Marché des oléagineux et coproduits du 10 au 17 juin 2026 - Les cotations du colza sur les marchés physique et à terme ont chuté aux alentours de 510 €/t
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 10 et le 17 juin 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 10 et le 17 juin 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les cours de la graine de colza sur le marché à terme Euronext ont nettement reculé, entre le 10 et le 17 juin 2026, de 18,25 €/t à 509,75 €/t sur l’échéance août 2026 et de 17,25 €/t à 516 €/t sur celle de novembre 2026. Les cotations européennes ont suivi la baisse tarifaire du pétrole (-13,55 $/baril à 75,55 $/baril sur l’échéance juillet 2026 pour le Brent ; -13,24 $/t à 76,79 $/t sur l’échéance juillet 2026 pour le WTI), entraînant dans son sillage les prix du canola canadien (-27,40 CAN/t à 739 CAN/t sur l’échéance juillet 2026) et de l’huile de soja états-unienne (-3,79 $/livre à 71,54 $/livre sur l’échéance juillet 2026). Le renforcement de l’euro face au dollar sur la semaine (+ 0,0052 $, à 1,1591 $) n’a fait que renforcé ce mouvement baissier du cours du colza sur le marché à terme européen.
Les prix de la graine de soja sur le CBOT ont quant à eux progressé sur la semaine (+ 9 ct$/boisseau à 1 132 ct$/boisseau sur l’échéance juillet 2026 ; + 9 ct$/boisseau à 1 136,75 ct$/boisseau sur l’échéance août 2026), entraînant dans son sillage les prix du tourteau de soja états-unien (+ 2,90 $/t à 304,80 $/livre sur l’échéance juillet 2026) et de l’huile de palme malaisienne (+ 3 RM/t à 4 501 RM/t sur l’échéance juillet 2026).
Sur le marché physique français, les prix de la graine de colza ont de fait perdu du terrain entre le 10 et le 17 juin 2026, cédant entre -16,50 €/t et -18 €/t selon les places, sur la période juillet-septembre 2026. Le FOB Moselle, sa place de référence, a reculé de 18 €/t à 510 €/t sur la période juillet-septembre 2026. Acheteurs et vendeurs sont toujours aussi peu nombreux sur un marché inerte. Les vendeurs sont dans l’attente des résultats de la récolte en cours. Les acheteurs ont du mal à se positionner sur le moyen et long terme, au vu des incertitudes liées à la crise pétrolière au Moyen-Orient et à la demande en biodiesel qui en découle.
On surveillera, dans les jours à venir, les effets de la vague de chaleur à l’échelle nationale sur le remplissage des graines avec des questions qui affleurent sur le niveau de rendement. Dans ce contexte, la lettre régionale Terres Inovia Nord et Est publiée le 16 juin signale que les effets combinés de température élevée et de stress hydrique peuvent potentiellement avoir des conséquences sur le poids pour mille grains (PMG) et sur la teneur en huile. Cependant, la publication précise aussi que « plusieurs facteurs conduisent néanmoins à relativiser l’impact de cet épisode sur les colzas du nord-est de la France » : la majorité des parcelles avaient déjà atteint un stade avancé de remplissage ; des précipitations ont souvent précédé l’épisode de fortes chaleurs et les températures nocturnes sont restées relativement fraîches. À suivre et à surveiller donc ! Signalons aussi que plusieurs modèles météorologiques français et européens suggèrent que la vague de chaleur qui débute en ce milieu de semaine pourrait se prolonger jusqu’à la fin du mois.
Sur le marché physique français, les prix de la graine de tournesol ont évolué de façon erratique selon les places entre le 10 et le 17 juin 2026, entre -5 €/t et + 2 €/t sur la période octobre-décembre. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, n’a pas évolué d’une semaine sur l’autre, stagnant à 540 €/t sur la période octobre-décembre. Le marché est à l’arrêt. La commercialisation de la nouvelle récolte est déjà bien avancée par rapport à d’autres années. Les acheteurs et les vendeurs sont dans l’expectative au vu des évènements au Moyen-Orient. Les opérateurs demeurent vigilants à l’annonce de la longue période caniculaire qui s’installe et qui pourrait perdurer jusqu’à la fin du mois.
La graine de soja sur le marché physique français est de nouveau non cotée en départ Sud-Ouest, en ancienne récolte comme en nouvelle récolte, faute d’affaires. En départ Rhône-Alpes, les cours sont sans changement entre le 10 et le 17 juin 2026, à 430 €/t sur les deux campagnes, sur un marché extêmement calme.
