COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et sucre du 18 au 25 février 2026 - Le blé rendu Rouen frôle les 190 €/t sur un marché peu actif en ancienne récolte et inerte en nouvelle
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 18 et le 25 février 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 18 et le 25 février 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Les cours du blé tendre ont progressé entre le 18 et le 25 février 2026, que ce soit sur Euronext (+ 2,25 €/t sur l’échéance mars) ou en rendu Rouen (+ 3 €/t sur la période février-mars), sa place de référence sur le marché physique français. Sur le CBOT, les cours du blé états-unien ont également grimpé, gagnant 18,75 cts$/boisseau sur l’échéance mars.
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En ancienne récolte, le marché n’est guère actif. Les primes ont baissé un peu face à la bonne tenue d’Euronext. On indexe de plus en plus sur l’échéance mai, le terme de mars n’étant quasiment plus utilisé. Quelques contrats sont réalisés pour des petits volumes en portuaire pour se débarrasser de ce qui n’est pas encore vendu. On enregistre des couvertures de la part des fabricants d’aliments pour animaux qui jouent sur la baisse des primes. Belges et Néerlandais sont toujours présents. Cependant, à ce rythme, les stocks de fin de campagne risquent d’être assez lourds.
Dans le Nord-Ouest, il est trop tôt pour mesurer les conséquences des intempéries dans la zone. Commercialement parlant, quelques petites affaires se sont traitées en rendu Rouen.
Dans le Nord-Est, l’activité est par à-coups et ne concerne qu’un faible volume d’affaires. Dans le Grand-Est, il y a toujours un bon niveau d’activité, centrée sur le rapproché pour les clients du Benelux, en alimentation humaine comme animale.
Dans le Sud-Ouest, on note un peu d’activité cette semaine sur l’hinterland des ports de Nantes et La Pallice, avec des vendeurs qui sortent en raison de la remontée des cours sur Euronext.
Dans le Sud-Est, globalement, on a des vendeurs sur mars-juin mais sans acheteur et des acheteurs sur juillet-septembre mais sans vendeur. On enregistre de rares affaires de complément, notamment avec les Espagnols.
En nouvelle récolte, il n’y a pas d’intérêt de la part des acheteurs. Ces derniers attendent avant de se positionner car ils pensent qu’il reste encore de nombreux lots à écouler sur la campagne en cours. Dans le Nord-Est, les acheteurs s’intéressent un peu à la prochaine campagne mais les vendeurs sont absents, compte tenu des bas niveaux de prix actuels. Dans le Sud-Est, l’intérêt des opérateurs n’est pas flagrant.
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En France, tous les acteurs du marché attendent désormais le retrait des eaux dans les champs, après 36 jours consécutifs de pluie, pour mesurer l’ampleur de dégâts potentiels et prendre les mesures nécessaires (pour éviter la pression maladie et de manque de nutriment, notamment). Si le ressuyage intervient rapidement dans les zones inondées, il sera toujours possible de ressemer en cas de cultures détériorées. A surveiller.
On note quelques inquiétudes de-ci de-là mais rien de dramatique. Oui, il y aura un peu de casse et des arbitrages à faire, notamment sur les blés et les orges d’hiver, voire en colza, sur la partie nord du pays. Mais il ne devrait pas y avoir de problèmes majeurs pour des ressemis. Quant à la problématique de « winter kill » dû aux grands froids dans l’Est de l’Europe, il faut encore patienter avant de juger de la situation des cultures et des sols, et en tirer des conclusions. On surveillera également le gros redoux de cette fin de mois de février qui pourrait accélérer les sorties de dormance : qu’arrivera-t-il si un gros coup de froid intervient après coup ?
Aux Etats-Unis, si la demande en blé demeurerait jusque-là solide à la faveur des récents accords commerciaux signés entre le pays et ses principaux partenaires, malgré des prix nettement plus élevés que la concurrence, de nombreux acteurs du marché déplorent l’incertitude à court terme créée par la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d'invalider certains droits de douane instaurés par l'administration Trump et la réaction du président des Etats-Unis d'imposer de nouveaux droits de douane de 10 %. Pour la récolte 2026, la sole de blé aux États-Unis est prévue à 45,0 millions d’acres, en retrait de 300 000 acres sur la récolte précédente, selon l'USDA. Cependant, 46 % des surfaces plantés en blé d’hiver souffrent plus ou moins de sécheresse, en légère augmentation par rapport à la semaine passée.
