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COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et du sucre du 7 au 14 janvier 2026 - Les prix du blé repassent sous les 190 €/t sur Euronext après un rapport de l’USDA baissier

L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 7 et le 14 janvier 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

© Généré par l'IA

Les cours du blé ont cédé du terrain sur le marché à terme européen entre le 7 et le 14 janvier, perdant 2,75 €/t sur mars, 3 €/t sur mai. La baisse s’est répercutée dans une moindre mesure sur les échéances de la récolte 2026. C’est le rapport de l’USDA publié lundi dernier qui a lourdement pesé sur les prix des céréales. En effet, l’institution états-unienne a relevé de pas moins de 4,4 Mt la production mondiale de blé pour 2025-2026, notamment en Argentine et en Russie. Dans le pays des tsars, les analystes locaux SovEcon et Ikar se sont également succédé pour relever leurs prévisions d’exportations, grâce à un rythme soutenu sur le mois de janvier. Par ailleurs, FranceAgriMer a abaissé sa prévision d’exportations pour la France sur la campagne en cours. La faute à la concurrence de l’Argentine, qui a déjà commencé à expédier des volumes de blé vers le Maroc. L’Hexagone devrait plutôt se tourner vers les pays de l’Union européenne (UE), d’autant plus que les perspectives d’exportation de blé de l’Ukraine vers l’UE seraient limitées cette année, selon ASAP-Agri.

Les primes d’assurance maritime ont nettement grimpé

En termes de fret maritime, avec les récentes frappes qui ont touche plusieurs bateaux dans les ports de la mer Noire, les primes d’assurance maritime ont nettement grimpé : elles représentent désormais 1 % de la valeur du bateau contre 0,6 à 0,8 % fin décembre . C’est leur plus haut niveau depuis 2023.

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Aux États-Unis, la chute des cours du blé a été plus spectaculaire. Outre l’ajustement à la hausse des stocks mondiaux apporté par l’USDA, des chiffres de semis de blé d’hiver plus hauts que prévu ont créé la surprise outre-Atlantique. Et ce, après que des pluies sont venues soulager les blés d’hiver.

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Sur le marché physique français, l’activité est routinière en blé sur les places portuaires. La demande est relativement soutenue en blé fourrager, que ce soit sur le marché intérieur ou de la part des fabricants d'aliments pour animaux belges et néerlandais. L’absence d’inquiétudes sur un potentiel épisode de grippe aviaire soutient les achats, que ce soit pour des compléments sur janvier-mars ou sur avril-juin. On rapporte également un peu de demande en blé fourrager de la part de l’Espagne

Des dégagements sur Rouen plutôt calmes

Sur le bassin de la Seine, les prix du fret fluvial ont été révisés à la baisse entre le 7 et le 14 janvier. Sur le port du Rouen, l'activité a repris, modestement mais sûrement, en blé tendre principalement et potentiellement en orge fourragère. Selon les derniers échos de terrain, le mois de janvier s'annonce calme en termes de dégagement portuaire mais les mois de février et mars devraient être plus actifs. Sur l’intracommunautaire, on observe une activité devenue classique, en l’absence de gros dégagements réguliers sur les ports de la mer du Nord.

Maintien d'une majoration de 10 % des coûts de fret sur le Rhin

Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. Une majoration des taux de fret fluvial de 30 % en moyenne a été instaurée pour cause de basses eaux afin de pallier les moindres tonnages transportés. Pour l'heure, la navigation demeure possible.

Les eaux de la Moselle sont également basses en ce moment, ce qui perturbe les échanges commerciaux.   

Adèle d'Humières et Karine Floquet

Maïs

Le maïs français bénéficie toujours des perturbations logistiques en Ukraine

Les cours du maïs ont reculé moins fortement que ceux du blé sur Euronext entre le 7 et le 14 janvier, perdant 1 €/t sur mars, 1,50 €/t sur juin, 1 €/t sur août et 1,25 €/t sur novembre. Si le bilan mondial lourd prévu par l’USDA pour 2025-2026 a créé la surprise sur les marchés, la baisse des prix du maïs a été tempérée en France par les retards d’expédition en Ukraine. La moisson n’y est toujours pas terminée, et les attaques russes répétées sur les ports du Grand Odessa et les cargos aux alentours ont fait grimper les coûts des assurances maritimes en mer Noire. Le maïs français constitue ainsi la seule alternative pour les importateurs européens, d’autant plus que sa qualité est satisfaisante. Le marché français est ainsi tiré par la demande portuaire sur l’Atlantique et sur le Rhin. On rapporte aussi de la demande italienne pour les maïs du Sud-Est.

