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Soja importé - « Nous avons besoin de précisions sur la nouvelle réglementation européenne », déclare Jean-François Arnault de Duralim

L’association Duralim, la première plateforme collaborative française pour l'alimentation durable des animaux d'élevage, a connu une année 2023 de croissance avec l’embauche d’un troisième salarié et la nouvelle réglementation de l’Union européenne sur la durabilité des produits importés. Ses membres demandent des clarifications sur la mise en œuvre de cette dernière.

Jean-François Arnault, président de Duralim.
© Yanne Boloh

La Dépêche Le petit meunier : Comment les adhérents de Duralim ont-ils pris la nouvelle réglementation sur les importations de soja non issu de la déforestation ? 

Jean-François Arnault  : La nutrition animale française avait anticipé l’importance de la non-déforestation de ses matières premières dès 2016. Duralim a mis tous les acteurs concernés autour de la table à partir de 2018, ce qui a permis de construire un dialogue notamment avec les importateurs. La charte d’engagement volontaire des fabricants d’aliments vers le 100 % d’importation de soja non déforestant ou non issu de la conversion de terre au 1er janvier 2025 est sur la bonne voie. Même si la réglementation européenne impose non pas le bilan massique comme la charte, mais la ségrégation à partir du 31 décembre 2024, tout ce qui a déjà été fait est positif, avec une phase de transition douce pour les acteurs du marché. De plus, lorsque les fabricants d'aliments pour animaux parviendront au 100 % , cela équivaudra à une ségrégation. 

LD LPM : Est-ce que Duralim perd de son intérêt pour les filières avec cette réglementation ?

J.-F. A. : Pas du tout, Duralim reste toujours pertinente et les membres nous font confiance dans leur immense majorité : ne serait-ce que pour le soja, il faudra contrôler et mesurer au-delà de la première année de mise en œuvre, c’est-à-dire au moins jusqu’en 2026. Et d’ici là, nous espérons avoir des réponses à nos demandes de clarification, notamment sur les modalités de contrôle dans l’Union européenne mais aussi dans le cadre des traités de libre échange, par exemple le Mercosur : les bovins importés seront-ils produits dans les conditions que l’Union européenne s’impose ? Nous nous posons également des questions sur d’autres évolutions, par exemple l’intégration d’autres matières premières dans ces obligations de traçabilité à la parcelle comme le maïs. Si la France est en effet excédentaire, c’est loin d’être le cas de l’Union européenne. Quant aux sojas européens, comment les producteurs vont-ils déclarer leurs surfaces et confirmés qu’elles ne sont pas issues de la déforestation ? 

LD LPM : Hormis le soja, quelles ont été les actualités de l’année pour Duralim ? 

J.-F. A. : Nous avons renforcé notre équipe de permanents, aux côtés de Morgane Balin-Caillard et Eloïse Mas qui travaillent chacune deux jours par semaine, Edouard Marchand travaille désormais à plein temps.  Nous avons également interrogé chacun des collèges de Duralim sur notre feuille de route. Ce qui en ressort est très clair : l’association doit se saisir des sujets de la décarbonation et des enjeux climatiques dont la relocalisation des productions. Cela, d’autant que l’alimentation des animaux d’élevage a de vrais leviers à actionner, comme l’a montré Laurent Stéfanini d’Alicoop lors de notre journée du 30 novembre. Il nous a détaillé ses projets de relocalisation de la culture de soja pour des filières à valeur ajoutée.  Mais la décarbonation concerne toutes les productions, car tous les consommateurs ne peuvent pas aller vers les premium. Il faudrait aussi que les évolutions dans les modes de production soient reconnues. 

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