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Logistique
Lémée mise sur le transport “combiné” effluents/grains pour abaisser les coûts

Grâce à son système breveté de double bâche des remorques, l’entreprise bretonne peut transporter dans le même camion fertilisants et céréales.

Après avoir interdit en 2008 le transport de céréales et de fertilisants organiques d’origine animale dans le même camion, la DGAL l’autorise en 2010 à condition qu’il n’existe pas de contact direct entre les fertilisants organiques et la paroi de la benne du camion. La Sarl Lémée, basée à Aucaleuc au nord-ouest de Dinan (Côtes-d'Armor), s’est adaptée en inventant un système de double bâche, en investissant 3 M€ dans 18 camions qu’elle a équipés de son brevet. Elle a parallèlement formé ses chauffeurs aux bonnes pratiques garantissant hygiène et traçabilité. Cette invention, qui illustre la réactivité et l’esprit d’innovation de la société de logistique bretonne, autorise le double transport fertilisants organiques/céréales. Elle a un impact économique important puisque un retour à vide des camions augmenterait de 50 à 70 % le prix du transport des fertilisants organiques, indique l’entreprise.

Échange 100.000 t d’effluents contre 110.000 t de grains

La livraison du premier camion équipé intervient début mai 2011. Suit une phase d’expérimentation sur le terrain qui permet de perfectionner le système et, aux chauffeurs, de s’approprier leurs nouvelles fonctions. Le brevet concerne en effet aussi bien l’innovation technique de la double bâche que la méthodologie de nettoyage du camion, obligatoire entre le déchargement du fertilisant organique et le chargement des céréales. « 80 % de la crédibilité du transport passe par l’assiduité du chauffeur », souligne de fait la société de logistique. Aujourd’hui, les 18 nouveaux camions et leurs chauffeurs sont rodés et sillonnent les routes françaises. Ils chargent les effluents dans les élevages bretons et les distribuent dans les exploitations de grandes cultures de la Haute-Normandie au Poitou-Charentes, en passant par l’Île-de-France, la Champagne et le Centre. Le chargement de fertilisant organique, qui doit légalement être stocké par l’éleveur, se fait à la demande du céréalier. Les grains, que le chauffeur transporte au retour, sont soit livrés directement au client, soit stockés dans un silo situé à Guingamp (Côte-d’Armor).
« En 2011, la société Lémée a évacué 100.000 t d’effluents de Bretagne et y a importé 110.000 t de matières premières agricoles, dont approximativement 50 % de blé, 20 % de maïs, 20 % d’orge et 10 % de pois protéagineux », détaille Christophe Lémée, cogérant avec son frère Hervé de l’entreprise familiale. Pour l’année en cours, le dirigeant table sur une stabilité des volumes d’effluents mais une croissance du tonnage de grains de 5 à 10.000 t.

Une contractualisation pluriannuelle avec les éleveurs bretons
Lémée gère ses approvisionnements d’effluents par des contrats quinquennaux avec les éleveurs, qui précisent les tonnages annuels à reprendre et la quantité d’azote et de phosphore qu’ils représentent. De fait, « ce document remplace, auprès de l’administration, leur plan d’épandage », explique Christophe Lémée. Concernant les grains, leur vente – tonnage, échéance de livraison et prix – relève du commerce de gré à gré, via un courtier en marchandises agricoles.
Le chiffre d’affaires de la société, créée en 1966 par les parents des actuels gérants qui en ont pris les rênes en 1996, a doublé l’année dernière pour atteindre 20 M€. « En 2012, il devrait se situer dans la fourchette de 20 à 24 M€ », estime le dirigeant.

Un nouveau brevet à l’étude pour développer le ferroutage
D’ici cinq ans, un nouveau brevet de caisse amovible à double bâche devrait voir le jour, afin de permettre le transport “combiné” de fertilisants organiques et de matières premières agricoles grace au rail-route. Dans le cadre de ce projet de longue haleine, en plus de la plate forme embranchée de Guingamp, les deux frères ont investi dans un autre site de stockage relié au chemin de fer à Vierzon. Un emplacement stratégique, puisque « cent kilomètres autour de la gare de triage, on touche cinq départements céréaliers français », argumente Christophe Lémée. Cependant les choses pourraient s’accélérer avec la mise en application en juillet 2013 de l’écotaxe poids lourds, qui devrait s’élever à 0,12 € du kilomètre...

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