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COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et du sucre du 12 au 19 novembre 2025 - La hausse de l’euro soutient les prix du blé européen

L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 12 et le 19 novembre 2025, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

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Les cours du blé meunier ont progressé entre le 13 et le 19 novembre sur Euronext, gagnant 0,75 €/t sur décembre et 1,75 €/t sur les échéances mars à septembre 2026. C’est surtout le redressement de l'euro face au dollar qui a soutenu les cotations du blé européen, en améliorant sa compétitivité. Des frappes ont également touché des installations logistiques en Ukraine et en Russie. Malgré tout, le bilan mondial reste lourd, avec des productions et des stocks revus en hausse chez les exportateurs par l’USDA pour son premier rapport depuis le shutdown (+ 13 Mt pour la récolte mondiale). Les révisions en hausse concernent notamment l’Argentine, où les bourses locales ont ajouté environ 2 Mt à leurs prévisions. Le Kazakhstan dispose de stocks abondants et devrait garder la place avantageuse sur les marchés mondiaux dont il disposait déjà l’année dernière, avec notamment des flux vers l’Afrique du Nord. En Ukraine, si les exportations sont pour l’instant un peu poussives, le ministre de l’Agriculture ukrainien a maintenu sa prévision d’expéditions de blé à 17 Mt sur 2025-2026. Sur les marchés mondiaux, le blé ukrainien est d’ailleurs le moins cher aux côtés de son homologue argentin.

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Sur les marchés physiques français, les primes ont gagné 0,50 €/t sur les ports sur la période novembre-mars. Les exportateurs ont besoin de remplir les bateaux vendus malgré la rétention des agriculteurs. La meunerie est active sur la récolte 2026, et l’amidonnerie est déjà bien couverte. En revanche, le marché du blé fourrager est peu dynamique. Des intérêts à l’achat étaient présents sur janvier-mars, mais la hausse des prix a stoppé les affaires. Quelques fabricants d'aliments pour animaux du nord de l’Europe ont cependant procédé à des achats avant la hausse des cours.

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Aux États-Unis, les prix du blé ont cédé du terrain sur les échéances mars à juillet sur le CBOT, et de façon encore plus prononcée à Kansas City en blé d’hiver. Là aussi, la fermeté du dollar par rapport aux monnaies concurrentes a pesé sur les cours. Et ce, alors que le blé états-unien est désormais le plus cher du monde. À ceci s’ajoutent les chiffres du bilan mondial, et la probabilité que l’Inde revienne en tant qu’exportateur sur les débouchés sud-asiatiques. Enfin, le marché est pour l’instant sans nouvelle des intérêts chinois sur le blé états-unien.

L'activité fluviale sur le port de Rouen se maintient

Sur le bassin de la Seine, les prix du fret fluvial n'ont pas évolué entre le 12 et le 19 novembre 2025. Sur le port du Rouen, des demandes de dégagement sur le portuaire persistent, en raison de la bonne tenue de l’activité à l’exportation, au grand étonnement des opérateurs portuaires eux-mêmes. Cependant, ces derniers anticipent une accalmie sur les mois de décembre-janvier, et espèrent une potentielle reprise en février ou mars. L’irrégularité de l’activité à l’exportation induit une difficulté à fidéliser la cale fluviale pour acheminer les grains sur les silos portuaires rouennais. De plus, en période de sur-activité, les alternatives logistiques que sont le fer et la route sont difficiles voire impossibles à mettre en place au coup par coup, en raison des contraintes liées à la réservation des sillons ferroviaires et du manque de camions et/ou de chauffeurs routiers. « Il faudrait raisonner la logistique des grains plus globalement à l’échelle de la filière et non de chaque intervenant », préconise un professionnel du transport fluvial. Sur l’intracommunautaire, les affaires se traitent au coup par coup. Le flux est sporadique et limité en volume.

La navigation est normale sur le Rhin

Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. Le niveau du fleuve permet une navigation normale.

Le canal du Midi et le tunnel de Chalifert fermés

Alors que que depuis le 3 novembre 2025, date du début de la basse saison de navigation, les bateaux ne sont plus autorisés à passer les écluses sur le canal du Midi, de Toulouse à l’étang de Thau, « sauf pour des motifs exceptionnels », Voies navigables de France (VNF) a fermé à la navigation le canal de Meaux à Chalifert à compter du 7 novembre 2025 pour des raisons de sécurité. « Le tunnel de Chalifert présente de nouveaux risques d’effondrement de sa voute », explique l’établissement public. Un diagnostic approfondi va être engagé, ce qui « permettra d’évaluer la nature des travaux de confortement à réaliser en 2026 », précise-t-il.

Adèle d'Humières et Karine Floquet

Maïs

L’USDA crée la surprise en n’abaissant que peu les estimations de rendement aux Etats-Unis

Les prix du maïs ont faiblement progressé sur Euronext entre le 12 et le 19 novembre. Le retard des exportations ukrainiennes continue de constituer une opportunité pour le maïs français sur les marchés européens. Les fabricants d’aliments pour animaux du Benelux sont venus s’approvisionner pour des compléments sur janvier – juin. De plus, une première prévision d’Expana prévoit une baisse de 6 % des surfaces européennes de maïs en 2026. Dans l’Ouest de la France, le maïs est jugé trop cher et rentre peu en formulation.

Aux États-Unis, l’USDA n’a baissé qu’à la marge son estimation de rendement états-unien en maïs, alors que le marché s’attendait à un net recul. La récolte se termine aux États-Unis. La production mondiale a également été revue en légère hausse de même que les stocks aux Etats-Unis, exerçant une pression supplémentaire sur les prix.

