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Céréales / UE
Le marché à terme de l’orge de brasserie est en bonne voie

Quand l’ensemble d’une filière voit ses régulations publiques s’estomper, la création d’un marché à terme aide à gérer le risque prix

LA FILIERE BRASSICOLE est, dans l’en­semble, demandeuse d’outils de régulation du marché. C’est d’ailleurs ce qui a motivé Lionel Porte, chef de produits, Liffe, Nyse Euronext, à participer à la création d’un marché à terme des orges de brasserie.

La volatilité et la dérégulation à l’origine de la création d’un marché à terme
    Lionel Porte, qui travaille sur la création d’un marché à terme de l’orge de brasserie depuis 2008, explique que « suite aux fortes variations subies par les opérateurs du marché des orges de brasserie entre 2007 et 2008, la couverture de leurs activités sur le marché à terme du blé tendre n’a plus été possible tant les corrélations étaient éloignées. » La filière ne disposant pas de ses propres outils de couverture, les opérateurs ont eu du mal à conserver leurs marges. Ils se sont donc réunis afin de solliciter Euronext et créer un marché à terme de l’orge de brasserie. La réflexion, lancée début 2008 à l’initiative de la filière et des responsables d’Euronext, réunit autour de la table les responsables d’organismes stockeurs, des courtiers du marché physique, les négoces, les malteurs et les brasseurs.
    Lors de la création d’un marché à terme, « il est souhaitable que l’ensemble de la filière soit représenté », déclare Lionel Porte. En tout, une quarantaine de professionnels ont participé, depuis le début, à des réunions organisées par Euronext afin de définir les caractéristiques de ces contrats.

Une nécessité de régulation prévisible
    La déstabilisation des marchés s’est faite en deux temps. En premier lieu, la baisse constante des prix d’intervention sur l’ensemble des céréales, ayant pour objectif de ramener les prix agricoles européens au niveau des cours mondiaux, a incité les opérateurs à se doter d’outils de gestion du risque prix, tels que les marchés à terme. Dans un second temps, la volatilité des prix observée ces dernières années a rendu plus difficile aux coopératives la constitution d’un prix moyen satisfaisant pour leurs adhérents. De plus, les coopératives qui contractualisaient avec les acheteurs sur des périodes longues, deux ou trois ans, n’ont plus été en mesure de se positionner aussi loin, toujours à cause de l’impact de la volatilité sur les prix.
    Le marché à terme des orges de brasserie devrait permettre de marquer des prix à plus long terme et de pérenniser l’activité de l’ensemble des opérateurs de la filière. Il est donc normal que la demande d’un tel outil émane plutôt des coopératives et des malteurs en Europe souhaitant plus de transparence et de visibilité à long terme sur leurs coûts et recettes. La France, l’un des grands producteurs d’orge brassicole, avec 5 Mt disponibles en 2009, ainsi que d’autres grands pays producteurs ou consommateurs tels que l’Allemagne ou la Grande Bretagne, sont intéressés par la création de ce marché à terme.

Un consensus sur les critères
    Le sous-jacent de ce nouveau contrat à terme de l’orge brassicole se base sur l’Incograin numéro quinze. Cependant, les critères de germination et d’humidité ont fait l’objet d’un consensus entre vendeurs et acheteurs, dont les qualités recherchées n’étaient pas forcément équivalentes. Ainsi, les critères retenus portent sur des taux de germination minimum de 95 %, d’une humidité de 14,5 % au maximum, et de taux de protéines de 11,5 % maximum. Le calibrage des grains devra être à 90 % supérieurs à 2,5 mm. Chaque contrat portera sur un volume de 50 t pour des orges de brasserie d’origine europé­enne. Deux variétés de printemps à deux rangs sont retenues pour ces contrats, une anglo-scandinave et une française. Ces variétés pourront évoluer en fonction des années, et seront déterminées dans les contrats 18 mois avant les récoltes. Les échéances des contrats peuvent aller jusqu’à deux ans et sont cotées en euros. Les points de livraisons, sur lesquels se négocieront ces contrats, pourraient être Gand et Anvers afin d’assurer une équité en terme de fret pour l’ensemble des opérateurs européens. Ils pourront ainsi indexer leurs prix à l’ensemble des points de collecte ou de livraison.
    Entre 2008 et 2009, les achats de contrats blé sur Euronext ont progressé de 34 % et de 181 % pour les options adossées. Ceci peut s’expliquer par la volonté des opérateurs de se doter de nouveaux outils de gestion du risque prix face à la dérégulation des politiques de soutiens.

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