Les graines de lin sur le marché physique français sont nominalement reconduites en région Centre, à 675 €/t à destination de l’alimentation animale, et entre 710 €/t et 850 €/t à destination de l’alimentation humaine.
Protéagineux
Statu quo
Le pois et la féverole fourragers sur le marché français ne sont cotés qu’en rendu Pontivy-Guingamp, à respectivement 240 €/t et 235 €/t sur l’ancienne récolte, sur la semaine du 10 au 17 juin 2026. Sur la prochaine campagne, les prix s’élèvent à 250 €/t pour les deux produits.
Il y a très peu d’affaires réalisées en protéagineux. Les graines ont du mal à trouver leur place dans les formulations des fabricants d’aliments pour animaux, faute de volumes significatifs.
Tourteaux
Rebond en soja mais poursuite de la baisse en colza
Sur le marché physique français, les prix des tourteaux de soja OGM ont suivi une tendance haussière sur l’ensemble des places sur la semaine du 10 au 17 juin 2026, évoluant entre 0 €/t et + 7 €/t selon les périodes. Et ce, dans le sillage du tourteau de soja coté sur le CBOT qui a gagné 2,90 $/t à 304,80 $/t sur l’échéance juillet 2026. La prime du tourteau de soja non OGM a augmenté entre le 10 et le 17 juin 2026. Elle s’établit maintenant à titre indicatif à + 160 €/t sur la période juin 2026 (- 1 €/t), + 160 €/t sur la période juillet 2026 (- 3 €/t), + 170 €/t sur la période 3 d’août 2026 (- 4 €/t) et + 168 €/t sur la période 2 de novembre 2026 (- 8 €/t). La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée (de + 3 €/t à + 4 €/t).
Les cotations des tourteaux de colza sur le marché physique français ont suivi une tendance baissière sur la semaine du 10 au 17 juin 2026, évoluant entre 0 €/t à - 12 €/t selon les places et les périodes. Celles du tourteau de tournesol ont évolué de façon erratique sur la période : perte de 3 €/t en départ Bassens ; stagnation en départs Montoir-de-Bretagne, Lorient et Sête ; gain de 7 €/t en départ Lezoux.
Le marché des tourteaux s’est réveillé en raison de la baisse des prix du complexe soja états-unien dans le sillage du pétrole, les opérateurs attendant la validation de l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran pour la fin de semaine. On a ainsi enregistré des affaires sur la période des 3 d’août en tourteau de soja et de colza. En tourteaux de tournesol, les niveaux de prix demeurent encore trop élevés pour susciter un intérêt acheteur.
Huiles
Baisse marquée sur le marché français
Les prix de l’huile de colza en départ Rouen ont régressé de 19 €/t à 25 €/t entre le 10 et le 17 juin 2026. Les cours de l’huile de tournesol en départ Dunkerque ont perdu entre 14 €/t et 22 €/t sur la semaine, alors que ceux de l’huile de soja en départ Brest ont cédé entre 9 €/t et 10 €/t. Les cotations de l’huile de palme et de l’huile de coprah raffinées en franco Bretagne ont également reculé, cédant respectivement entre 0 €/t et 10 €/t et entre 35 €/t et de 45 €/t. Sur le marché physique français, le marché s’est animé en cette semaine du 10 au 17 juin 2026. Les clients, qui sont bien couverts sur le court terme, ont profité de la baisse des cours pour se procurer de l’huile de soja et de colza sur la période des 3 d’août, les prix proposés coïncidant enfin avec leurs objectifs de prix d’achats.
Sur les ports nord-européens, les cours des huiles de colza et de tournesol ont régressé sur la semaine, perdant respectivement entre 14 €/t et 22 €/t et entre 10 €/t et 20 €/t. Ceux de l’huile de soja ont évolué irrégulièrement, entre -15 €/t et + 5 €/t, selon les périodes.
Aux Etats-Unis, le contrat en huile de soja sur le CBOT s’est replié de 3,79 cts$/livre sur l’échéance juillet, d’une semaine sur l’autre. En Malaisie, l’huile de palme cotée à Kuala Lumpur a gagné 3 ringgits la tonne sur le même laps de temps.
Issues de meunerie
Tendance baissière
Les prix des coproduits minotiers sur le marché francilien ont suivi une tendance baissière en cette semaine du 9 au 16 juin 2026. Les cours du son fin pellet et du remoulage demi-blanc ont respectivement perdu 10 €/t et 5 €/t, alors que ceux du son fin farine, de la farine basse et du gruau ont été reconduits d’une semaine sur l’autre. Le marché demeure vendeur. La consommation d’aliments composés par les animaux d’élevage s’érode en raison de la chaleur, d’une part, et les fabricants incorporent davantage de céréales que d’issues de meunerie en cette période de récolte, d’autre part. Il faut ajouter à cette situation des difficultés logistiques à transporter des coproduits minotiers, les camions étant accaparés par les moissons.