Agreste a publié, le 12 novembre, ses estimations de production pour 2025 au 1er novembre. « À fin octobre, la récolte de maïs grain, en avance sur les campagnes précédentes1, atteint 90 % des surfaces cultivées. La prévision de production, semences comprises, est révisée à 13,4 Mt (- 0,3 Mt par rapport au mois précédent), en raison d’un rendement revu à la baisse, notamment pour les parcelles non irriguées. Hors semences, le rendement du maïs grain s’établirait à 85,9 q/ha, en recul de 10 % sur un an) », indique l’agence gouvernementale.

Orge fourragère

L’orge plus chère que le blé sur les ports

La hausse des primes de l’orge fourragère s’est poursuivie cette semaine. la prime est désormais 2,50 € plus chère que celle du blé sur Rouen et La Pallice. Comme en blé, les exportateurs souhaitent remplir les bateaux vendus. FranceAgriMer avait d’ailleurs augmenté de 220 000 t sa prévision d’exportations françaises sur les pays tiers. Le marché intérieur à l’inverse est plutôt vendeur. L’USDA a de son côté relevé les productions de l’UE, de l’Argentine et de l’Ukraine. Les premiers bateaux d’orge sont partis d’Australie.

Orge de brasserie

Tendance haussière des cours

En orge de brasserie, les prix sur le marché physique français ont suivi une tendance haussière, évoluant dans une fourchette comprise entre 0 €/t et +3 €/t, sur la période du 12 au 19 novembre, et ce, toutes variétés et récoltes confondues. Le marché est peu fluide, le secteur de la bière n'étant pas porteur.

Blé dur

Pas de changement

En blé dur, les prix n’évoluent pas et le marché est très calme.

Céréales secondaires

Marché acheteur en seigle meunier, sans vendeur

Les cours de l'avoine blanche et noire sont encore une fois reconduits entre le 12 et le 19 novembre, faute d'affaires.

Ceux du triticale sont stables sur Pontivy et le Rhône-Alpes, et gagnent 5 €/t dans la Drôme. Dans le Sud-Est, les volumes disponibles à la vente sont faibles. Les agriculteurs gardent pour l'autoconsommation ou pour leurs usines. Les seuls vendeurs sont ceux qui souhaitent faire de la place. L'activité commerciale touche à sa fin dans la région sur cette campagne, d'autant plus que son prix n'est pas spécialement attractif.

Le seigle meunier reste incoté. Il n'y a pas de vendeurs, mais le marché est très acheteur.

Sucre

Renchérissement

Les prix du sucre ont gagné du terrain sur la semaine allant du 10 au 17 novembre 2025. Alors que les prix du sucre avaient tendance à baisser depuis plusieurs semaines sur fond de production mondiale en hausse pour 2025-2026, une information en provenance d’Inde laissait à penser que le pays allait finalement produire moins de sucre que prévu dans les précédentes projections. Résultat, un petit coup de boost pour les prix sur la semaine. Mais globalement, les fondamentaux demeurent majoritairement orientés à la baisse, confirmés par les derniers chiffres publiés par l’Organisation internationale du sucre (ISO) : la campagne 2025/2026 devrait dégager un surplus (offre sur demande) d’1,625 Mt contre un déficit de 2,916 Mt l’an passé ; ce surplus serait généré par des productions plus importantes en Inde, Thaïlande et Pakistan. L’ISO prévoit cette année une production en hausse de 3,2 %, à 181,8 Mt. En France, la filière constate une bonne campagne betteravière cette année en Picardie, avec des premiers résultats qui confirment des rendements élevés. Ces rendements se révèlent hétérogènes sur l’ensemble des zones de production. La production nationale est attendue à 33,7 Mt. Le Comité scientifique et de suivi (CSS) du Plan national de recherche et d’innovation consolidé (PNRI-C) a indiqué récemment que des pistes prometteuses existaient en matière d’alternatives aux néonicotinoïdes en betterave. Le prix du sucre brut a terminé en hausse donc (14,49 cts$/livre le 17 novembre contre 13,90 cts$/livre le 10) et celui du sucre raffiné aussi (417,25 $/t le 17 novembre contre 408,15 $/t le 10). 

Par ailleurs, selon un article publié le 14 novembre (article payant) par La France agricole, le sucrier Südzucker et l’association des producteurs de betteraves sucrières du sud de l’Allemagne proposent aux producteurs locaux, via une lettre du 11 novembre, de réduire considérablement leurs surfaces de betteraves pour 2026, déjà contractualisées, rapporte nos confrères d’Agra. « Pour se justifier, le sucrier allemand évoque l’urgence d’enrayer la chute des prix du sucre, conséquence d’un excédent d’offre sur le marché européen. En contrepartie, une prime de 10 €/t pour la quantité correspondante de betteraves contractuelles livrées en 2027 (pour une teneur en sucre de 16 %) leur sera attribuée », précise le média. 

La rédaction

À surveiller

Blé tendre

  • Conditions de culture moins bonnes que prévu aux États-Unis.
  • Retour de l'Inde en tant que pays exportateur.
  • Reprise des exportations ukrainiennes ?
  • Rétention des agriculteurs en France et en Russie.

Orges

  • Dynamisme portuaire.
  • Émergence de la concurrence australienne
  • Baisse prévue des surfaces au Royaume-Uni en 2026-2027.

Maïs

  • Incertitude des fabricants d'aliments français face à la grippe aviaire.
  • Fin des semis de la première récolte au Brésil.
  • Demande du nord de l'Europe sur janvier - juin.
  • Questionnements de l'Italie sur le sud-est de la France.

Adèle d'Humières

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