En Russie, les ports de la mer Baltique sont actuellement pris par des plaques de glace sans précédent, ce qui gêne considérablement les exportations de céréales. Des problématiques de logistique perdurent en Ukraine.
En Inde, le gouvernement a autorisé l’exportation de 3 Mt de blé dans les mois à venir.
Arrêt de la navigation sur la Seine au niveau de Paris
Sur le bassin de la Seine, les prix du fret fluvial n’ont pas évolué entre le 18 et le 25 février 2026. Sur le port du Rouen, l’activité est bloquée par l’arrêt de navigation pris par la préfecture de Paris, dans les deux sens de circulation, depuis samedi 14 février et jusqu’à nouvel ordre, en raison de la montée et du fort débit des eaux au niveau du pont de l’Île-Saint-Denis. Outre le port rouennais, l’approvisionnement des industriels agroalimentaires franciliens est impacté, notamment l’usine de Panzani qui se fournit par voie fluviale. Ce week-end quelques bateaux ont pu circuler. La décrue devrait permettre une reprise de la navigation lundi ou mardi.
Sur l’intracommunautaire, on observe une recrudescence des transports entre les bassins de la Seine et du Nord, via le canal du Nord, avant sa fermeture pour cinq semaines à partir du 2 mars. L’infrastructure ne sera pas navigable pour cause d’entretien programmé, après deux ans de report. Une alternative existe par Saint-Quentin, mais sur un réseau à petit gabarit. Dans le bassin du Nord, l’activité vers le nord UE se maintient à la faveur du grand gabarit.
Le Rhin et la Moselle sont de nouveau navigables
Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. Il n’y a plus de contrainte de navigation sur le Rhin et la Moselle.
A noter la tenue d’une réunion à Trèves en Allemagne le 23 mars sur les conditions de navigation sur la Moselle. L’objectif de la rencontre est « de permettre un échange entre les acteurs de la navigation mosellane français et le gestionnaire de la Moselle allemande pour discuter de sujets comme le projet de doublement des sas d’écluses mosellanes allemandes ou d’obtenir un premier retour sur la cause des avaries survenues à Müden et Saint Aldegund », précise la Commission de la Moselle.
Karine Floquet et Thierry Michel
Maïs
Activité dans le Nord-Est
Les cours du maïs se sont appréciés entre le 18 et le 25 février sur l’échéance mars d’Euronext (+ 3,25 €/t), comme en rendu Bordeaux sur la période février-mars (+ 2,50 €/t), sa place de référence sur le marché physique français. Le CBOT suit également une tendance haussière, grimpant de 3,50 cts$/boisseau sur l’échéance mars.
Côté activité, dans le Grand Est, on enregistre une bonne activité en ancienne récolte, notamment en camions, à destination des petits fabricants d’aliments pour animaux en Wallonie et des amidonniers du Benelux. Dans le Sud-Est, il y a un petit intérêt pour la nouvelle récolte de la part d’acteurs français. La nouvelle campagne est ignorée.
Dans un entretien accordé à Agra, Franck Laborde, président de l’AGPM a indiqué le 24 février que la surface de maïs grains 2026 pourrait reculer « de plusieurs points de pourcentage », tandis qu’une certaine stabilité est attendue en maïs fourrage.
Aux Etats-Unis, selon l’USDA, les agriculteurs états-uniens ne pourraient semer que 94 millions d’acres de maïs en 2026 contre 98,8 millions d’acres en 2025 (un record depuis 89 ans) au profit du soja.
Du point de vue du commerce international, la demande reste solide globalement, avec une compétitivité des prix renforcée en origines Argentine (des questions cependant sur la qualité) et Ukraine (des difficultés d’expédition à prendre en compte) face aux autres pays exportateurs, notamment les Etats-Unis. Alors que les premiers bateaux de blé argentin arrivent en Chine, les observateurs s’attendent en effet à voir l’Argentine monter en puissance en matière d’exportations de maïs dans les toutes prochaines semaines, aux dépens notamment de l’origine Etats-Unis. Et ce, d'autant que les pluies en Argentine semblent avoir fait du bien aux cultures, dont les conditions s’améliorent un petit peu.
Orge fourragère
Peu de disponibilités
En orge fourragère, les prix sur le marché physique français ont légèrement progressé, gagnant 0,50 €/t sur la période février-mars en rendu Rouen, sa place de référence.