Orge fourragère

Toujours une forte décote sur avril-juin par rapport à janvier-mars

Les prix de l’orge fourragère ont légèrement reculé sur les places de marché françaises entre le 7 et le 14 juin. Les volumes restants sont très faibles. L’écart de prix est important entre la période avril-juin et le rapproché : jusqu’à 8 €/t sur les ports. Sur le marché intérieur, les vendeurs ont du mal à accompagner la décote. Dans l’Est, des volumes brassicoles sont déclassés en fourrager.

Orge de brasserie

Ô mortel marché...

Les cotations d'orge de brasserie ont globalement suivi une tendance baissière entre le 7 et le 14 janvier 2026, avec des replis compris entre -0,5 €/t et -3 €/t, exception faite du FOB Creil récolte 2025 qui a gagné 1 e/t en Faro et +1,5 €/t en Planet. L'activité est qualifiée de « misérable » par notre correspondant, avec une absence de marché en FOB Moselle et des acheteurs et vendeurs qui se regardent en chiens de faïence en FOB Creil.

Blé dur

Dur retour de vacances pour les opérateurs français

Le marché du blé dur est atone, alors que le blé d'importation arrive à 280 €/t CAF Italie, soit le prix auquel il devrait être vendu en départ France, selon notre correspondant. On rapporte quelques questionnements sur la récolte 2026 mais pas de vraie demande.

Céréales secondaires

Cotation du seigle meunier

Les prix de l'avoine noire sont restés stables en Bretagne entre le 7 et le 14 janvier. Ailleurs en France, les volume traités sont très faibles.

Les cotations du triticale ont évolué en ordre dispersé. Ils ont gagné entre 1,50 et 2 €/t sur le Massif Central mais ont cédé 2,50 €/t en départ Rhône-Alpes et en rendu Pontivy. Dans le Sud de la France, il n'y a plus de volumes disponibles en triticale et celui-ci se négocierait à la rigueur au prix de l'orge. Dans l'Est de la France, la demande est inexistante en triticale.

Le seigle meunier est coté à 206,50 €/t partout en France, dans un marché inexistant pour le seigle français, pénalisé par des problèmes de qualité.

Sucre

Les prix du sucre progressent un tout petit peu grâce aux surplus mondiaux et aux fonds indexés

Les prix du sucre brut ont légèrement progressé, pour la période allant du 5 janvier au 12 janvier (+ 0,12 cts$/livre, à 14,63 cts$/livre) tout comme ceux du sucre raffiné (+ 2,40 $/t, à 422,90 $/t). Quelques éléments de soutien des prix sont apparus, notamment une note de marché publiée par Safras & Mercado qui prévoit un recul de la production brésilienne de 3,91 %, à 41,8 Mt, pour la campagne 2026/2027 (43,5 Mt en 2025/2026). Les exportations brésiliennes pourraient reculer de 1,1 %, à 30 Mt, pour la future campagne. Par ailleurs, le cabinet Covrig Analytics a relevé son estimation de surplus de production mondiale pour 2025/2026 à 4,7 Mt contre 4,1 Mt estimé en octobre.

Mais les opérateurs ont préféré retenir que le même analyste prévoit un surplus d’1,4 Mt seulement pour la campagne 2026-2027. Plusieurs autres observateurs du marché mondial du sucre ont également remarqué que la moisson de canne à sucre en Thaïlande était très en retard, de 5,75 Mt en moins par rapport à celle de l’an passé pour le moment. Pour l’heure, les analystes et les traders cherchent des explications à ce retard. Enfin, le début d’année provoque aussi des ajustements de la part des fonds d’investissement indexés sur les principaux indices de matières premières par rapport à leur stratégie de gestion. Le groupe financier Citigroup s’attend à ce qu’1,2 milliard de dollars de contrats à terme indexés sur le sucre viennent alimenter certains fonds. 

La rédaction

À surveiller

Blé tendre

  • Perturbations logistiques en mer Noire liées aux attaques russes.
  • Concurrence argentine soutenue pour le blé français sur l'Afrique.
  • Dynamisme des exportations russes sur le mois de janvier.
  • Demande des fabricants d'aliments.

Maïs

  • Sécheresse autour de Buenos Aires en Argentine.
  • Retard des expéditions ukrainiennes.
  • Menace de Trump d'imposer des taxes supplémentaires aux pays commerçant avec l'Iran, dont la Chine.

Orge

  • Réticence des vendeurs à répercuter la baisse des primes portuaires sur le marché intérieur.
  • Déclassements d'orge brassicole en fourragère.
  • Raréfaction des volumes disponibles en France.

Adèle d'Humières

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