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Chrysomèle du maïs
L’heure n’est plus à l’éradication mais au confinement de ce ravageur prolifique

Quels sont les moyens mis à disposition des agriculteurs français pour lutter contre l’invasion de Diabrotica virgifera virgifera ?

NOS AGRICULTEURS semblent démunis face à la prolifération de la Chrysomèle des racines du maïs. La polémique actuelle concernant les moyens de lutte contre ce coléoptère Ô combien indésirable est là pour le rappeler. Alors que France nature environnement (FNE) déclare que « la rotation des cultures est la solution préconisée depuis longtemps par les agronomes contre ce ravageur du maïs », l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) considère que « c’est le recours à toute une panoplie de techniques : traitement au semis, rotation, et peut être demain OGM, qui permettra de maîtriser ce nuisible ». Qu’en est-il ?

Rotation et traitements insecticides, des moyens de lutte insuffisants

Pour l’heure, la monoculture de maïs est mise à mal dans les régions infestées par Diabrotica virgifera virgifera, que sont l’Alsace, le Rhône-Alpes, la Bourgogne et plus récemment la Franche-Comté et la Lorraine. Alors que les trois dernières régions sont en “zone d’éradication” pour la campagne 2011/2012, les deux premières sont passées en “zone de confinement”, après trois années de lutte intensive... sans résultats significatifs. Le ravageur est bien implanté et il faut apprendre à vivre avec.
La lutte obligatoire mise en place par l’UE pour éradiquer Diabrotica sur les territoires jusque-là indemnes allie la rotation des cultures (1 année sur 3 en “zone focus” – 1 km autour de l’aire de capture – et 1 sur 2 en “zone de sécurité” – 5 km supplémentaires –) et traitement larvicide au moment des semis. Le microgranulé Force 1,5 G est le seul produit autorisé à ce jour, après l’interdiction du Cruiser, mis en cause dans la surmortalité des abeilles. C’est pourquoi l’AGPM veut élargir la gamme d’insecticides utilisables. « On attend le Belem 0,8 G pour la campagne 2012/2013 », déclare Céline Duroc, sa directrice adjointe, qui reste « plus circonspecte » concernant le retour du traitement de semence Cruiser. Quant aux traitements adulticides (autorisés sur le reste du territoire pour lutter contre d’autres parasites), ils ne sont plus rendus obligatoires en raison d’une efficacité jugée « insuffisante vis-à-vis des risques environnementaux et d’image des agriculteurs », indique Céline Duroc.
En “zones de confinement”, « la lutte est un peu moins contraignante », explique Dominique Daviot, secrétaire général de la section Maïs et Sorgho du Gnis, avec une « rotation des cultures qui passe à 1 an sur 6 » mais un « élargissement de la zone de lutte pour limiter le développement et l’extension du parasite sur le territoire ». Le but est de « faire barrage » au ravageur et d’« atteindre des seuils qui permettent d’éviter des conséquences économiques et pertes de rendement significatifs sur la culture du maïs pour le producteur ».

Les OGM toujours en course

Pour diversifier les moyens de lutte contre la Chrysomèle, l’emploi des maïs transgéniques est préconisé par l’AGPM. Cependant l’apparition de résistance du parasite à certains maïs Bt cultivés dans le berceau de production du maïs trangénique aux Etats-Unis, est un véritable coup dur pour la firme Monsanto. Cependant, l’option des OGM n’est pas à exclure, comme nous l’explique Thomas Guillemaud, chercheur Inra à Sophia Antipolis. « On peut penser à des types d’OGM pour lesquels les populations d’insectes mettraient beaucoup plus de temps avant d’évoluer vers de fortes fréquences de résistance. En particulier des plantes exprimant en même temps plusieurs protéines bactériennes ayant des modes d’action variés sur les insectes seraient probablement beaucoup plus durables. »

Vers une adaptation de l’itinéraire cultural

En attendant que la France autorise l’emploi des OGM, une autre voie et pas des moindres reste à exploiter : l’adaptation de l’itinéraire cultural du maïs au cycle de développement du coléoptère. Privilégier les sols sablonneux guère appréciés de la forme larvaire de l’insecte, jouer sur la précocité variétale pour que la larve ne trouve pas de racine tendre à se mettre sous la dent, mettre au point des variétés à la régénération racinaire plus rapide ou à la vigueur plus intense en début de cycle végétatif, telles sont les pistes envisagées par l’AGPM. Par ailleurs, le séquençage du génome du ravageur, auquel participe l’Inra et le CNRS, est en cours, rappelle Thomas Guillemaud. Il permettra d’isoler les gènes de résistance aux herbicides et autres insecticides. L’utilisation des ennemis naturels de Diabrotica – comme les pathogènes, nématodes, prédateurs et autres parasitoïdes –constitue un autre angle d’attaque. Mais leur efficacité reste à évaluer. Qui de la science ou du parasite sera le vainqueur ? Tout est une question de temps et d’argent...

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