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Coproduits
“Le fabricant d’aliments ne valorise pas de déchets”

La Dépêche - Le Petit Meunier : La réglementation en vigueur depuis le 1er janvier 2012 concernant l’obligation de recyclage des biodéchets par les industriels de l’agroalimentaire influe-t-elle sur votre politique d’approvisionnement ?
Valérie Bris :
Il est trop tôt pour le dire. Il faudrait déjà faire un état des lieux des volumes de coproduits issus de la deuxième transformation et valorisés en alimentation animale, pour étudier dans un second temps leur évolution. Une “Enquête sur les gisements et la valorisation des coproduits issus de l’agro-industrie en 2008” a été menée par Réséda(1), auquel nous adhérons, avec un cofinancement de l’Ademe. Elle donne un premier chiffrage de ce qui est disponible et valorisable en alimentation animale, mais des pans entiers du secteur agroalimentaire n’y ont pas répondu. Aussi serait-il intéressant d’intégrer les coproduits des industries agroalimentaires dans l’enquête triennale du SSP(2) sur les “Matières premières dans les aliments composés pour animaux de ferme”, qui doit être mise en place courant 2013 (sur des chiffres 2012 pour parution 2014). Cette enquête exhaustive, auprès de tous les fabricants d’aliments pour animaux, nous permettrait d’avoir des données précises en la matière.

LD-LPM : Tout biodéchet issu de la seconde transformation peut-elle être utilisé en alimentation animale ?
V. B. :
Non, les fabricants d’aliments pour animaux ne valorisent pas de déchets. Pour qu’un produit issu de l’industrie agroalimentaire puisse être déclaré propre à la consommation animale, il faut qu’il respecte le règlement (CE) 183/2005 relatif à l’hygiène des aliments pour animaux (HACCP, analyse et maîtrise des risques, traçabilité, etc.), dans la logique du paquet Hygiène “feed and food” applicable depuis le 1er janvier 2006. Dans ce cadre, un gros travail a été effectué par l’Ania, avec l’expertise de Réséda, qui a abouti à l’édition en 2006 d’un guide de bonnes pratiques. Ce dernier a été retravaillé en 2011 sur le fond (remise à jour réglementaire) et la forme (arbre de décision se reportant à des fiches techniques), et publié sous le titre “Outil d’aide à la valorisation de coproduits en alimentation animale”. Les industriels de l’agroalimentaire connaissent les risques en alimentation humaine, mais pas forcément en alimentation animale. Un procédé qui pourrait paraître sans conséquence en alimentation humaine, puisqu’intervenant sur le coproduit, peut avoir des conséquences sur la qualité et l’utilisation des matières premières pour l’alimentation animale.

(1) Réseau de professionnels pour conforter la sécurité sanitaire des denrées d’origine animale. (2) Service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agriculture.

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