l’état économique…

Julien Darley et Alexandre Jonet, traders pour Granit Négoce
« Nous ne sommes pas optimistes sur le redéveloppement de la prime brassicole d’ici à la fin 2026 », affirme Julien Darley, directeur général de Granit Négoce

Pour les traders de Granit Négoce, filiale d’Axéréal, seul un événement climatique adverse sur la récolte 2026 pourrait…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne