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Les petites entreprises de BVP sous le joug de la crise

Le secteur de la boulangerie-pâtisserie-viennoiserie souffre indirectement de la crise financière, en particulier lorsque les financements font défaut

TENIR BON. Face aux difficultés rencontrées par les entreprises du secteur de la BVP, notamment depuis le début de la crise financière, la Fédération des entreprises de boulangerie et pâtisserie françaises (FEBPF) tire la sonnette d’alarme. L’an dernier, l’extrême volatilité des prix des matières premières avait considérablement secoué le secteur céréalier.

Cette année, les industries céréalières doivent faire face aux conséquences de la dépression financière, qui a largement entamé les marges de financement de l’ensemble des entreprises françaises. Même s’il est encore trop tôt pour dresser un quelconque bilan de l’impact du krach d’octobre sur la filière, des signes laissent présager d’une période particulièrement difficile pour le monde de la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie.

« La situation sera compliquée pour les entreprises fragiles », annonce la FEBPF. « Depuis cet été, beaucoup d’affaires sont bloquées faute de financement et des projets d’ouverture de nouveaux magasins sont remis en question. Il faudra s’attendre à du changement dans le paysage de notre secteur l’an prochain », déplore Philippe Godard, responsable de la communication de la FEBPF. La crise de confiance des marchés financiers et la réticence des organismes bancaires qui en découle semblent déjà produire leurs effets sur les entreprises de la BVP.

Les investissements, nerf de la crise

Certaines en paient même le prix fort, à l’image d’une société dont le rachat a échoué dans les tout premiers jours de la crise en raison de la défaillance de l’organisme financier de l’acheteur, comme nous le rapportait son dirigeant français, souhaitant rester anonyme. Toutefois, toutes les entreprises ne sont pas aussi exposées aux conséquences de la chute de l’économie. Comme le tempère Philippe Godard, « ce sont surtout les entreprises n’ayant pas réalisé les investissements nécessaires et qui comptaient sur 2009 pour s’en acquitter qui souffriront le plus. Les entreprises suffisamment saines devraient s’en sortir sans trop de difficulté ».

C’est le cas de la société Brioches Sicard, qui pourra investir cette année dans deux projets. D’abord, l’informatisation de plusieurs postes ainsi que l’ouverture d’un nouveau point de vente dans un hypermarché de Nantes. « Les relations avec les banques ont toujours été compliquées, mais à notre niveau, elles ne sont pas plus tendues qu’avant, le processus est peut-être un peu plus long. Ce que l’on constate toutefois, c’est le débauchage des intérimaires dans beaucoup d’entreprises du secteur. » Le cas de cette entreprise familiale dont la zone d’activité se limite à l’ouest de l’Hexagone reste cependant atypique comme l’explique sa dirigeante ajoutant avoir « bénéficié de l’événement du Vendée Globe ».

Le plan de soutien aux entreprises de l’agro-alimentaire annoncé par Michel Barnier la semaine dernière ne semble pas rassurer la FEBPF, qui attend pour l’instant davantage d’éléments pratiques. « Nous ne nous sentons pas trop concernés par les cinq milliards d’euros annoncés, nous risquons d’être noyés dedans », estime M. Godard.

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