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Non-alimentaire
« La production de bioplastiques pourra enfin passer à l'étape industrielle »

La Dépêche-Le Petit Meunier : La ministre de l'Écologie a fait adopter la fin des sacs plastiques non réutilisables à compter de janvier 2016. Elle souhaite encourager la production de sacs biosourcés ou compostables. Comment accueillez-vous ces initiatives ?

Christophe Doukhi-de Boissoudy, président du Club des bioplastiques : Par un grand remerciement ! Cela est porteur de beaucoup d'espoir pour notre secteur. Une première loi en ce sens, datant de 2006 et applicable en 2010, avait permis de développer les entreprises en France. Des millions d'euros ont été investis. Après plusieurs reports, nous attendions, enfin, la publication d'un décret d'application pour une entrée en vigueur en 2014. Il n'est jamais sorti, laissant les opérateurs dans l'impossibilité de lancer la production industrielle. Une vraie désillusion !

Le soutien apporté par Arnaud Montebourg n'avait jusqu'ici pas d'écho du côté de l'Écologie. Le positionnement de Ségolène Royal est un gage de sécurité.

LD-LPM : Quelles perspectives ouvrent-elles ?

C. D. B. : La France est le pays européen voire mondial – l'UE étant à la pointe –, comptant le plus d'acteurs dans ce domaine. Mais elle est l'un des derniers consommateurs. La mesure de Ségolène Royal, outre le fait de répondre à une exigence environnementale, va permettre de démarrer la production à l'échelle industrielle, mais aussi de relocaliser la fabrication de sacherie, concentrée en Asie. Plus de 95 % des emballages de fruits et légumes et 70 % des sacs de caisse, utilisés en France, sont importés.

LD-LPM : Que représentent ces débouchés pour l'industrie du bioplastique ?

C. D. B. : Il faut 1 t de maïs pour produire 1 t de résine, composant unique des sacs. Or 35.000 à 40.000 t de sacs “Fruits et légumes” et environ 20.000 t de sacs de caisse sont utilisés en France… Cette résine obtenue est donc partiellement biosourcée, le reste est constitué d'un autre polymère, ou monomère, biodégradable et compostable, mais d'origine fossile. Bien entendu, les plastiques habituels n'ont pas recours à nos produits.

LD-LPM : Qu'espérez-vous désormais ?

C. D. B. : Un vote, le plus tôt possible. Le seul regret est que la mesure soit encore repoussée de deux ans. Nous espérons être soutenus pour l'avancer au 1er juillet 2015. Il est nécessaire de récompenser les efforts de la filière !

Et il ne faut pas laisser l'opportunité à nos concurrents internationaux de prendre la place sur le marché. Il faudrait aussi que le compostage domestique fasse l'objet d'une norme. Mais, un travail de normalisation pouvant prendre plusieurs années, cela pourrait rallonger d'autant la mise en application de la mesure de Ségolène Royal. Surtout sur ce sujet qui dépend de la pratique de chacun, de la saison et du climat.

(*) : Club Bioplastiques regroupe, pour l'amont, l'AGPB, l'AGPM et l'UMPT. L'Usipa et Roquette, qui produit aussi de la résine, représentent la première transformation. Pour les fabricants de résine, le Club compte Bio-lice, marque de Limagrain, Biotec intégré dans le groupe Sphere, également numéro 1 européen des emballages ménagers, Végéplast, BASF et Novamont. Autres représentants de la plasturgie : Sphère, naturellement, Barbier, un des leaders européens de l'emballage, des sacs de caisse et fruits et légumes, ECS et Bagherra, société spécialisée dans la fabrication et la commercialisation des sacs biodégradables et compostables.

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