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Néonicotinoïdes : vers une extension du moratoire aux céréales d'hiver ?

L'Anses a préconisé d'étendre aux céréales d'hiver le moratoire, instauré par l'UE depuis 2013, sur l'enrobage des semences de céréales d'été et autres cultures attractives des pollinisateurs.

Dans un avis remis au ministère de l'Écologie le 12 janvier, l'Anses, à qui le gouvernement avait demandé en juin d'évaluer l'ensemble des études récemment conduites sur les effets des néonicotinoïdes, a préconisé d'appliquer le moratoire sur l'usage de semences enrobées également aux céréales d'hiver. Ces restrictions « s'avèrent difficiles à mettre en œuvre », indique le communiqué ministériel. « Le projet de loi sur la biodiversité qui sera examiné les 19, 20 et 21 janvier prochains au Sénat en débattra », ajoute-t-il. Un moratoire partiel interdisant l'enrobage par trois néonicotinoïdes (imidaclopride, thiaméthoxame et clothianidine) des semences de céréales d'été et des cultures attractives des pollinisateurs est déjà en vigueur dans l'Union européenne depuis 2013. Une problématique que les États-Unis commencent tout juste à étudier.

Études en cours aux États-Unis

L'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) estime dans une évaluation publiée le 6 janvier, que l'insecticide néonicotinoïde imidaclopride peut poser un problème pour les abeilles. Les résidus de plus de 25 parties par milliard seraient susceptibles de nuire aux abeilles et à leurs ruches et d'entraîner une réduction de la production de miel, estime l'agence fédérale. Les données montrent que les agrumes et le coton peuvent présenter des résidus de pesticide dans le pollen et le nectar au-dessus de ce seuil. D'autres cultures, comme les légumes feuilles et le maïs, soit ne produisent pas de nectar, soit ont des résidus au-dessous du niveau identifié comme potentiellement dangereux. De manière générale, l'EPA finalise une évaluation plus large des risques que les produits de traitement des cultures peuvent poser pour les pollinisateurs. Des évaluations de trois autres néonicotinoïdes sont en cours (thiaméthoxame, clothianidine et dinotefuran). Les résultats seront connus d'ici le mois de décembre.

En 2015, l'EPA a proposé d'interdire l'utilisation de pesticides qui sont toxiques pour les abeilles, y compris les néonicotinoïdes, lorsque les cultures sont en fleur, notamment. Elle a temporairement interrompu l'approbation de tout nouvel insecticide néonicotinoïde utilisé en plein champ, dans l'attente de résultats d'études.

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