En Bretagne, les prix du son fin farine ont continué de reculer entre le 10 et le 17 juin 2026, perdant 4 €/t. L’offre de la meunerie est supérieure à la demande des fabricants d’aliments pour animaux, qui s’est encore amoindrie d’une semaine sur l’autre. En Isère, les cotations du son fin farine sont nominalement reconduites sur la semaine, en l’absence de nouvelle affaire traitée. La rareté de la marchandise soutient les prix. En région marseillaise, les cotations ont perdu 5 €/t. En région toulousaine, le son fin est coté 162 €/t.
Coproduits de l’amidonnerie
Tendance contrastée en drêche de maïs
Les prix de la drêche de maïs sur le marché physique français ont reculé (de -2 €/t à -10 €/t) entre le 10 et le 17 juin 2026, de façon plus marquée en départ Lacq que sur les autres places de marché.
La drêche de blé et le corn gluten feed demeurent non cotés.
Le marché est morose.
Coproduits laitiers
Aucune affaire sur le rapproché
Les cotations de la poudre de lait et de la poudre de lactosérum pour l’alimentation animale sur le disponible en vrac sont nominalement reconduites entre le 4 et le 11 juin 2026, aucun nouveau contrat sur le rapproché n’ayant été traité.
Cependant, la tendance à terme est légèrement baissière en poudre de lait, tandis que le marché de la poudre de lactosérum demeure ferme.
Produits déshydratés
Prix reconduits
En luzerne déshydratée, le prix sur le marché physique français est nominalement reconduit entre le 10 et le 17 juin 2026, à 210 €/t sur la nouvelle récolte. La première coupe est bien avancée mais pas encore terminée. La deuxième coupe est de fait décalée, le temps de rotation entre deux coupes étant d’une quarantaine de jours en théorie.
La pulpe de betterave déshydratée sur le marché physique français perd 5 €/t sur l’ancienne récolte à 300 €/t et est cotée 260 €/t en nouvelle récolte.
Farine de poisson
Nouvelle hausse des cours
Les prix de la farine de poisson sur le marché physique français ont nettement progressé entre le 3 et le 10 juin 2026. Ils gagnent 40 €/t en origine Amérique du Sud et 10 €/t en origine Scandinavie, en raison de faibles disponibilités.
Pailles et fourrages
Statu quo
En paille de blé et d’orge, la fourchette de prix en départ Nord-Est est toujours la même en cette semaine du 10 au 17 juin 2026 : entre 90 et 120 €/t, en fonction des départements. On note toujours un faible courant d’activité à l’export mais constant. Les coûts de transport plus élevés depuis quelques mois compliquent la donne.
En foin de Crau, il n’y a pas de changement concernant les cotations commerciales, d’une semaine sur l’autre. L’activité est calme. La première coupe relative à la récolte 2026 est en cours sous de bonnes conditions climatiques dans le Sud-Est. Il y a du stock de report d’une campagne sur l’autre.
Le Comité de foin de Crau n’a pas modifié ses cotations de référence, entre les mois de mai et de juin. La première coupe s’est achevée mais il reste encore beaucoup marchandise de la récolte 2025 sous les hangars. Les cotations sur la nouvelle campagne n’ont pas encore été définies. Les producteurs sont actuellement obligés de brader les stocks de la récolte 2025 pour pouvoir engranger la récolte 2026. Le déstockage a entraîné une importante baisse des prix. Dans ce contexte, les négociants n’achètent pas de la nouvelle récolte pour le moment.
La rédaction
Soja
- Conditions de culture aux États-Unis.
- Achats chinois de soja états-unien et/ou brésilien.
- Compétitivité des huiles végétales, portées par la demande en biodiesel.
- Surface aux États-Unis, au vu de la flambée des engrais.
- Acheminement des récoltes argentine et brésilienne vers les ports.
Colza
- Effets du dôme de chaleur sur le rendement et la teneur en huile de la récolte française.
- Quantité et qualité de la récolte sur le continent européen.
- Rythme de la trituration en Europe.
Tournesol
- Effets du dôme de chaleur sur le développement des cultures sur le continent européen.
- Effets des frappes russes sur les sites de trituration en Ukraine.
Karine Floquet