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Plan stratégique à 2025, la filière Céréales a remis sa copie

« On ne peut pas dire que ce soit révolutionnaire, mais l'objet de cette consultation était de dresser un constat et de se mettre tous d'accord autour de la table sur les axes stratégiques pour la filière céréalière dans son ensemble », explique un contributeur aux propositions de la filière dans le cadre du plan stratégique pour la filière céréalière à l'horizon 2025 prévu par la Loi d'avenir agricole. Début octobre, le ministre de l'Agriculture a confié à FranceAgriMer (Fam) la mission de préparer des plans stratégiques pour les différentes filières, dont les synthèses ont été débattues aux conseils spécialisés, de novembre et décembre, pour les céréales. L'établissement public s'est tourné vers les fédérations professionnelles pour qu'elles apportent leur pierre à l'édifice. États des lieux, enjeux, atouts, faiblesses… Chaque filière était aussi invitée à expliquer comment elle comptait s'y prendre pour rester compétitive. Consigne du ministère : faire abstraction de la Pac. Le “Plan stratégique de la filière céréalière à l'horizon 2025” a ainsi été remis à Stéphane Le Foll, fin 2013 avant le vote de la loi. La contribution des parties prenantes, notamment au sein d'Intercéréales, propose six grands axes stratégiques : produire plus et mieux, travailler et adapter la qualité des productions aux marchés intérieurs et à l'export, rendre les exploitations plus compétitives, développer l'industrie de transformation et d'export de céréales, renforcer la logistique et rendre attractive la filière céréalière. Une réunion de présentation des résultats entre le ministre, le président de Fam et ceux des conseils spécialisés est prévue avant le Sia.

Produire plus et mieux, et stocker davantage

Produire plus et mieux, une formule des plus usitées qui se traduit dans le plan, d'un côté, par l'augmentation des rendements et de meilleures pratiques – notamment grâce à la recherche variétale – et, de l'autre, par une meilleure adaptation de la qualité des productions aux débouchés industriels. Il s'agit de « produire pour des débouchés, et non produire pour produire », résume Valérie Bris, directrice adjointe de Coop de France Nutrition animale. L'augmentation du taux de protéine fait partie des objectifs. Un point qui a débouché sur une action concrète, à savoir l'accord Protéines. S'adapter à la demande donc, mais pas seulement. « Améliorer le volet Transmission de l'information, notamment sur la question de la qualité sanitaire pour garantir la sécurité et la confiance en la filière. Il faut savoir communiquer entre maillons sans arrière-pensée commerciale », note Valérie Bris, faisant allusion à la question des mycotoxines.

Inciter l'amont à produire pour des débouchés, et non produire pour produire.

La filière insiste également sur l'accès aux moyens d'amélioration et de maintien de la qualité technologique et sanitaire des grains, en culture et pendant le stockage. Sur ce point particulier, les professionnels souhaitent que les procédures de construction de silos en zone rurale soient facilitées. « Le plan Silo est une bonne chose, mais le code de l'urbanisme reste un réel frein à la réalisation de capacités de stockage. Or si l'on veut produire davantage et trouver des débouchés, il faut être capable de stocker dans de bonnes conditions », explique Stéphane Sanchez, directeur du pôle Métier de la FNA.

Compétitivité et attractivité

Gagner en compétitivité est la priorité du plan. Mais comment ? Parmi les pistes envisagées, la gestion des risques est communément reprise par l'ensemble des filières. Le risque climatique pour les producteurs mais aussi, et surtout, le risque Prix compte tenu de la volatilité des marchés céréaliers. « Il est nécessaire d'améliorer la connaissance et la transparence des marchés agricoles, grâce à la publication de l'état des stocks par exemple, et d'assurer la régulation des marchés dérivés », estime “ Pierre-André Masteau de l'ANMF. « Nous avons besoin d'un marché de couverture à Paris, note pour sa part Stéphane Sanchez de la FNA. Nous avons des inquiétudes quant au maintien de la place parisienne, avec le rachat de Nyse Euronext par ICE », qui pourrait choisir de le déplacer dans un autre pays.

Développer l'attractivité des filières céréalières auprès du grand public, en termes de communication mais aussi d'emplois, fait également partie des attentes de la filière, notamment de l'industrie. Enfin, renforcer les relations contractuelles, développer les débouchés et les diversifier, augmenter l'offre en céréales biologiques et développer l'export de produits bio transformés sont autant d'autres axes stratégiques mis en avant par la filière céréalière.

Donner les moyens au plan Silo de se déployer en assouplissant le code de l'urbanisme.

La balle est maintenant dans le camp du ministère de l'Agriculture qui, au regard de cet état des lieux et des attentes formulées, pourra éventuellement répondre aux demandes des professionnels.

Une contribution particulière pour la filière Blé dur

De part ses caractéristiques, la filière du blé dur, des producteurs aux pastiers (qui ne font pas partie d'Intercéréales), a apporté sa propre contribution et mis en avant la réflexion collective, menée au travers de la plateforme Blé dur. Petits volumes (déprise de la production), filière concentrée, production sensible aux apports azotés et aux aléas climatiques, position dominante du Canada, marché des pâtes dépendant à 60 % des importations, marché à terme inopérant, contractualisation assez ancrée… La filière « souhaitait afficher ses spécificités et illustrer, d'ores et déjà, sa mobilisation pour développer en France la culture de blé dur, avec une qualité répondant aux attentes des industriels et des exportateurs », explique Christine Petit, secrétaire générale du CFSI et du Sifpaf. « Nous sommes une petite filière, mais très bien organisée », confirme Jean-François Gleizes, président de Passion céréales et producteur de blé dur. Pour autant, des éléments restent préoccupants comme la question des soutiens pour cette production avec la nouvelle Pac, ou encore l'évolution du marché mondial et l'importance d'avoir une bonne vision de ce dernier.

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