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Observatoire du pain : la baguette sous surveillance…

La meunerie et la boulangerie artisanale de nouveau unies, cette fois-ci dans la création d’un “Observatoire du pain”. Si l’objectif est louable, les moyens mis en œuvre sont encore flous !

MICHEL DELOINGCE, président de l’Association nationale de la meunerie française (ANMF) et Jean-Pierre Crouzet, président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française (CNBPF), se sont de nouveau retrouvés côte à côte, cette fois-ci à Paris, lors de la présentation de l’Observatoire du pain, que la filière a décidé de mettre en place. Avec l’incontournable docteur Jean-Marie Bourre, directeur de l’unité de neuro-pharmaco-nutrition de l’Inserm, et le docteur Olivier Kandel, responsable du département Etudes et recherches de la Société française de médecine générale (SFMG), ils ont tenté de montrer l’importance pour la filière d’avoir un outil qui soit un véritable «centre de ressources et d’études» pour le pain.

Trop d’idées reçues !

Pour justifier la création de cet Observatoire, les différents intervenants ont longuement évoqué les nombreuses «idées reçues» encore entendues ou soutenues sur le pain. Par exemple, 25 % des mères de famille pensent toujours que le pain fait grossir… Cet aliment est donc encore mal connu, et ses valeurs nutritionnelles ne sont perçues par le public que globalement. Pourtant, comme l’indique Jean-Marie Bourre, le pain est le «centre de gravité de l’équilibre nutritionnel» et il semble avoir dé-sormais trouvé sa place, puisque la consommation est maintenant stabilisée. Mais la situation est encore fragile. Partant du constat qu’il fallait mieux connaître et faire connaître le pain aux consommateurs, mais aussi aux médecins, la filière a voulu se doter d’un «centre de ressources et d’études sur le pain» qui puisse tout d’abord recenser les informations scientifiques (nutritionnelles, médicales, sociologiques), puis clarifier les concepts utilisés et les homogénéiser.

Plusieurs axes de réflexion seront donc menés. Des études sur l’index glycémique, la satiété, les fibres, le poids ou encore les comportements alimentaires. Une fois les connaissances sur ces différents sujets acquises, l’objectif de l’Observatoire est aussi de diffuser les résultats de manière pédagogique. «Seuls 26 % des Français estiment avoir une information suffisante sur les apports nutritionnels du pain», affirme Michel Deloingce. Idem pour les professionnels de la santé, qui ne sont pas toujours formés ou informés sur les recommandations nutritionnelles. C’est la mission de communication de l’Observatoire qui se traduit par un programme visant à faire connaître les bons repères de consommation.

Première étape pour 2006

Pour 2006, l’Observatoire est d’abord chargé de construire un centre de ressources sur le pain et ses constituants nutritionnels (glucides, fibres) dont la première étape est la réalisation d’un état des lieux des données scientifiques disponibles. Un travail de synthèse qui permettra de mieux communiquer auprès des consommateurs, des professionnels de santé et de la presse. Les axes de travail de l’observatoire du pain seront décidés par le Comité scientifique du pain, créé en 1999 et présidé par le Professeur Cabrol. Le Comité fera office de conseiller scientifique pluridisciplinaire et son expertise permettra d’optimiser la démarche qualité des intervenants du secteur.

Seule petite ombre au tableau, on ne connaît pas trop les modalités de financement de cet Observatoire, tout juste a-t-on appris que la meunerie participerait à hauteur d’un million d’euros sur trois ans. Quid de la boulangerie ? Aucune réponse précise. Quid de l’organisation de l’Observatoire ? On sait juste qu’un comité mixte (six meuniers et six boulangers) participerait à la mise en place des axes de recherche, sans plus de détails.

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