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COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et sucre du 6 au 12 mai 2026 - Les cours mondiaux du blé en forte hausse après la publication des rapports USDA

L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 6 et le 12 mai 2026, expliquée par La Dépêche Le etit meunier.

Image générée par l'IA, avec épis de maïs et de blé sur fond de courbes d'évolution.
© Généré par l'IA

Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a retrouvé une cotation entre le 6 et le 12 mai 2026, passant d’incoté à 222 €/t pour une livraison octobre décembre. Les prix divergent entre les différentes autres places physiques dans l’Hexagone. Sur Euronext, le contrat blé a progressé sur la semaine, de 9 €/t sur l’échéance septembre à 216,50 €/t. Sur le CBOT à Chicago, les cours du blé états-unien ont gangé du terrain : + 59 cts$/boisseau sur l’échéance mai (récolte 2025), à 665 cts$/boisseau et + 61,75 cts$/boisseau sur l’échéance de juillet, à 679 cts$/boisseau.

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Les principales informations pour la période considérée sont venues de l’USDA, d’abord lundi avec un rapport sur les conditions de culture en blé qui posent question (sécheresse des sols) et ensuite mardi avec le rapport mensuel Wasde sur l’offre et la demande agricoles mondiales, qui prévoit une récolte de blé mondiale 2026-2027 en net recul (819,06 Mt contre 844 Mt en 2025-2026). Au niveau européen, on retiendra que désormais, les exportations de l’UE à 27 atteignent quasiment les 20,5 Mt après 45 semaines de campagne 2025-2026 (au 10 mai), soit près de 1,5 Mt de plus que l’an passé à la même époque. La semaine écoulée a montré encore un beau dynamisme avec près de 400 000 t exportées (452 000 t pour la même semaine lors de la campagne précédente).

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Sur le marché hexagonal, le marché du blé est globalement très calme avec une semaine tronquée d’un jour en raison de l’Ascension. Les marchés sont très étroits, toutes campagnes confondues, avec des intérêts acheteurs et vendeurs qui ont toujours beaucoup de mal à se rejoindre. Sauf exception, notamment en Bretagne où le marché est plutôt actif, les opérations concernent plutôt des appoints de dernière minute, avec des acheteurs qui n’achètent que s’ils en ont vraiment besoin. Les fabricants d'aliments pour animaux sont plutôt bien couverts et on signale aussi un retour plus important des acheteurs espagnols sur le marché hexagonal. Ces derniers sont également à l’achat sur le son. On rapporte aussi une logistique qui s’améliore quelque peu alors que le prix du gasoil reste élevé.  Les pluies tombées ont fait du bien, à suivre… Mais attention, dans certaines zones, elles sont arrivées un peu trop tard et il faudra mesurer le manque en termes de rendement. Les agriculteurs sont plutôt dans une position où ils attendent des prix meilleurs. Le conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer du mercredi 13 juin prévoit un stock final à 3,277 Mt, en légère baisse par rapport au mois précédent mais assez lourd malgré tout. Après neuf mois de campagne commerciale 2025/2026, les exportations françaises sont plutôt dynamiques à fin mars comparées à la moyenne cinq ans, avec le Maroc toujours en tête des achats hexagonaux.

Très bonne tenue de l'activité sur le port de Rouen

Sur le bassin de la Seine, les coûts du fret fluvial n'ont pas évolué entre le 6 et le 12 mai 2026. Mais ils restent fermes, en lien direct avec la hausse des prix des carburants, consécutive au blocage du détroit d'Ormuz dans le cadre du conflit au Moyen-Orient. La demande de transports sur les mois de mai et juin est importante à destination du port de Rouen, ce qui n'a pas été anticipé. Résultat : les cales disponibles se font rares sur ce réseau fluvial fermé. Les nombreux jours fériés de ce  mois de mai (une seule semaine comptabilise 5 jours ouvrés) compliquent encore la programmation de transports. De même que la période de chômage sur l'Oise à destination de Rouen qui va démarrer le 18 mai, ce qui va augmenter le coût à la tonne en raison de l'enfoncement limité.

Sur l'intracommunautaire, l'activité est régulière sans être soutenue, à l’image de ces trois dernières campagnes. 

Mise en places de surcoûts pour cause de basses eaux sur le Rhin

Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La navigation sur le fleuve est revenue à la normale, avec la suppression des surcoûts liés aux basses eaux.

