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Production / Blé
Le blé US ne fait plus recette

Quand les surfaces en blé américaines diminuent, le soja et le maïs prennent de l’ampleur

LA BAISSE des surfaces cultivées en blé aux États-Unis montre le désintérêt croissant des farmers pour cette culture. Michel Ferret, du service marchés et filières de FranceAgriMer, qualifie même de « production de niche » la poacée américaine. La multiplication des débouchés du soja et du maïs permet de maintenir des prix rémunérateurs pour les agriculteurs.

La fin des aides publiques a entraîné une orientation des productions par le marché
C’est suite aux réformes du Farm Bill, entraînant le découplage des aides à la production à partir de 1995, que les producteurs américains ont été incités à se tourner vers le marché pour déterminer leurs assolements. Sophia Murphy, consultante de l’Institute for agriculture and trade policy, dénonce d’ailleurs la baisse des prix agricoles engendrée par le retrait des aides étatiques ayant laissé le champs libre aux géants de l’agroalimentaire, tels que Cargill, ADM, Bunge ou Zen-Noh (coopérative japonaise achetant des céréales américaines). Selon elle, « ces grands groupes orientent par les prix les productions américaines. Et leur concentration a favorisé la création d’un marché oligopolistique où peu d’acheteurs fixent les prix face à une multitude d’offreurs. Pire, les concentrations s’opèrent au sein même des filières avec une intégration de l’amont par l’aval. L’État soutient les revenus des producteurs, mais ne lutte pas contre les concentrations sur les marchés ».

Une demande mondiale en mouvement
Si les échanges de blés sont attendus en repli au niveau mondial sur 2009/10, la hausse des productions porcines et bovines aux États-Unis, notamment à destination du marché chinois, devrait soutenir les prix du soja et du maïs. En effet, Sophia Murphy souligne « qu’une demande croissante en produits animaux au niveau mondial a participé à l’expansion des cultures de soja. Pour le maïs, du soutien a été trouvé du coté des industriels de la confiserie dont la demande en isoglucose a explosé en raison de prix plus compétitifs que les sucres d’autres origines ». Enfin, l’essor plus récent des biocarburants a appuyé cette tendance. Ainsi, les surfaces en maïs et soja ont progressé au détriment de celles semées en blé aux États-Unis, culture pour laquelle les exportations s’amenuisent. D’ailleurs, selon l’U.S wheat associates, les stocks mondiaux en blé au début de la campagne 2009/10 étaient au plus haut depuis huit ans, en hausse de 35 % par rapport à 2008/09, à 43 Mt. Ceci s’explique par une augmentation des productions en Iran, au Maroc, au Pakistan ou en Turquie, pays dans lesquels les productions locales se développent, et où les importations se tassent. Les exportations américaines de blé en pâtissent et sont attendues en baisse de 5,2 Mt sur 2009/10 à 22,5 Mt. Sur la même année, les échanges mondiaux de blé devraient baisser de 13 %, soit de 19 Mt, pour s’établir aux alentours des 124 Mt, toujours selon l’U.S wheat associates.

Conséquences sur les surfaces aux USA
« L’agriculture américaine est différente selon les régions. Par exemple, l’ouest du Kansas ou l’est de l’état de Washington sont propices au blé, alors qu’un cultivateur de l’Iowa considérera la céréale comme secondaire au bénéfice des cultures ayant de bons potentiels locaux » fait remarquer Steve Mercer, directeur de la communication de l’US wheat associates. Cependant, il admet « une nette tendance à la baisse des surfaces en blé sur l’ensemble des Etats-Unis, - 23 % entre 1990 et 2010, alors que sur la même période celles en maïs progressent de 35 % et de 30 % pour le soja ». Enfin, des spécialistes tels que Nick Shauer, du service statistique de l’USDA, insistent sur le fait que « les biotechnologies ont permis aux cultures de maïs et de soja d’être cultivées dans des régions ou cela n’était pas possible auparavant ».

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