Sur le portuaire, de petits contrats se traitent mais il n’y a quasiment plus de volumes à vendre. Dans le Sud-Est, il y a un petit intérêt pour la nouvelle récolte de la part d’acteurs français.
Les origines mer Noire sont sous pression au niveau des prix alors que la demande des acheteurs reste dynamique, selon UkrAgroConsult.
Du point de vue du commerce international, les origines mer Noire sont sous pression au niveau des prix alors que la demande des acheteurs reste dynamique, selon UkrAgroConsult. Le marché évolue cependant, ces derniers temps, d’un marché conduit seulement par les prix vers un marché plutôt orienté par la disponibilité de l’offre.
Orge de brasserie
Tendance haussière
Les cotations d’orge de brasserie sur le marché physique français ont évolué irrégulièrement entre le 18 et le 25 février, en orge de printemps (Planet) comme en orge d'hiver (Faro). Ils variaient entre -0,50 €/t et +1 €/t en récolte 2025, et entre -1,50 €/t et +3,50 €/t en récolte 2026. Le marché brassicole est déprimé. Des lots d'orge de brasserie sont vendus en orge fourragère.
En France, Les inondations qui frappent le grand ouest, de façon plus ou moins importante selon les régions, est source d'inquiétude pour les cultures en place mais également pour les semis de printemps, qui s'étalent de février à mi-avril. A noter qu'une part significative des orges brassicoles de printemps ont été semées à l'automne dans les zones crayeuses.
Blé dur
Tendance haussière
Les prix du blé dur sur le marché physique français ont globalement suivi une tendance haussière. La cotations en rendu Port-La-Nouvelle, sa place de référence, s'est stabilisée. Le marché est très calme sur toutes les places, les acheteurs recherchant des prix beaucoup plus bas que ceux proposés par les vendeurs.
A propos de l’accord Vivescia/Panzani pour lancer une filière et des essais en blé dur dans le Grand-Est sur des terres qui permettent de produire des céréales à haut taux de protéines, c’est une proposition à suivre et d’autres régions, en fait un peu partout, tente des essais pour cultiver du blé dur, du fait du réchauffement climatique.
Céréales secondaires
Renchérissement du triticale
Les prix de l'avoine blanche gagnent du terrain en départ Aisne/Ardennes (+3 €/t), entre le 18 et le 25 février 2026. Ceux de l'avoine noire n'évoluent pas.
Le triticale suit une tendance baissière en départ Allier (-5 €/t) et Rhône-Alpes (-6 €/t).
Les prix des autres céréales secondaires n'ont pas évolué sur la semaine.
Le marché est relativement calme, à l'image de celui des céréales principales.
Sucre
Des prix en hausse grâce au real, aux droits de douane et aux fonds
Les prix du sucre brut ont plutôt progressé pour la période allant du 16 au 23 février 2026 (+ 0,54 ct$/livre, à 14,14 cts$/livre), repassant ainsi au-dessus des 14 cts$/livre, tout comme ceux du sucre raffiné (+ 2,9 $/t, à 406,80 $/t). Plusieurs éléments conjoncturels ont donné une note positive aux cours du sucre cette semaine : la devise brésilienne, le real, s’est renforcée cette semaine freinant les exportations origine Brésil d’une part et d’autre part, la décision de la Cour suprême des Etats-Unis de déclarer illégaux la décision sur les tarifs douaniers annoncés l’an passé par le président du pays qui pourrait pousser les exportateurs brésiliens à vendre plus de sucre aux Etats-Unis. Les fonds étaient enfin plutôt acheteurs cette semaine, pour des raisons de couverture.
La rédaction
À surveiller
Blé tendre
- Conditions de culture et impact des inondations en France.
- Levée de dormance des cultures de l’hémisphère nord.
- Impact éventuel des grands froids en Russie et Ukraine.
- Impact de la sécheresse dans les plaines états-uniennes.
- Compétitivité du blé argentin face aux autres origines.
Maïs
- Logistique portuaire au départ de la mer baltique et de la mer Noire.
- Météorologie en Argentine et au Brésil.
- Qualité de la première récolte brésilienne.
- Semis de la safrinha brésilienne.
- Évolution des cours du pétrole.
Orge
- Conditions de culture et impact des inondations en France.
- Écart de prix entre l’ancienne et la nouvelle récolte.
Karine Floquet