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Nutrition animale / Afca-Cial
Malgré l’adversité, les fabricants de compléments tiennent bon la barre

Les vents contraires, que sont la conjoncture défavorable et le poids de la réglementation, incitent la profession à s’associer dans l’effort.

« AUJOURD’HUI, l’activité des fabricants de compléments est malheureusement à l’image de l’alimentation animale, regrette Bernard Fresard, le président de l’Afca-Cial. Elle est stable voire en légère récession. » En 2011, les volumes de fabrications d’aliments minéraux n’ont en effet pas progressé (cf. ci-contre), au grand dam du dirigeant de l’Association des fabricants de compléments pour l’alimentation animale. Alors que les éleveurs sortent d’une année 2011 « plutôt favorable en terme de prix du lait et de la viande », il ne comprend pas pourquoi les fabricants de compléments, leurs fournisseurs, n’ont pas bénéficié de ce « confort de marché à la production ». Au-delà « d’un manque de communi-cation des entreprises », le président estime que cette situation relève « d’un problème de confiance des éleveurs vis-à-vis de la conjoncture économique ». Et d’ajouter : « Je pense que l’on souffre de la future Pac et de la prochaine suppression des quotas laitiers. » À la veille de l’assemblée générale de son syndicat, qui s’est déroulée le 8 juin à Angers, il nous a fait part des messages qu’il désire transmettre aux adhérents de l’Afca-Cial, comme aux autorités françaises et de l’UE.

Vers un guide de bonnes pratiques harmonisé à l’usage de toute la profession
 Auteurs de deux guides de bonnes pratiques relatifs aux “aliments minéraux” et aux “prémélanges d’additifs”, validés par les autorités compétentes, et mis en service courant 2011, avec 13 certifications à la clef fin mai 2012 (cf. ci-contre), l’Afca-Cial désire aller plus loin et milite au sein d’Oqualim pour « un guide de bonnes pratiques unique, à l’usage de l’ensemble des fabricants de prémélanges, d’aliments minéraux et d’aliments composés ». Le « souhait de toute la profession » réside dans le fait qu’il soit « un vrai guide français, reconnu au plan national et international ». Car aujourd’hui, « il faut se conformer à des certifications, qui sont certes françaises et auxquelles nous adhèrons, mais que l’on nous impose », regrette Bernard Fresard.

Mutualisation des analyses via Oqualim

En 2011, l’Afca-Cial a rejoint les instigateurs d’Oqualim, que sont Coop de France Nutrition animale et le Snia. Cette association a pour objet d’élaborer, de mettre en place et de coordonner toute démarche visant à l’amélioration de la sécurité et de la qualité des aliments pour animaux. « On y a amené toute notre expertise, spécialement au niveau des prémix », précise Bernard Fresard. Cette adhésion a permis de transformer l’observatoire “Substances indésirables” de l’Afca-Cial en un plan “Autocontrôles Compléments” (cf. ci-contre). Sur la base d’un nombre minimal d’analyses à réaliser (métaux lourds, dioxines-PCB, salmonelles...), proportionnel à leur activité, les entreprises participantes bénéficient de la mutualisation des résultats. Aussi le président souhaite-t-il que « toutes les entreprises de l’Afca-Cial adhèrent à Oqualim », afin d’abaisser leurs coûts d’analyses.

Les “suppléments nutritionnels” pourraient devenir des “aliments diététiques”
 Un autre dossier « plus personnel » requiert toute l’attention de l’Afca-Cial : celui des “suppléments nutritionnels”. Ces produits franco-français, qui sont régis par un guide de bonnes pratiques « validé par notre administration », sont pourtant « hors cadre réglementaire européen ». Bruxelles en conteste la concentration élevée en additifs, qui dépasse les apports journaliers autorisés dans l’UE. « Ce ne sont pas des produits “marketing”, qui ne sont là que pour faire de la valeur ajoutée, ils répondent à une demande des éleveurs français voire européens », s’indigne Bernard Fresard. C’est pourquoi l’Afca-Cial « s’implique fortement sur ce dossier ». Cependant, « nous ne sommes pas très confiants car peu soutenus par les autres États membres, reconnaît son président. Je crains que ces produits soient ramenés à des doses beaucoup plus faibles en vitamines et qu’ils relèvent à terme de la réglementation européenne sur les aliments diététiques. Mais nous continuons de nous battre ! »
L’Afca-Cial affiche un nombre croissant d’adhérents (119, contre 116 en 2011). Il faut dire que « ces entreprises – petites, moyennes ou grandes – n’ont d’autre choix que de venir dans une organisation qui les aide à gérer un surcroît de réglementation permanent », insiste Bernard Fresard. Et d’ironiser : « On croirait que l’on doit protéger les vaches plus que les humains. »

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