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Marché des engrais
Les prix sont quasiment stables depuis janvier

En mars, la hausse en glissement annuel du prix d’achat des fertilisants continue de ralentir.

« ENTRE JANVIER ET MARS, les coûts de production agricole progressent à nouveau, après s’être stabilisés à un niveau élevé entre août et janvier », indique le ministère de l’Agriculture dans sa dernière note de conjoncture sur les moyens de production. Les engrais sont hors de cause. Ce sont les prix d’achat du poste “énergie et lubrifiants” qui continuent de renchérir et ceux des aliments pour animaux qui augmentent à nouveau depuis février. Les coûts d’approvisionnement en engrais sont en effet relativement stables depuis le début de l’année. Si la faible évolution du prix du gaz naturel rentre en ligne de compte pour les fertilisants azotés, c’est davantage le fort recul des livraisons en culture qui enraye la hausse des prix des engrais minéraux.

Une stagnation tarifaire jugée durable
Après avoir régulièrement progressé sur la première moitié de la campagne, les prix des engrais simples minéraux restent relativement stables sur le premier trimestre 2012. Tout en demeurant nettement inférieurs au niveau atteint lors de la flambée des cours de 2008/2009.
En mars, la hausse en glissement annuel du prix d’achat des engrais continue de ralentir. Elle tombe de +28 % en février à + 5 % en mars en engrais simples azotés, de +33 % à +10 % en engrais simples phosphatés et de +7 % à +6 % en engrais simples potassiques. Une stagnation tarifaire que Gilles Poidevin, délégué général de l’Union des industries de la fertilisation (Unifa), pense durable jusqu’à la fin de la campagne (cf n°3943).

Des livraisons confirmées en fort recul
Le jeu de l’offre et de la demande participe grandement à cette stabilisation des prix. Pour relancer des livraisons en berne, les fabricants d’engrais rognent sur leurs marges pour rester attractifs. En cumul sur les premiers mois de l’exercice commercial 2011/2012, les volumes d’engrais livrés reculent ainsi fortement. Les agriculteurs n’ont en effet pas utilisé la totalité de leurs achats de la campagne précédente, en raison de la sécheresse printanière qui ne leur a pas permis d’effectuer les derniers apports.
A fin février, le repli des livraisons en culture s’est accentué, suite aux interdictions de circulation et de navigation induites par la période de gel prolongé, indique la dernière tendance mensuelle de l’Unifa. En engrais azotés simples, elles comptabilisent 3.792 kt, en baisse de 16 %  sur la même période en 2010/2011 (contre -12 % à la fin janvier) ; en engrais potassiques simples, 341 kt, en baisse de 20 % (contre -7 %) ; en engrais phosphorique simples, 235 kt, en baisse de 17 % (contre -23 %).
Mais l’Unifa se veut optimiste. Le retour des pluies éloigne cette année le risque de sécheresse printanière et redonne une meilleure perspective de production aux céréales. Et même si « la campagne 2011/2012 marquera un nouveau recul des livraisons en phosphore et en potassium, les derniers besoins en azote des cultures devraient soutenir les livraisons d’engrais jusqu’au 30 juin ».

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