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Stratégie agricole
L’Inde et la Chine misent sur la régulation

Les 2 géants prônent un interventionnisme croissant de l’État pour assurer la sécurité alimentaire.

Sur un marché mondial des matières premières agricoles libéralisé, la Chine et l’Inde vont, comme d’autres, à contre-courant. Étant les deux pays les plus peuplés, avec respectivement plus d’1,3 et 1,2 milliard d’habitants, l’accent est mis sur la sécurité alimentaire, comme cela a été confirmé lors de la conférence annuelle du Conseil international des céréales (CIC) le 7 juin 2012 à Londres.

Un rôle de l’État prépondérant

La Chine et l’Inde misent notamment sur une augmentation de leur production céréalière et la constitution de stocks tampons, à travers un interventionnisme croissant. La Chine vise une productivité maximum, car elle fait face à une surface agricole limitée, ainsi qu’une population, une urbanisation et une industrialisation grandissantes. Le gouvernement prône l’amélioration du système de stockage et le renforcement d’une régulation de marché, que ce soit au niveau de l’approvisionnement, de la commercialisation, de la distribution ou de la transformation. Depuis 2008, les prix n’auraient pas tant évolué, grâce à ce système de réserve, selon Bingzhou Cheng, directeur général de Sinograin. Et « à l’avenir, la Chine continuera d’intervenir sur la régulation de l’offre et de la demande ». Néanmoins, les opérateurs répercutent les évolutions des marchés à terme mondiaux sur ceux de l’intérieur, engendrant ainsi une certaine synchronisation entre les prix mondiaux et chinois.
En Inde, le gouvernement a mis en place un système de prix minimaux à la vente et un accès favorisé aux fertilisants, semences et autres intrants. D’autre part, il assure la constitution de stocks de sécurité et cherche à les maintenir à un niveau suffisamment élevé pour contrecarrer la volatilité des prix. Les exportations sont régulées pour assurer une disponibilité sur le marché intérieur. Cependant, les exports de riz et de blé sont autorisés depuis septembre 2011 sous l’Open General Licence, dans l’anticipation d’importantes récoltes.
Les stocks de sécurité indiens participent à la stratégie d’éradication de la pauvreté. L’Inde veut continuer à renforcer son réseau de distribution de denrées alimentaires à des prix abordables. « Le réseau qui compte environ 500.000 “ Magasins à prix équitable”  est probablement le plus large de ce genre dans le monde », affirme Nilambuj Sharan, directeur du département pour l’Alimentation indien. Il touche annuellement 180,38 M de ménages et constitue un volume de 60 Mt. À travers son Système de distribution publique ciblée, deux tiers de la population devraient être éligibles pour recevoir des céréales subventionnées.

Vers l’autosuffisance céréalière
Que ce soit en Inde ou en Chine, la politique d’accroissement de la production céréalière fonctionne. En chine, elle est en augmentation pour la 8e année consécutive, à 571,2 Mt en 2011. En Inde, elle a atteint des records sur les trois dernières années, et est estimée à 252,6 Mt pour la campagne 2011/2012. La Chine et l’Inde sont devenues quasiment autosuffisantes en denrées alimentaires de base, à hauteur de 95 % pour la Chine. Si la production de céréales, toutes confondues, dépasse la consommation, cela cache des disparités entre cultures. En Chine, l’écart entre la demande et l’offre nationales de soja augmente ; tandis qu’en Inde, ce sont les oléagineux mais également les légumes secs qui font défaut. En 2016/2017, l’Inde prévoit un déficit de 5,14 Mt en légumes secs et de 32,65 Mt en oléagineux. La structure de la demande en grains change, du fait d’une plus grande consommation de produits carnés et d’œufs. En Chine, la part des céréales destinée à l’alimentation animale dépasse celle destinée à l’alimentation humaine depuis 2010.

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