Aller au contenu principal

Industrie agroalimentaire
Les céréales pour le petit déjeuner, un marché en pleine évolution

Au-delà de critères technologiques spécifiques à chaque produit ou process, des exigences nutritionnelles intégrent progressivement le cahier des charges.

« Les céréales pour petit déjeuner sont le deuxième produit céréalier le plus consommé le matin après le pain », indique Karima Kaci, la secrétaire générale du Syndicat des céréales prêtes à consommer ou à préparer. Entrées depuis plus de deux générations dans la culture alimentaire des Français, elles sont consommées par 67,4 % des ménages en 2001. Alors que la vente de céréales prêtes à consommer est relativement stable sur les cinq dernières années, celle des céréales bio et diététiques progressent de façon significative (cf. ci-contre), puisque leur consommation a augmenté de 53 % entre 2009 et 2011, selon Matins Céréales, le service d’information du syndicat. Cette tendance à la naturalité conduit à l’évolution des caractéristiques demandées par les fabricants concernant les matières premières céréalières utilisées. Des critères nutritionnels viennent compléter un cahier des charges davantage tourné vers des exigences technologiques.

Introduction des farines complètes, source de fibres et autres nutriments
Les industriels ont senti le vent tourner. En décembre 2010, Kellogg’s France et CPF Nestlé Céréales, les deux leaders du secteur  qui représentent 60 % des parts de marché en volume et près de 70 % en valeur, ont signé une charte d’engagement volontaire de progrès nutritionnel (PNNS 2) qui les engage, entre autres, à augmenter la teneur en glucides complexes et en fibres de leurs produits. Pour ce faire, les fabricants de céréales pour petit déjeuner ont fait évoluer leur demande en blé tendre vers des farines complètes. Alors qu’aucune caractéristique technique spécifique n’est demandée pour les farines “blanches”, une composante du cahier des charges des farines bises est la taille des sons, dont les plus gros posent des difficultés à l’extrusion. Une solution pour remédier à ce problème serait, en association avec de la farine blanche, l’utilisation de remoulages en raison de leur faible granulométrie et de leur richesse en différents nutriments.
« L’autre contrainte est d’ordre sanitaire, ajoute Thierry Berger, directeur Marketing et Communication externe des Moulins Soufflet. Il faut des farines complètes sans toxines ou pesticides (qui se retrouvent dans les enveloppes du grain, source de fibres, NDLR). » Ce dernier critère est également présent dans le cahier des charges des concassés de blé, utilisés pour les céréales agglomérées du type “Extra” ou “Cruesly”. De plus, comme le traitement thermique y est beaucoup plus doux que dans le cas des céréales soufflées à base de farine, un volet bactériologique s’impose.

Des contraintes technologiques plus présentes en maïs et riz qu’en blé tendre
Concernant le maïs, les farines et semoules sont produites à partir de l’amande vitreuse de grain corné. Elles sont raffinées selon des critères rigoureux de granulométrie, d’humidité et de matière grasse, de façon à optimiser le procédé d’extrusion. Pour les fabricants de cornflakes, qui utilisent des hominys (fragments d’amande vitreuse de grande taille finement calibrés), le critère variétal est plus sensible car la complexité du process demande une parfaite homogénéité de la matière première. « Certains fabricants utilisent uniquement des maïs “plata” importés d’Argentine », commente le responsable du groupe Soufflet. En l’absence de critère nutritionnel, les aspects les plus importants pour les clients de Costimex, la maïserie du groupe Soufflet, sont « la traçabilité, l’absence de traces d’OGM, les seuils en mycotoxines – significativement plus bas que la réglementation sur céréales – et l’homogénéité des livraisons ».
Soufflet Alimentaire est quant à lui un important fournisseur des fabricants, qui transforment différents types de produits à base de riz. Les grains entiers ou brisures de riz Japonica, à faible teneur en amylose, sont utilisés pour les crispies et le multigrain. Les farines permettent de produire des produits extrudés du type coussin fourré.
À terme, la tendance aux contraintes nutritionnelles va aller s’accentuant, sous la pression de la demande. « Il se peut qu’à l’avenir, compte tenu des attentes des consommateurs et de leur éducation naissante en matière de nutrition, les critères nutritionnels deviennent prépondérants, estime Thierry Berger. Pour y répondre, il faudra alors que les obtenteurs et les meuniers travaillent sur une offre adéquate de farine et de blé. »

Les plus lus

Annie Genevard et Albert Mathieu, président-directeur-général de Panzani, lors de la visite de la ministre dans l'usine de Marseille
Blé dur – La ministre Annie Genevard annonce le doublement des aides PAC dans les zones traditionnelles

Lors d’un déplacement en Provence, la ministre de l’Agriculture a visité une usine Panzani et des parcelles de blé dur et…

Une moissonneuse batteuse en action dans un champ de colza 2025
Moisson 2025 : une production européenne de colza proche des 20 Mt, est-ce suffisant ?

Dans l'Union européenne, la moisson est dans sa dernière ligne droite avec des rendements en colza très satisfaisants et…

Un champ de maïs qui souffre de la sécheresse
Récoltes 2025 : recul attendu de la production de maïs en raison d'une baisse anticipée des rendements

Alors que la moisson estivale est sur le point de s’achever, Agreste a publié le 8 août ses dernières estimations de…

Moisson du Colza dans les plaines cerealieres de la Marne. Agriculteur moissonnant sa parcelle de Colza avec une moissonneuse bateuse Claas 740 Lexion.
Moisson 2025 : de bons rendements en colza avec quelques hétérogénéités

Avec une moisson 2025 particulièrement précoce, plusieurs groupes coopératifs ont déjà effectué le bilan de ce millésime. En…

Biocarburants : « La critique du B100 et de l’HVO par l’État est incompréhensible, à la limite de l’inacceptable »

La filière biocarburants ainsi que les acteurs du transport routier de marchandises sont vent debout contre un récent rapport…

Parcelle de pois d'hiver photographiée en janvier
Moisson 2025 : rebond des rendements en pois protéagineux

Après une récolte 2024 catastrophique, les rendements en pois d’hiver rebondissent en 2025, s’affichant entre 40 et 45…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne