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Géopolitique/Economie
La nutrition animale reconnue comme stratégique, dans le cadre du conflit armé Russie / Ukraine

Déjà très impactée par la flambée des cours de ses matières premières, la nutrition animale est reconnue par le Conseil des ministres de l’Agriculture et le Commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, comme un des trois secteurs les plus impactés par la guerre en Ukraine.

Le commissaire européen chargé de l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a rappelé que l’UE « doit soutenir l’Ukraine car il en va aussi de notre liberté ».
© Commission européenne

A l’issue du conseil informel exceptionnel des ministres de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’UE, que Julien de Normandie présidait le 2 mars, le ministre français de l'Agriculture a cité la nutrition animale comme l’un des trois secteurs les plus impactés par la guerre Russie/Ukraine, avec l’énergie et les engrais. Et cela, sur les deux éléments que sont les protéines et les céréales. Un appui spécifique à la nutrition animale a même été évoqué.

Le ministre français et le commissaire européen chargé de l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, ont d’abord rappelé que l’UE « doit soutenir l’Ukraine car il en va aussi de notre liberté ».

Outre l’aspect humanitaire, l’impact du conflit va se faire sentir dans l’UE même, en premier lieu en Pologne et dans les pays baltes. L’Ukraine réalise 10 % de ses exportations dans les pays qui sont ses plus proches voisins et importe également leurs produits.

Trois mesures devraient être actionnées à court terme en sus de l’aide alimentaire : la mobilisation des groupes d’experts ad hoc sur les mesures de soutien notamment pour l’élevage (porcs et volailles en priorité) ; la mise en œuvre de mesures de marché tels que le stockage privé pour la viande de porc et les réserves de crise afin de soutenir les prix en élevage face à l’explosion des cours des matières premières de la nutrition animale ; la libération du potentiel de production de l’UE avec, à confirmer, la mise en culture des jachères pour produire des protéines pour la nutrition animale. « Elles ont en plus un bénéfice environnemental », rappelle Julien de Normandie. Le Commissaire et plusieurs des ministres européens y sont favorables, mais c’est à la Commission européenne de prendre rapidement une décision. Elle est attendue dès cette semaine après une réunion programmée le 8 mars. Le Conseil agricole européen, prévu pour le 21 mars, devrait préciser les mesures et les conditions de leurs mises en œuvre.

A moyen terme, l’UE doit « asseoir sa souveraineté alimentaire », explique Julien de Normandie. Le commissaire européen insiste sur le fait que toutes les mesures qui seront prises doivent l’être dans le respect des cadres fixés par l’UE à l’issue de consensus entre Etats membres comme la stratégie Farm to Fork et, bien sur, la PAC. Il pourrait notamment s’agir de reconsidérer l’impact de l’objectif de 25 % de production bio sur la souveraineté alimentaire de l’UE. « Il faut donner des perspectives à plus long terme aux filières qui souffrent le plus », souligne le commissaire européen. Il insiste sur le besoin d’une vision globale : « Nous devons voir avec la FAO qui est compétente sur les sujets de l’alimentation au niveau mondial, comment par exemple livrer des denrées alimentaires à l’Ukraine sans réduire nos livraisons aux pays du Moyen Orient et du nord de l’Afrique afin de ne pas créer une nouvelle crise et augmenter les flux migratoires ».

 

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