« Nord céréales a exporté un tonnage de blé et d’orge supérieur aux attentes sur le premier semestre 2025-2026 », indique Charles Descamps
Charles Descamps, le successeur de Joël Ratel à la direction de Nord Céréales, envisage de charger au minimum le même tonnage de céréales sur la deuxième moitié de la campagne 2025-2026, voire plus. Le silo portuaire dunkerquois stabilise parallèlement ses importations, qu’il cherche à développer.
Charles Descamps, le successeur de Joël Ratel à la direction de Nord Céréales, envisage de charger au minimum le même tonnage de céréales sur la deuxième moitié de la campagne 2025-2026, voire plus. Le silo portuaire dunkerquois stabilise parallèlement ses importations, qu’il cherche à développer.
« Nous avons exporté plus de 900 000 t de blé et d’orge sur le premier semestre de la campagne 2025-2026, c’est un peu mieux qu’attendu », se réjouit Charles Descamps, nouveau directeur de Nord Céréales, qui a succédé le 1er janvier 2026 à Joël Ratel. Et d’ajouter : « nous revenons à des volumes plus en adéquation avec nos capacités de stockages ». Le tonnage à l'exportation est même supérieur à celui réalisé il y a deux ans (cf. tableau ci-dessous)
| Exportations au départ de Nord Céréales | |||
| En tonnes | Premier semestre 2023-2024 | Premier semestre 2024-2025 | Premier semestre 2025-2026 |
| Blé tendre | 459 000 | 105 000 | 675 000 |
| Orge | 320 000 | 74 000 | 234 000 |
| Total | 814 000 | 210 000 | 914 805 |
| Source : Nord Céréales, janvier 2026. | |||
Concernant les destinations, le Maroc occupe la première place du classement avec 220 000 t, suivi par la Thaïlande (130 000 t), la Chine (115 000 t) et l’Egypte (108 000 t), du blé tendre pour l’essentiel. Le premier client en orge fourragère est l’Arabie saoudite, avec 90 000 t importées. Puis viennent, par ordre décroissant, la Tunisie, le Portugal, le nord-communautaire, la Jordanie, l’Irlande, l’Espagne et la Côte d’Ivoire. « Nous retrouvons des pays d’Afrique de l’Ouest, qui sont plus exigeants en termes de taux protéique du blé tendre. Cette campagne, nous pouvons les approvisionner car nous possédons une récolte volumineuse et de qualité », s’enthousiasme le dirigeant de Nord Céréales.
Un objectif à l’exportation entre 1,8 Mt et 2 Mt en 2025-2026
Concernant la deuxième moitié de la campagne 2025-2026, le silo portuaire « navigue à vue ». « Nous devrions connaître le même rythme à l’exportation sur le premier trimestre 2026 que depuis le début de la campagne. Après, c’est l’inconnue », s’inquiète Charles Descamps. Dans ce contexte, l’objectif de campagne du prestataire de service se situe entre 1,8 Mt et 2 Mt.
En janvier 2026, Nord Céréales aura exporté 180 000 t de céréales, soit 130 000 t de blé et 50 000 t d’orge. Si le prestataire de service garde cette cadence mensuelle jusqu’à la fin juin, la fourchette haute de l’objectif sera atteint. Mais rien n’est moins sûr !
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Vers une diversification des importations, en appui des exportations
Les importations sur la première moitié de la campagne 2025-2026 s’élèvent à 35 000 t, soit dans la fourchette des tonnages réceptionnés sur les deux précédentes campagnes sur la même période (33 000 t au 31 décembre 2024 et 39 000 t au 31 décembre 2023). Il s’agit pour l’essentiel des granulés de bois et quelques tonnes de maïs. « Nous enregistrons très peu d’entrées de maïs car la production française 2025 est suffisamment importante pour couvrir les besoins des industriels installés sur notre hinterland », commente le dirigeant de Nord Céréales.
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Silo 9, le nouveau silo du prestataire de service dunkerquois d’une capacité de stockage de 30 000 t et mis en service avant l’été 2025, permet davantage de modularité entre les activités export et import. « L’objectif est de passer plus facilement d’une demande à l’exportation à des besoins à l’importation, plus ponctuels. Et ainsi accentuer cette dynamique à l’importation », explique le directeur du terminal portuaire de Dunkerque.
Dans cet objectif, Nord Céréales cherche de nouveaux clients qui pourraient importer de gros volumes de granulé de bois, dans le cadre d’une transition énergétique de combustibles fossiles vers des ressources durables. « Il s’agirait de clients de l’industrie lourde, qui pourraient être livrés par péniche ou train », précise Charles Descamps.
Une volonté d’accroître les importations de tourteaux pour l’alimentation animale
Un autre axe de recherche concerne l’importation de tourteau de tournesol et de tourteau de soja pour les fabricants d’aliments pour animaux. « Nous avons déjà déchargé un navire de tourteau de soja il y a deux ans et un navire de tourteau de tournesol cette campagne. Et il est possible que nous réceptionnions un autre navire de tourteau de tournesol au printemps prochain », souligne le directeur de Nord Céréales.
Le tourteau de soja provient d’Amérique du Sud, avec la problématique de gestion de matières premières transgéniques (OGM). Cette contrainte d’exploitation supplémentaire est possible en prenant des précautions pour éviter toute contamination croisée et en effectuant un nettoyage minutieux des équipements. « Nous sommes dans une phase exploratoire. Nous devons trouver notre équilibre en termes de rendement économique », détaille le dirigeant. Le tourteau de tournesol est pour sa part produit en Europe de l’Est.
Une tension sur la disponibilité de péniches pour l’acheminement des céréales
Concernant la logistique d’acheminement des céréales sur notre terminal portuaire, si l’épisode neigeux de début janvier a ponctuellement perturbé les réceptions, c’est davantage le manque de cale fluviale qui est un facteur limitant. « Nous constatons des tensions sur la disponibilité de péniches sur le réseau fluvial. Aujourd’hui, seules les péniches d’une capacité de 400 t-500 t passent du bassin de la Seine au bassin nord communautaire, via le canal du Nord à petit gabarit. Quelques barges d’une capacité supérieure à 500 t peuvent voyager du Havre à Dunkerque, en étant remorquée par un navire maritime. Mais demain, avec la mise en service du canal Seine-Nord Europe à grand gabarit, de grosses péniches pourront passer, par le fleuve, du Havre à Rotterdam, en passant par Dunkerque », explique Charles Descamps. Et de temporiser : « cependant, nous sommes comme Saint-Thomas : nous ne croyons que ce que nous voyons. Nous sommes dans l’attente de la concrétisation de ce projet fluvial européen ».
Quant à l’importation d’engrais, soumis à une législation spécifique, les installations de Nord Céréales ne sont pas configurées pour en traiter.