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Blé français
L’équilibre des exports modifié par les Peco

Si les ventes sur pays tiers progressent, les nouveaux entrants ont capté des marchés sur l’UE

Sans les céréales, le solde français des exportations de produits agricoles bruts ne serait sans doute pas chaque année excédentaire d’1 Md€ ou plus. Logique : la France produit plus de céréales, et surtout plus de blé, qu’elle n’en consomme. Le marché intérieur n’absorbe en moyenne que 14 à 16 Mt sur les 30 à 39 Mt récoltées annuellement. Au final, une petite moitié de la récolte, soit environ 15 Mt, part donc à l’exportation. Comme l’indique Crystel L’Herbier, ingénieur chez Arvalis, « ce débouché majeur ne doit pas être considéré comme une variable d’ajustement, d’autant plus que la filière a investi de façon importante en termes de logistiques et d’outils portuaires ».

Des parts de marché prises par les Peco
    Si les exportations de blé demeurent à peu près stables en volume, leur structure a toutefois évolué. De près de 10 Mt en 1999/2000 ou en 2000/2001, les ventes vers l’Union européenne voisinent désormais les 7 Mt. « Il y a eu un tournant en 2004 et 2007 avec l’élargissement de l’Union européenne aux Peco », estime Xavier Rousselin, chef de l’unité grandes cultures de FranceAgriMer. La Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Bulgarie ou la Roumanie produisent 28 à 34 Mt de blé par an. Ces pays ont réussi à capter des clients traditionnels de la France, séduits par une logistique meilleure marché et des prix plus faibles. Avec l’élargissement, l’Hexagone a perdu la position de leader européen que lui conférait son disponible exportable. Les nouveaux entrants ont, par exemple, fortement attaqué le débouché italien. Le pays n’achète plus qu’1,5 Mt de blé français par an contre 3 Mt en 1996/1997. Sur le sud de l’Italie, impossible pour le grain hexagonal en provenance de l’Atlantique de rivaliser avec les bateaux originaires de mer Noire.     L’entrée des Peco dans l’Union a également privé la France de ses clients du sud de l’Espagne, le blé arrivant par la mer à moindres frais. La logistique a tout de même permis à l’Hexagone de maintenir sa position au nord de la péninsule ibérique, région riche en moulins ainsi qu’en usines d’aliments… et proche du Sud-Ouest. Le blé français résiste également au Bénélux, en partie parce que l’approvision-nement par le Danube n’est pas fiable. Mais depuis le début des années 2000, la France doit également affronter la concurrence des pays de la mer Noire. En moins de 20 ans, la Russie a changé de statut : alors qu’elle importait 15 Mt de blé en 1987, elle devrait en exporter quelques 18 Mt sur 2009/2010. L’Ukraine offrirait pour sa part 9 Mt sur le marché mondial, après 13 Mt en 2008/2009. Or, depuis 2002, la France est d’autant moins protégée que l’Union européenne a autorisé l’entrée d’un contingent d’importation à droits réduits de 3 Mt par an.

Renforcement de la position française sur les pays tiers
    Mécaniquement, la position française s’est renforcée sur les pays tiers. Les volumes vendus dépassent désormais régulièrement les 8 Mt. Même si l’origine mer Noire apparaît comme un sérieux concurrent, la Côte d’Ivoire, l’Algérie ou le Maroc continuent d’acheter français tant pour des raisons pratiques, le blé hexagonal correspondant bien à leur mode de panification… que pour des raisons politiques. Premier importateur mondial, l’Égypte ménage ses fournisseurs. S’il cède souvent aux sirènes des prix bas, le gouvernement continue de s’approvisionner en France. Pour preuve : l’Hexagone a vendu à ce pays près d’1 Mt de blé en 2008/2009. Un peu moins de grains vendus en Europe, mais un peu plus vers les pays tiers… Ce n’est pas demain que le solde de la balance commerciale française devrait passer dans le rouge en céréales.

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