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Céréales / Monde
Moins de maïs en Amérique, mais davantage en Asie

Si les volumes américains et argentins sont revus à la baisse, les estimations de production sont rehaussées en Chine et en Inde. Les volumes mondiaux attendus ne cèdent alors qu’1Mt

Les prévisions de production de maïs pour 2010/2011 sont rognées d’1 Mt, à 809 Mt, soit 4 millions de moins que le record de l’an dernier, indique le Conseil international des céréales (CIC) dans son rapport du 20 janvier. Les estimations de récoltes américaine et argentine, confrontée à un temps sec, sont, respectivement, abaissées de 3 Mt. Ces réductions sont en partie compensées par des augmentations sur d’autres origines, et notamment en Chine et en Inde. La consommation mondiale est de son côté estimée en hausse de 2 Mt, à 842 Mt (815 Mt l’an passé). L’utilisation dans l’alimentation animale devrait augmenter de 3 % sur un an mais, du fait des prix élevés et de la concurrence exercée par le blé fourrager, les prévisions sont abaissées de 2 Mt. Principalement du fait d’une hausse de la production américaine d’éthanol, les prévisions d’utilisation industrielle mondiale sont majorées de 3 Mt, à 231 Mt (218 Mt). Les stocks mondiaux de fin de campagne devraient dans ce contexte reculer à 120 Mt (153 Mt), soit -1 Mt sur les chiffres de novembre, y compris 19 Mt (43 Mt) aux Etats-Unis. Les prévisions d’échanges restent inchangées à 94 Mt (86 Mt). Si la demande de l’Union européenne s’est consolidée, les prévisions d’importations du Mexique et du Canada sont abaissées.

La Nina devrait renforcer la sécheresse en Amérique du Sud
    La production aux Etats-Unis est officiellement estimée à 316,2 Mt, 2,3 Mt de moins que les prévisions antérieures et 5 % de moins que le record de 2009. En Argentine, le temps sec et très chaud dans les régions productrices de l’Est et du Centre durant la première moitié de janvier a encore abaissé les perspectives de récoltes. Toutefois, certaines régions du Nord et de l’Ouest ont reçu des pluies éparses. La Nina, qui s’est récemment intensifiée en Argentine et dans la pointe sud du Brésil, devrait amener plus de sécheresse au cours des prochains mois. Les semis touchent à leur fin et les superficies devraient augmenter de 20 %, à 3,6 Mha (3 Mha). Toutefois, compte tenu de la détérioration des perspectives de rendement, les prévisions de production sont abaissées de 3 Mt, à 22 Mt (22,7 Mt).
    Les pluies dans le nord et le centre du grenier à maïs du Brésil ont été propices au développement des cultures. Si les superficies plantées sont attendues à un niveau semblable à celui de l’an dernier, la production devrait faire 6 % de moins, à 52,7 Mt, en supposant un retour à des rendements tendanciels.
    Ces révisions à la baisse sont éclipsées par des perspectives haussières dans différentes régions du monde. Sur la base d’une sole officielle de maïs supérieure aux attentes, les estimations de la récolte chinoise sont majorées de 2 Mt, à 164 Mt, 6,0 millions de plus que le total révisé pour 2009. En Inde, les bonnes pluies de mousson ont dopé les rendements, compte tenu de l’essor des superficies, la production est estimée à un record de 21 Mt (16,7 Mt), en hausse de 2 Mt sur le rapport précédent.

Les importations de l’Union européenne se sont accélérées
    A 842 Mt, la hausse de la demande mondiale de maïs, de 2 Mt par rapport à novembre, s’explique par une utilisation accrue dans l’industrie et l’alimentation humaine. Les prévisions d’utilisation de maïs dans l’alimentation animale en Chine et dans l’UE sont révisées à la hausse. On observe d’ailleurs une accélération récente de la cadence de ses achats. Les importations de l’Union européenne ont été rehaussées de 0,5 Mt sur novembre, atteignant leur plus haut en trois ans à 5,5 Mt (2,2 Mt). A ce jour, le Brésil a été un fournisseur de premier plan, les autres achats provenant essentiellement de Serbie, des Etats-Unis et de l’Argentine.
    Mais c’est surtout la hausse de la consommation de viande en certains points d’Asie et d’Amérique latine qui alourdissent les prévisions de consommation mondiale. Celle-ci devrait relever de 3 % sur un an l’utilisation de maïs dans l’alimentation animale, à 485 Mt. La flambée récente des prix devrait néanmoins circonscrire la demande et, avec une concurrence accrue exercée par des disponibilités supérieures à la moyenne de blé de qualité fourragère en provenance du Canada et de l’Australie. Les prévisions sont donc finalement rognées de 2 Mt par rapport au dernier rapport du CIC.
    L’utilisation industrielle mondiale gagne 3 Mt par rapport aux chiffres de novembre pour atteindre un record de 231 Mt (218 Mt), ce qui équivaut à 27 % de l’utilisation totale. Les prévisions aux Etats-Unis sont relevées de 2,5 Mt et hissées à 153,9 Mt (145,3 Mt), le maïs utilisé pour la fabrication de carburant à base d’éthanol étant désormais placé à 124,5 Mt (116 Mt).

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