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Référendum : le non agricole dope la Confédération paysanne

En faisant clairement campagne contre la Constitution européenne, le syndicat paysan se sent pousser des ailes au lendemain des résultats du 29 mai.

LE MONDE RURAL a largement rejeté la constitution européenne le 29 mai. L’institut de sondage Ipsos a estimé à 70% la part des agriculteurs ayant refusé le projet de Valéry Giscard d’Estaing. Notons aussi que selon cette même source, les exploitants agricoles se sont plus exprimés que la moyenne nationale avec un taux de participation de 72% contre 70,5%. Pour la Confédération paysanne qui avait ouvertement fait campagne contre le traité constitutionnel, ce résultat sonne comme une victoire, d’autant plus jouissive que certains dirigeants de la FNSEA comme son président Jean-Michel Lemétayer ou encore Christiane Lambert s’étaient engagés en faveur du texte.

«Le résultat modifie le paysage syndical français» pour la Conf’

Au lendemain du vote, le deuxième syndicat agricole s’est dit satisfait «que le non l’ait emporté très largement, permettant de jeter les bases pour une Europe plus solidaire et plus sociale». Dans ce communiqué, la Confédération paysanne estime «que le vote des paysans encore plus massivement hostiles au traité constitutionnel que celui des autres catégories sociales n’a pas de quoi surprendre». «Depuis de nombreuses années, sous une Pac de plus en plus libérale, les paysans vivent, comme les autres travailleurs, l’insécurité sociale et économique, la concurrence mondialisée et son cortège de crises des marchés à répétition; ils subissent une distribution injuste des aides», se justifie le syndicat.

Le 1er juin, Jean-Emile Sanchez, porte-parole de la Conf’, qui s’exprimait sur les résultats du référendum, a déclaré que le message de son syndicat «est de plus en plus partagé et compris par le monde paysan». Au travers de cette déclaration et au regard des positions prises par les autres responsables syndicaux, en particulier J.M. Lemétayer de la FNSEA, la Confédération paysanne assimile les résultats du 29 mai à un véritable plébiscite. «Il y a désormais une situation de complet décalage entre les agriculteurs et le syndicalisme majoritaire» selon Jean-Emile Sanchez. Également porte parole du second syndicat agricole français, Brigitte Allain, enfonce le clou : «La FNSEA s’est complètement défaussée, elle n’a pas du tout représenté les paysans dans ce débat». Jean-Emil Sanchez a ajouté : «le résultat du référendum a modifié ouvertement le paysage syndical français».

Invitation à remettre à plat la Pac

Forte de cette victoire par les urnes, la Confédération paysanne entend peser sur le gouvernement. Elle lui demande «la convocation d’états généraux de l’agriculture en France pour définir une autre politique agricole et une autre loi d’orientation». Son porte-parole a émis le souhait que la réforme de la Pac «soit remise à plat» par Jacques Chirac à l’occasion du prochain sommet européen des Chefs d’état et de gouvernement prévu pour la mi-juin. Brigitte Allain a indiqué que la France devait «revenir sur son choix des bases historiques pour le calcul des droits à paiement».

Sanction de l’Union européenne et non du gouvernement

Pour de nombreux analystes, le rejet du traité a surtout été motivé par l’exaspération des Français à l’égard du gouvernement Raffarin et de leur Président, Jacques Chirac. L’électorat paysan, lui, n’a pas sanctionné les Politiques français mais bien l’Europe car le monde agricole n’y croit plus. Et ce même si l’Europe subventionne largement l’Agriculture au sein de l’Union au travers de la Pac. C’est donc un ras-le-bol qui s’est exprimé, celui du monde rural à l’égard «des technocrates de Bruxelles». Et à force de tenir ces derniers pour responsables du déclin du nombre d’exploitations en France et de la baisse du revenu pour ne citer que ces deux phénomènes, les dirigeants agricoles ont pu mesurer le retour de bâton exprimé par la base.

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