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Conjoncture / productions animales
Le secteur de l’aviculture connaît une consommation en demi-teinte

Depuis le début de l’année, les filières avicoles françaises doivent concilier hausse des coûts de production et morosité de la demande.

Une fois n’est pas coutume, les filières avicoles françaises subissent la morosité économique ambiante. Les ménages sont plus frileux dans leurs dépenses, en particulier alimentaires. Les volailles ne sont cependant pas les plus à plaindre. Leurs prix en rayon demeurent plus attractifs que ceux du bœuf, du veau ou de l’agneau. De quoi limiter la désaffection des consommateurs. Ainsi, sans être en net repli, les achats en grande distribution peinent à se maintenir depuis le début de l’année. Selon les derniers relevés du panel Kantar, ils ont reculé de 0,2 % en cumul de janvier à la mi-avril comparé à la même période de 2011. Toutes les espèces ne sont toutefois pas logées à la même enseigne. Le poulet, pourtant plébiscité par nos concitoyens, recule (-1,2 %), tandis que le canard (+8,5 %) et la pintade (+1,4 %) renouent avec la croissance. À l’inverse, avec des achats en repli de 3,9 %, la dinde continue de céder du terrain. Le manque d’entrain du commerce est également de mise pour les élaborés de volaille, dont les achats se révèlent tout juste stables (-0,5 %).

Des volumes diversement orientés
L’évolution de l’offre est tout aussi contrastée. Globalement, les abattages français de volailles de chair se sont effrités de 0,6 % au premier trimestre 2012 comparé à la même période de 2011. Le poulet joue la carte du maintien : 195,7 millions de têtes ont été abattues, soit 0,5 % de plus que l’an dernier. Mais avec un poids moyen des carcasses en repli de près de 1 %, notre production ne s’élève plus qu’à 252.327 tonnes, soit 0,6 % de moins en un an. En revanche, l’heure est au développement des volumes de canards (+2,2 % à 18,7 millions de têtes, et +2,0 % à 57.322 tonnes). En dinde, si notre production chute de 5,9 % en nombre d’animaux, elle est assez stable en tonnage (-0,8 %) en raison d’une hausse de 5,4 % des poids moyens de carcasses, à 7,72 kg.

Gérer la hausse des coûts de production
Dans ce contexte de demande nationale plus limitée et de production stable à légèrement baissière, l’aviculture française doit faire face à une hausse sensible de ses coûts de production. D’un côté, les cours de l’énergie sont élevés. De l’autre, les prix de l’aliment reprennent de l’altitude depuis le début de l’année, après une courte période d’accalmie sur la fin 2011. Selon l’Institut technique de l’aviculture, les indices du coût des matières premières entrant dans l’aliment des volailles se sont installés en avril à 174,51 pour le poulet, 174,55 pour la dinde et 178,15 pour le canard (base 100 en janvier 2006). Ils dépassent ainsi de 3,4 à 3,5 % leur niveau de mars. S’ils sont inférieurs à leur record du début 2011, ils n’en demeurent pas moins très élevés.
Chaque filière tente donc de ménager la chèvre et le chou. La hausse des coûts de production incite à revaloriser les prix à tous les maillons de la filière, y compris au détail. Cela doit néanmoins se faire avec prudence, toute hausse démesurée des prix au consommateur pouvant pénaliser les achats des ménages, déjà peu soutenus. Une autre piste de travail est la relance de la consommation. C’est dans cet objectif que les organisations professionnelles ont mis en place des actions communes sur l’ensemble de l’année : campagnes publicitaires grand public, campagne B to B, relations presse, présence sur le web, lancement d’un nouveau logo “Volaille française”.
A noter que la filière dinde souhaite également regagner en compétitivité. Selon le Comité interprofessionnel de la dinde française (Cidef), de nouveaux itinéraires techniques sont actuellement testés. Selon Gilles Le Pottier, délégué général du Cidef, cela devrait se traduire par « des bâtiments plus performants, des investissements productifs et un contexte administratif constructif », qui pourraient se concrétiser d’ici 2013 ou 2015.

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