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Transports
Les fabricants d’aliments dénoncent deux mesures qui plombent un élevage déjà mal en point

Face à l’arrêté d’élargissement du 44 t publié le 6 décembre et l’écotaxe qui s’appliquera à l’été 2013, l’industrie de l’alimentation animale réclame des mesures d’exemption.

« CHAQUE EURO de surcoût pour l’élevage est un euro de trop », alerte Alain Guillaume, président du Snia. Les syndicats professionnels s’inquiètent de la limitation de la charge à 12 t sur l’essieu moteur dans le nouvel arrêté 44 t, ce qui réduit des deux tiers son impact positif en alimentation animale. Sans oublier l’écotaxe qui vient rajouter un minimum de 1 $/t livrée.

Des surcoûts de 7 à 10 % liés au 44 t
    L’élevage souffre d’un contexte Matières premières volatiles et durablement élevées. Et les importations de produits animaux montrent combien les filières ont besoin de regagner de la compétitivité : 44 % de la viande de poulet consommée en France est désormais importée. De nombreux politiques ont d’ailleurs récemment rappelé, ministre en tête, l’importance d’une production animale française : non seulement pour l’autonomie alimentaire mais aussi  pour la force de l’agroalimentaire s’approvisionnant localement et pour le maillage territorial des productions agricoles.
    C’est sur ce constat que l’industrie de l’alimentation animale s’appuie pour réclamer des mesures d’exemption touchant ses transports. « Deux décisions récentes en matière de transport viennent contrecarrer les actions prises pour enrayer le déclin des productions animales, en faisant peser de nouvelles charges sur l’aliment et, donc, sur l’élevage », alertent, dans un communiqué conjoint, Coop de France Nutrition animale et le Snia. D’une part, l’écotaxe aurait un impact minimum de 1 $ la tonne livrée mais pourrait monter à 4 $/t dans les zones les moins denses et, d’autre part, l’arrêté 44 t limite la charge sur l’essieu moteur à 12 t au lieu des 13 t précédentes. « La publication de l’arrêté d’élargissement pour le 44 tonnes, jeudi 6 décembre, est certainement une bonne chose pour l’ensemble des métiers. La nutrition animale avait été, en 2011, le premier secteur à obtenir le droit de circuler avec des véhicules de 44 t, soit 25 t de charge utile pour nos produits. C’était cependant bien après nos collègues européens. Et, aujourd’hui, cet élargissement est assorti d’une réduction de près des deux tiers de son intérêt avec ses nouvelles prescriptions techniques, qui limitent la charge sur l’essieu moteur de 13 à 12 t », détaille Alain Guillaume, président du Snia. « Nous avons rédigé avec Coop de France Nutrition animale ce communiqué d’alerte car cette nouvelle contrainte va générer des surcoûts de l’ordre de 7 à 10 %, qui signent un nouveau recul de la compétitivité des élevages français face à nos confrères européens. »

Nécessité d’un délai d’application
    Avec une production nationale d’un peu plus de 20 Mt à livrer par an dans des élevages de taille très diverses, l’alimentation animale est une industrie très consommatrice de transports spécifiques : les camions sont compartimentés car ils sont généralement amenés à livrer plusieurs élevages dans une même tournée, et ce, sans contamination croisée entre aliments. Ils sont également plus compacts que des camions destinés aux transports sur route car ils doivent pouvoir manœuvrer dans les cours de ferme aux accès parfois compliqués.
    « Les fournisseurs des camions destinés à l’alimentation animale semblent être parvenus à concevoir des véhicules qui prennent en compte les nouvelles obligations. Mais il est impossible de changer toute la flotte française d’un coup, en raison du prix de ces véhicules. D’autre part, il s’écoule au moins six mois entre la commande et la livraison d’un véhicule neuf. Nous faisons actuellement un chiffrage du parc, qui compte au moins un millier de véhicules », poursuit le président. Les syndicats professionnels demandent donc un échéancier sur dix ans pour les véhicules en circulation (période correspondant à la durée d’amortissement d’une semi-remorque pour l’aliment du bétail), ainsi qu’un délai d’un an pour l’application de ces nouvelles prescriptions techniques aux nouveaux ensembles routiers.

L’écotaxe coûterait de 1 à 4 €/t
    Pour l’écotaxe, Coop de France Nutrition animale et le Snia demandent une exonération totale des livraisons d’aliments en élevage car la situation économique des éleveurs ne permet pas d’absorber une nouvelle charge. Une disposition à inscrire dans le cadre des actions d’urgence prévues par le gouvernement en faveur de la compétitivité des filières animales. « Ces taxes sont destinées à favoriser le développement d’autres modes de transport, le fer et l’eau notamment. Nous comprenons leur intérêt pour les approvisionnements de nos usines. Mais pas pour les livraisons à l’élevage qui, de toute façon ne pourra jamais bénéficier de ces modes de transports alternatifs », conclut Alain Guillaume.

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