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Moisson 2024 : les estimations s'affinent pour le colza

Les sources privées interrogées par la rédaction de La Dépêche Le petit meunier constatent une baisse annuelle des rendements de colza, mais de manière moins prononcée qu'en céréales à paille.

© JACLOU-DL-Pixabay

Avec Adèle D'Humières

Comme les céréales à paille, les moissons françaises de colza sont retardées par les pluies. Mais il est possible aujourd'hui de dégager une certaine tendance quant au profil de la récolte 2024. Les opérateurs anonymes contactés par la rédaction de La Dépêche Le petit meunier tablent à l'échelle nationale sur un volume tournant autour des 3,8 Mt. En 2023, il s'affichait à 4,26 Mt, selon Agreste. Encore une fois, les données présentées peuvent évoluer, la coupe n'étant pas encore totalement achevée, estimée réalisée à 66-75 % environ. 

Lire aussi :"Moisson 2024 : le point sur la qualité et les rendements par région en blé tendre et en orge" 

Un rendement moyen en colza à 2,85 t/ha.

Petit rappel : les colzas étant semés plus tôt que les blés ou les orges, les travaux d'emblavement n'ont pas été affectés par les intempéries survenues, en gros, à partir de la mi-octobre. Cela a permis à la sole hexagonale de se maintenir à 1,33-1,34 Mha environ annuellement. 

En colza, le Nord s'en sort mieux que le sud

Avec une récolte attendue à 3,8 Mt, cela donnerait un rendement moyen de 2,85 t/ha environ, contre 3,17 t/ha l'an passé. Les colzas n'ont donc pu échapper à la dégradation de leur potentiel productif, conséquence des précipitations fin 2023, et qui se sont poursuivies en 2024. Les travaux de moisson ont été fortement retardés. Un premier intervenant anonyme du marché  résume la situation hexagonale : « Au sud du pays, la productivité est mauvaise. Plus on remonte vers le Nord, mieux c'est ». Ce qui est, somme toute, assez habituel. Mais il semble que ce phénomène soit encore plus prononcé cette année. 

Le colza résiste mieux que l'orge et le blé

Les experts contactés constatent une meilleure résilience dans l'ensemble du colza par rapport au blé et à l'orge. « Les chiffres de productivité sont en repli significatif annuellement mais restent honorables. Le colza résiste globalement mieux que les céréales à paille en moyenne. On constate souvent des rendements supérieurs à 28 quintaux à l'hectare (q/ha). Il y a bien entendu une forte variabilité des situations, avec des résultats allant de 15 q/ha à 35-40 q/ha », ajoute-t-il. Autre nouvelle (relativement) bonne : « pour l'instant, aucun problème majeur de qualité n'est à déplorer », se réjouit un deuxième spécialiste anonyme.

« Pour l'instant, aucun problème significatif de qualité n'est à déplorer », indique une source du marché

Un troisième basé dans la Marne évoque « une productivité moyenne à 32-34 q/ha, avec une importante hétérogénéité : on constate du 30 q/ha mais aussi du 40 q/ha par endroits ». Un quatrième explique qu'en Lorraine, « elle s'élève à 30 q/ha, alors qu'en Champagne, le niveau est supérieur à 34 q/ha. Ces chiffres sont décevants par rapport à l'an passé ». Un dernier, basé en Isère, est plus optimiste : « Alors que la récolte est achevée en Bourgogne/Rhône-Alpes, la production de colza serait stable à légèrement haussière d'une année sur l'autre, avec un rendement moyen aux alentours de 35 q/ha, contre 28 q/ha attendu et 31 q/ha en 2023 ».

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