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Production / Climat
La sécheresse sur le nord et l’ouest de la France soutient les prix

Après un hiver tardif et rigoureux, le déficit hydrique touchant les zones de productions dans l’Hexagone inquiète les opérateurs quant aux disponibilités et aux dates de leur arrivée sur le marché

LES INQUIETUDES des agri­culteurs et opérateurs français face au manque d’eau touchant le nord et l’ouest de l’Hexagone ont profité aux prix des matières premières agricoles. Outre un hiver long, qui laissait déjà présager de retards sur les dates de récoltes, un déficit hydrique printanier, alors que la période critique de la floraison du blé se profile, impacte à la baisse les perspectives de rendements dans certaines régions.

Des rendements en berne avec une année climatique atypique
    La plupart des producteurs et techniciens des régions ouest et septentrionales de l’Hexagone témoignent d’un climat qui n’a pas été favorable aux cultures cette année. Dans le Nord, les agriculteurs parlent déjà de retards de quinze jours pour les récoltes de céréales, en raison d’un hiver qui a traîné, et d’un printemps sec. Ceci pourrait entraîner des pertes de rendements de 10 % par endroits en comparaison avec l’année dernière. En ce qui concerne la partie ouest, les chambres d’agriculture font état d’une baisse de 30 à 35 % de la production de céréales sur les terres les plus sèches. Dans l’Yonne, les zones ayant le plus souffert de la sècheresse pourraient voir les productions de blé décroître de 15 %. Ces estimations pessimistes ont eu tendance à tendre le marché et à faire progresser les prix des grandes cultures. De plus, une compétitivité accrue des exportations européennes suite au repli de l’euro laisse présager d’une fin de campagne moins lourde que prévue. FranceAgriMer a d’ailleurs récemment allégé ses estimations de stocks de fin de campagne en blé tendre à 2,7 Mt, en maïs à 2,6 Mt et en orge à 3,5 Mt. Mais la France n’est pas la seule à être touchée. Cécile Tartarin, chef de produit “suivi des cultures” chez Geosys, confie d’ailleurs qu’une large partie est de l’Ukraine aurait aussi subi un déficit hydrique selon leurs derniers relevés cartographiques.

De nouveaux outils pour analyser les risques climatiques en agriculture
    La carte agroclimatique fournie par Geosys, expert dans la gestion et la fourniture de bases de données géographiques, montre qu’une grande partie du nord de la Loire ainsi que le Grand Ouest souffrent d’un déficit hydrique prononcé. La mesure des précipitations brutes comparée à celle de l’évapotranspiration permet d’établir un bilan hydrique cartographié, comme celui présenté ci-dessus. « On peut déjà penser que les niveaux de production pour la prochaine campagne seront inférieurs à ceux des deux dernières années », estime Cécile Tartarin. Elle signale d’ailleurs que « Geosys propose désormais un service d’accompagnement payant permettant l’interprétation des cartes de végétation. » Ce service d’experts en ligne donne droit à des conseils agronomiques en temps réel suite à l’analyse de la relation végétation/climat. Un système d’alertes agroclimatiques a aussi été mis en place afin de prévenir les risques liés au manque de précipitations ou à de basses températures.

La floraison, une étape cruciale dans la formation des rendements
« Lors de la floraison, les pics de végétation permettent de mieux estimer la couverture végétale par satellite, ainsi que l’activité photosynthétique des plantes, plus ou moins intense en fonction de leur alimentation en eau », affirme Cécile Tartarin. La réflectance infrarouge des champs permet ainsi d’évaluer l’activité photosynthétique. Les ondes proches infrarouges donnent une estimation de la couverture végétale au sol. Ces données sont mesurées tous les dix jours et sont suivies de près lors de la floraison. « En effet, si les températures passent en dessous des 4°C lors de la méiose, il y a des risques de gelées et donc de stérilité ; les abonnés ont ainsi reçu des cartes d’alerte par mail ,» explique Cécile Tartarin.

Plusieurs offres pour différents profils d’utilisateurs
    « Deux produits sont proposés, AgriLynx, qui, au niveau français, pourvoit une information utile pour les coopératives, les assureurs ou les ministères. AgriQuest, qui donne un aperçu, à l’échelle mondiale, des conditions climatiques des grands bassins de production est, quant à lui, plus utilisé par les opérateurs internationaux ou les traders en matières premières agricoles », relate Cécile Tartarin.

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