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Œufs
Les producteurs veulent augmenter leurs prix

Mis à mal par l’inflation des céréales, les acteurs de la filière s’en prennent aux GMS.

Le Comité National pour la promotion de l’œuf (CNPO), l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), et l’Association des producteurs d’œufs du Sud-Est (Apose), « demandent maintenant à la grande distribution une augmentation de 1,62 centime d’euro par œuf », selon le titre même de la conférence mise en place par ces organisations le 21 juillet dernier. Une demande appuyée par un rapport à charge envers les GMS. Le constat se résume en une phrase : « La grande distribution gagne 240 M€ de marges sur l’ensemble des œufs vendus au consommateur, lorsque l’ensemble des producteurs d’œufs perdent 80 M€ ! »

Baisse de la production
    Une conclusion qui prend source, une fois encore, dans la volatilité des prix des céréales.  « En mai 2011, les prix du blé ont augmenté de 87,3 % et ceux du maïs de 70,3 % », par rapport au mois de mai 2010, rappelle le rapport. Une inflation exceptionnelle qui a provoqué une augmentation de 42,1 % des coûts des matières premières. Cette augmentation des charges a évidemment des conséquences sur la rentabilité des producteurs d’œufs. Mais ce n’est pas le seul élément pris en compte par les organisations à l’origine de ce rapport. Plus de « 80 % de la production française a été contrainte de remplacer ses équipements après la directive européenne de juillet 1999 interdisant toute production en cages non aménagées », indique-t-il. Des travaux dont le coût est estimé entre 16 et 25 € par place de poules pondeuses. Ces éléments conjugués ont entraîné une chute de 31,2 % des mises en place en France, par rapport à 2010. Conséquence : « la production d’œufs est en repli de 4,7 % à la mi-août 2011 », selon le modèle de prévision Itavi CNPO SSP, alerte les organisations.

La grande distribution mise en cause

    A contrario, la situation des GMS semble bien éloignée des problèmes des producteurs d’œufs. « Le prix de vente de l’œuf coquille au consommateur est passé de 16,67 centimes d’euro l’unité en juillet 2010, à 17,50 centimes l’unité en juin 2011, soit une hausse de 2 %, tandis que le prix de vente à l’unité d’un œuf par les centres de conditionnement est reste stable, aux environ de 0,10 / œuf », indique le CNPO. Mais pour la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), les producteurs d’œufs se trompent de cible. Comme l’explique Mathieu Pecqueur, responsable Filières agroalimentaires à la FCD, « la demande est légitime, seulement les GMS n’ont aucune relation commerciale en direct avec les producteurs. Nous n’achetons qu’aux industriels qui conditionnent ces œufs. C’est auprès de ces industriels que les producteurs devraient réévaluer leur prix. » La grande distribution est d’ailleurs prête à renégocier ses propres tarifs avec les conditionneurs, selon Mathieu Pecqeur. Et comme pour appuyer ses dires, une réunion entre GMS et industriels est prévue en septembre prochain dans ce but. Les conditionneurs étaient d’ailleurs absents de la conférence de presse des producteurs.

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