Aller au contenu principal

Politique européenne
Projet Farm to Fork : « L’élevage ne doit pas porter le chapeau », estime la Nutrition animale européenne (Fefac)

Dévoilé le 20 mai, soit deux mois plus tard que prévu en raison de la crise covid-19, le projet Farm-to-fork de la Commission Européenne n’emporte pas tous les suffrages. La Fefac est prudente face aux injonctions contradictoires du texte. 

© Peggy_Marco (pixabay)

« Aucun système alimentaire n’est durable sans les productions animales », souligne la Fefac (Fédération européenne des fabricants d’aliments pour animaux), qui rappelle que les animaux de ferme transforment des ressources alimentaires inutilisables directement par l’homme en produits à forte valeur nutritionnelle que sont les œufs, le lait et les viandes. Pour elle c’est clair, les animaux d’élevage ne doivent pas « porter le chapeau » du changement climatique alors que l’élevage est pointé du doigt dans la nouvelle communication « Farm to Fork-Biodiversity » dévoilée par la Commission européenne le 20 mai dans le cadre de sa politique « verte ». « Les animaux d’élevage valorisent tous les coproduits issus de l’agroalimentaire et des énergies renouvelables donc, si nos animaux de rente ne s’occupaient pas à consommer les coproduits de toutes les formes de consommations dont celle des vegans, ces derniers ne pourraient prétendre à un statut réellement durable de leurs préférences alimentaires » rappelle Alexandre Doring, secrétaire général de la Fefac. Pour lui, l’industrie de l’alimentation animale européenne a montré sa capacité à sécuriser la chaine alimentaire durant la crise Covid-19 malgré des situations difficiles. Elle y est notamment parvenue en travaillant en étroite coopération avec les principaux acteurs de la chaine logistique et la Commission Européenne. La Fédération est aussi parfaitement d’accord avec cette dernière sur le rôle central de la Politique Agricole Commune comme mécanisme clé pour la production d’aliments surs, durables et accessibles économiquement pour les consommateurs européens. Elle partage par ailleurs ses ambitions en matière de maîtrise du changement climatique en pointant son efficacité nutritionnelle (les élevages peuvent produire plus avec moins d’aliments). 

La Fefac veut que le soja reste accessible s’il est durable 

Mais les producteurs d’aliments pour animaux sont très inquiets des injonctions contradictoires que contient selon eux le projet Farm to Fork/Biodiversité. « Nous insistons sur l’importance d’une étude d’impact approfondie avant que ne soit prise la moindre réglementation spécifique. Nous pensons que cette approche est cruciale pour assurer la cohérence entre les niveaux européen et nationaux, en particulier pour les objectifs européens d’une augmentation de la production et de la compétitivité de protéines végétales dans l’Union. » La Fefac en profite pour rappeler ses actions en faveur du soja durable notamment la méthode développée pour mesure les performances environnementale des aliments pour animaux, validée en 2018 par la Direction Générale de l’environnement et 28 Etats Membres. Le soja « responsable » doit désormais répondre à 57 critères autour des bonnes pratiques agricoles, environnementales et sociales, critères qui s’appliquent à toutes les formes de soja (OGM ou non OGM, Bio etc). « Les guidelines pour l’approvisionnement en soja de la Fefac ont facilité la transformation de la chaine d’approvisionnement européenne en soja. Et un nouveau module sur la soja produit sans déforestation est en cours de préparation » souligne son président Nick Major. 

Les plus lus

Collecteurs et utilisateurs sont deux maillons de la chaîne qui ne se connaissent pas, en raison de l’existence d’intermédiaires, les exportateurs en l'occurence.
Commercialisation des céréales : embellie pour les exportations françaises sur la campagne 2025-2026

Lors de son conseil spécialisé Grandes cultures du 13 mai 2026, FranceAgriMer a jugé que la dynamique des exportations…

<em class="placeholder">péniche sur l&#039;eau</em>
Fret fluvial : le trafic agricole sur le bassin de la Seine devrait repartir en 2026, après un recul en 2025

Le transport fluvial sur le bassin de la Seine s’est montré résilient en 2025, malgré la mauvaise récolte céréalière de 2024…

<em class="placeholder">Granulé d&#039;engrais.</em>
Prix des engrais : les hausses se poursuivent dans un contexte toujours incertain au Moyen-Orient

La hausse des cours des engrais sur le marché physique français limite la demande.

<em class="placeholder">Evolution mensuelle des livraisons d&#039;engrais azotés selon les campagnes</em>
Engrais azotés : forte augmentation des livraisons et des prix sur 2025-2026, dopée par le MACF
Malgré une augmentation des prix des engrais azotés de 14 % environ sur la campagne en cours, les livraisons sont en hausse…
<em class="placeholder">Coupe de luzerne dans la Marne.</em>
Luzerne déshydratée : la culture retrouve une dynamique positive en 2025-2026
Après une campagne 2024-2025 difficile, la filière luzerne déshydratée dresse un premier bilan favorable de la campagne 2025-2026…
Graphique prix blé orge maïs France au 11 mai 2026
Marché des céréales du 11 mai 2026 –  Des hausses de prix en blé et maïs confortées par le renchérissement du pétrole

L’évolution des prix du colza et du tournesol français entre le 8 et le 11 mai 2026, expliquée par La Dépêche-Le Petit Meunier…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne