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Médiatisation

Les médias ont accordé beaucoup d’attention à ce député des Pyrénées-Atlantiques, Jean Lassalle, qui installé sur une banquette de velours dans la salle des Quatre-Colonnes à l’Assemblée nationale avec une bouteille d’eau et une pancarte, a fait la grève de la faim pendant trente neuf jours. Au vu et au su de ses collègues de toutes couleurs politiques, qui lui manifestaient leur compassion. En choisissant le lieu le plus symbolique de la République, le têtu béarnais —c’est un pléonasme— savait qu’il bénéficierait ainsi d’une publicité maximale. Il entendait par cette grève protester contre un simple projet d’extension d’une usine japonaise de fabrication d’aluminium située dans sa circonscription électorale. Non pas dans un pays lointain, mais 65 kilomètres plus loin dans le même département. Certes, il a perdu bon nombre de kilos et peut- être compromis sa santé, en obtenant un accord à l’arraché. Accord, qui a impliqué les plus hautes autorités de l’Etat. Et qui a sans doute dissuadé pour longtemps les investissements nippons en France, si l’on en croit la violente réaction de l’ambassadeur du Japon à Paris, qui n’a signé le protocole de sortie de crise —selon ses propres dires— «que le couteau sous la gorge». L’Afii (Agence française pour les investissements internationaux) qui assiste les investisseurs étrangers désireux de s’implanter dans l’Hexagone s’est d’ailleurs déclarée très inquiète des effets de cette affaire sur l’investissement étranger en France en général, et japonais en particulier.Le succès remporté par l’action spectaculaire du député béarnais laisse ainsi craindre une victoire à la Pyrrhus de la Maison France. On sait qu’avec le retour des beaux jours, les foyers pour sans-abri –ils sont plusieurs milliers dans la seule capitale– ont pour la plupart fermé leurs portes. Moins médiatisée que celle du député Lassalle, un homme fait lui-aussi, depuis la mi-mars, la grève de la faim —sa troisième— pour attirer l’attention des élus sur le drame des sans-abri «car après le 15 mars, on ne parle plus de nous, on nous oublie jusqu’au prochain hiver». Cet homme, qui se nomme Jean-Paul Fantou, alias Clocheman, vit sur un matelas de fortune, aux pieds de l’opéra Bastille. Clocheman veut par son action donner la parole aux sans-droits, aux sans-espoir, aux sans-parole, à ceux qui ont épuisé toutes les voies de recours, à ceux qui —selon l’expression de Daniel Schneidermann— «n’ont que l’arme ultime de leur corps pour tenter de gagner la compassion médiatique». Clocheman pourtant n’est pas n’importe quel clodo, loin s’en faut. En novembre dernier, il a publié avec succès un bouquin “Clocheman, témoignage sur trente ans de vie d’errance”. SDF, certes, mais pas vraiment sur le bord de la route, puisqu’il dispose d’un téléphone portable, d’un site internet, d’un blog et même… d’une attachée de presse. La rue reste néanmoins son quotidien et son combat pour les laissés-pour-compte. Par sa peu médiatique grève de la faim, place de la Bastille (quel symbole!), il entend rappeler que dans un pays développé comme la France, douze sans-abri sont morts de froid cet hiver. Et que des milliers de jeunes et vieux, femmes, hommes voire enfants errent dans les rues et le métro de la ville-lumière. A la recherche d’un simple toit. Et le même constat est fait dans les grandes villes de province.

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