La rédaction

Maïs

Les prix se font rares en ancienne récolte

 En maïs, il est difficile de trouver des cours de référence sur les marchés physiques en ancienne récolte, avec une tonne valant 206 €/t sur avril juin pour la semaine du 6 au 12 mai (incotée la semaine précédente) et un prix non fixé pour la nouvelle campagne. Les cours sur Euronext ont cédé un peu de terrain (- 2,25 €/t à 215,50 €/t) sur juin mais ont progressé de 6,75 €/t à 217 €/t sur novembre. Le maïs coté sur le CBOT a connu une semaine faste avec des augmentations comprises entre 11,25 et 14,50 cts$/boisseau pour les trois échéances les plus rapprochées (mai, juillet et septembre). Globalement, les correspondants de La Dépêche Le Petit meunier rapportent des semis qui se sont bien déroulés et des premières levées qui semblent satisfaisantes (peu de dégâts gibiers/oiseaux). Au niveau météorologique, les conditions sont difficiles dans l’Est de l’Europe, avec des températures très fraîches et une certaine sécheresse des sols. Pour sa part, Agreste, le service de statistique du ministère de l’Agriculture, estime une baisse de la sole hexagonale de maïs grain entre 2025 et 2026 de 10,9 %, pour tomber à 1,38 Mha, avec une région du grand Ouest plus touchée que les autres. Le stock final prévu par FranceAgriMer lors de son conseil spécialisé du 13 mai ressort comme assez lourd (2,366 Mt).

Orges

Plus de cotations en ancienne récolte et la demande est faible en nouvelle campagne

En orge fourragère, il ne se fait plus rien en ancienne récolte, d’un avis général. Il existe très peu de demande sur la nouvelle récolte, en raison des variations fortes des cours à la hausse sur le marché à terme Euronext. Les acheteurs attendent. Au niveau européen, les exportations de l’UE à 27 ressortent à près de 8,2 Mt après 45 semaines de campagne 2025-2026 (au 10 mai) contre 4,5 Mt l’an passé à la même époque.

Orge de brasserie

Des cours qui progressent en récolte 2026 mais reculent en récolte 2027

Les prix de l'orge de brasserie sur le marché physique français ont évolué irrégulièrement entre le 6 et le 12 mai 2026, en fonction des variétés et des récoltes. En récolte 2025, ils sont stables en variété d'hiver (Faro) et en baisse en variété de printemps (Planet). Les cours progressent en récolte 2026 mais reculent en récolte 2027, toutes variétés confondues. Le marché est peu actif en cette semaine tronquée par le pont de l'Ascension.

Blé dur

Marché inactif

Les cours en blé dur n’ont pas varié d’une semaine sur l’autre avec une tonne à 250 € pour le départ Port-La-Nouvelle, la référence sur le marché français. Le dernier rapport du CIC fait état d’une offre mondiale 2026 en hausse de 1,8 Mt, à 47,4 Mt, avec des stocks de début de campagne en nette hausse versus une production stable. On attend aussi une meilleure production dans les pays d’Afrique du Nord, donc a priori des importations moins importantes de la part de ces pays consommateurs.

Sucre

Les prix du sucre reculent, dans le sillage de l'éthanol 

Après avoir augmenté la semaine dernière, les prix du sucre ont diminué sur la période allant du 1er au 8 mai 2026 : -14,5 $/t 432 $/t pour le sucre raffiné et -0,26 ct$/livre à 14,69 cts$/livre en sucre brut. La baisse du prix de l’éthanol pousse les sucreries brésiliennes à détourner la canne à sucre de la production d’éthanol vers le sucre. La Conab, dans son rapport initial sur 2026-2027, a rapporté que la production de sucre brésilienne diminuerait de -0,5 % à 43 952 millions de tonnes, tandis que la production d’éthanol augmenterait de +7,2 % en glissement annuel pour atteindre 29 259 millions de litres.

La rédaction

À surveiller

Blé tendre

  • Impacts des pluies tombées en France et en Europe.
  • Impacts des températures basses de la semaine écoulée sur le cycle végétatif en France.
  • Déroulement des semis russes et australiens. 
  • L’état de sécheresse des sols aux États-Unis et dans d'autres régions productrices (France en particulier avec une situation équivalente à celle d'un mois de juin).

Maïs

  • Avancements de semis aux États-Unis.
  • Besoins des États membres du nord de l’Union européenne.
  • Quid des ensemencements dans l’hémisphère nord.
  • Retard des moissons argentines pour cause de pluies.
  • Écoulement des volumes en ancienne récolte en Europe, et notamment en France.
  • Rapport de la Conab au Brésil, à paraître le 14 mai.
  • Coûts des engrais et de l'énergie, actuels et d'ici la fin de l'année.
  • L’état de sécheresse des sols en France avec une situation équivalente à celle d'un mois de juin.

Orge

  • Demande intérieure et à l’exportation sur pays tiers (notamment le Moyen-Orient).
  • Conditions de culture en France.
  • Demande de la nutrition animale.
  • Amélioration des récoltes en Turquie et en Afrique du Nord.
  • L’état de sécheresse des sols en France avec une situation équivalente à celle d'un mois de juin.

Thierry Michel

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