COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et du sucre du 4 au 11 mars 2026 - Des marchés sous influence du conflit au Moyen-Orient
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 4 et le 11 mars 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 4 et le 11 mars 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a reculé entre le 4 et le 11 mars de 2 €/t sur la période mars-juin, à 189 €/t. Sur Euronext, le contrat blé s’est apprécié sur la semaine, de plus de 13 €/t mais en tenant compte du changement d’échéance puisque c’est celle de mai qui fait désormais référence. Sur le CBOT, les cours du blé états-unien ont, quant à eux, progressé, gagnant 21,75 cts$/boisseau sur l’échéance mars (celle de mai est cependant la plus travaillée).
Les évènements en Iran continuent de peser sur les marchés financiers, créant beaucoup de volatilité intraséance, et sur l’organisation et le coût des exécutions. Les acheteurs ne cèdent cependant pas à la panique et les vendeurs testent le marché. «○Depuis le Covid, le conflit russo-ukrainien ou encore le sabotage du gazoduc Nord Stream, les opérateurs se sont habitués à des réactions mesurées », précise un professionnel du marché.
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En ancienne récolte, le marché a été globalement assez calme, avec des primes très peu évolutives de façon générale. Les acteurs font le dos rond en saisissant les opportunités de marché ou en travaillant des compléments en cas de besoin. Des questionnements sur la durée du conflit et ses conséquences sur le prix du pétrole, sur la parité euro/dollar et sur les coûts du fret existent. Les dernières mises à jour de l’USDA sur l’offre et la demande agricoles mondiales et de FranceAgriMer suite au Conseil spécialisé grandes cultures n’ont pas apporté de nouveautés fortes.
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En nouvelle récolte, l’intérêt demeure très limité, avec encore trop de marchandises à vendre en ancienne campagne. Sur le bassin du Rhin, on note une activité moyenne, surtout sur le rapproché, les acteurs FAB et ceux de l’alimentation humaine étant tous deux présents.
Thierry Michel
Maïs
Le pétrole soutient les activités du maïs
Les cours du maïs se sont appréciés entre le 4 et le 11 mars sur l’échéance juin d’Euronext (+ 2,25 €/t), comme en rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français. Les prix ont gagné 9 €/t sur la période mars-juin. Le maïs coté sur Euronext a bien progressé, soutenu par la montée des cours du pétrole et une demande sur l’intracommunautaire toujours solide. L’espoir de voir les biocarburants apparaître comme un recours par rapport au pétrole en cas de difficultés prolongées liées aux expéditions en provenance du golfe persique, pousse aussi les cours vers le haut. Le CBOT suit également une tendance haussière, gagnant 12,5 cts$/boisseau sur l’échéance mars.
Côté activité, les primes sont assez stables. Le marché est plutôt vendeur en ancienne récolte. On rapporte un intérêt modéré pour la demande en nouvelle récolte.
Dans la perspective de prix d’engrais élevés en lien avec le conflit en Iran, les producteurs réfléchissent à une possible substitution aux surfaces prévues en maïs des hectares de soja ou de tournesol ou alors des mises en jachère.
Orge fourragère
Toujours peu de disponibilités
En orge fourragère, les prix sur le marché physique français ont un peu progressé, gagnant 5 €/t sur la période mars-juin en rendu Rouen, sa place de référence, entre le 4 et le 11 mars. Les primes sont plutôt en baisse, davantage en orge fourragère qu’en blé tendre.
Orge de brasserie
Très peu d'activité commerciale
Les cotations d’orge de brasserie sur le marché physique français ont évolué dans une fourchette étroite (de - 2 €/t à + 2 €/t) entre le 4 et le 11 mars. Tous les cours sont marqués en nominal en l’absence d’activités commerciales significatives. Le marché est quasi à l’arrêt.
Blé dur
Prix stables
Les prix du blé dur sur le marché physique français n’ont pas évolué, entre le 4 et le 11 mars. L’activité est au point mort sur les deux récoltes.
Céréales secondaires
Un marché qui tourne au ralenti
Avec le conflit au Moyen-Orient, les opérateurs des marchés à terme comme ceux des marchés physiques, notamment dans l'Hexagone, ont concentré leurs activités sur les principales céréales comme le blé tendre ou encore le maïs. Le peu de visibilité en général sur les marchés de céréales n'incitent pas à la conclusion de nouvelles affaires.
Sucre
Les prix du sucre en hausse grâce au bioéthanol
Les prix du sucre brut ont plutôt renchéri pour la période allant du 2 au 9 mars 2026 (+ 0,75 ct$/livre, à 14,76 cts$/livre) tout comme ceux du sucre raffiné (+ 12,20 $/t, à 424,10 $/t). La très forte hausse du pétrole en raison des frappes aériennes israélo-étatsuniennes sur l’Iran ont soutenu les cours de l’éthanol à basse de cannes à sucre. Cette dynamique incite les producteurs et les transformateurs à moins utiliser de cannes pour la fabrication de sucre. L’idée générale est cependant que les surplus de fin de campagne 2025/2026 seraient toujours importants. De son côté, l’Organisation internationale du sucre (ISO) a publié vendredi 27 février une information selon laquelle lesdits surplus atteindraient 1,22 Mt pour la campagne 2025/2026 contre 1,63 Mt dans une précédente estimation.
La rédaction
À surveiller
Blé tendre
- Impact du conflit iranien sur les prix des matières premières agricoles.
- Coûts des travaux de printemps en grandes cultures en France.
- Levée de dormance des cultures de l’hémisphère nord.
- Conflit en Russie et Ukraine.
- Impact de la sécheresse aux États-Unis.
- Compétitivité du blé argentin.
Maïs
- Logistique portuaire au départ de la mer Baltique et de la mer Noire.
- Météorologie en Argentine et au Brésil.
- Qualité de la première récolte brésilienne.
- Semis de la safrinha brésilienne.
- Évolution des cours du pétrole avec la guerre au Moyen-Orient.
Orge
- Conditions de culture en France.
Thierry Michel