Aller au contenu principal

Industrie
L’amidonnerie française se maintient, mais craint les législations à venir

Une filière qui manque de lisibilité pour se développer pleinement, et dont les évènements sont souvent à double tranchant.

LA PRODUCTION D’AMIDON française est globalement stable sur la campagne 2011/2012 à 3,5 Mt, soit près du tiers de la production de l’UE (10 Mt). On observe une petite baisse en blé (-100.000 t), mais le maïs s’est bien tenu (2,2 Mt) « Après l’important recul de l’activité en 2008/2009, et son rebond l’année d’après, la production a atteint un palier en 2011/2012 », commente Jean-Luc Pelletier, délégué général de l’Usipa.

Incertitudes réglementaires
    L’amidonnerie est très sensible au contexte de volatilité des prix des céréales (blé et maïs) et  de hausse des cours de l'énergie, puisque c’est l’un des secteurs les plus énergivores de l’industrie. Les usines étant spécifiques d’une matière première donnée, les possibilités de substitution sont nulles. Roquette et Tereos ont fait le choix de diversifier leurs approvisionnements. Tereos s’est notamment lancé dans la pomme de terre fin 2011. Mais cette stratégie nécessite des investissements importants, ce qui n’est pas évident pour les industriels, dans un cadre réglementaire mouvant et aux dates parfois imprécises.
    Depuis le 1er juillet 2012, la féculerie se retrouve sans régime réglementaire spécifique à Bruxelles. Le système d’aides couplées, les quotas de production et le système de prix minimums versés par les féculiers aux producteurs ont disparu. « Pour l’instant, le nombre d’agriculteurs se maintient, mais dans un contexte de découplage des aides au revenu. Les féculiers sont attentifs au risque de désaffection vis-à-vis de cette production.»
    Le quota de production d’isoglucose, mis en place dans les années 70 et fixé jusqu’à présent à 700.000 t, devrait disparaître avec la Pac 2014-2020. La Commission européenne a proposé qu’il disparaisse en 2015. Cette proposition est soutenue  par les amidonniers, mais des discussions sont en cours au Parlement, certains acteurs n'étant pas d'accord. « Cela pourra générer des opportunités pour notre secteur, mais la décision est encore trop incertaine. »

Ne pas baisser la garde à l’international
    D’autre part, l’amidonnerie est très vulnérable aux discussions internationales. L’accord de libéralisation des échanges avec le Canada, voisin des États-Unis, actuellement en cours de finalisation, inquiète particulièrement la filière. « Cela pourrait donner un avantage de plus aux États-Unis, qui ont notamment la liberté de produire autant d’isoglucose qu’ils veulent, un marché qu’ils ont beaucoup développé dans les années 70. » Les États-Unis et la Chine sont les grands concurrents de la France hors Europe. Sur une production mondiale de plus de 70 Mt, la Chine et les États-Unis totalisent plus de 50 Mt. La Chine développe de façon importante son amidonnerie, et en particulier sa féculerie en cherchant à s’approvisionner localement. « Néanmoins, comme sa consommation d'amidon augmente en parallèle, cette situation ne nuit pas tant que ça à nos exportations. »
    La chimie du végétal reste un facteur d’équilibre pour le développement de l’amidonnerie.  Il y a une bataille “ mondiale ” pour gagner des parts de marché dans ce nouveau secteur, dans l’anticipation d’un renchérissement du prix du pétrole. Tout l’enjeu est de savoir où les industries vont investir.

Les plus lus

Collecteurs et utilisateurs sont deux maillons de la chaîne qui ne se connaissent pas, en raison de l’existence d’intermédiaires, les exportateurs en l'occurence.
Commercialisation des céréales : embellie pour les exportations françaises sur la campagne 2025-2026

Lors de son conseil spécialisé Grandes cultures du 13 mai 2026, FranceAgriMer a jugé que la dynamique des exportations…

<em class="placeholder">péniche sur l&#039;eau</em>
Fret fluvial : le trafic agricole sur le bassin de la Seine devrait repartir en 2026, après un recul en 2025

Le transport fluvial sur le bassin de la Seine s’est montré résilient en 2025, malgré la mauvaise récolte céréalière de 2024…

<em class="placeholder">Granulé d&#039;engrais.</em>
Prix des engrais : les hausses se poursuivent dans un contexte toujours incertain au Moyen-Orient

La hausse des cours des engrais sur le marché physique français limite la demande.

<em class="placeholder">Evolution mensuelle des livraisons d&#039;engrais azotés selon les campagnes</em>
Engrais azotés : forte augmentation des livraisons et des prix sur 2025-2026, dopée par le MACF
Malgré une augmentation des prix des engrais azotés de 14 % environ sur la campagne en cours, les livraisons sont en hausse…
Graphique prix blé orge maïs France au 11 mai 2026
Marché des céréales du 11 mai 2026 –  Des hausses de prix en blé et maïs confortées par le renchérissement du pétrole

L’évolution des prix du colza et du tournesol français entre le 8 et le 11 mai 2026, expliquée par La Dépêche-Le Petit Meunier…

Marché des céréales des 30 avril et 1er mai 2026 : les prix du blé et du mais marquent une pause sur Euronext mais progressent sur le CBOT

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 29 avril et le 1er mai 2026, expliquée par La Dépêche-Le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne