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Orges de brasserie
La liste des variétés d’hiver préférées des malteurs et brasseurs s’amenuise

Alors qu’aucune nouvelle variété n’a reçu les palmes tant convoitées du CBMO, les orges d’hiver rentrent en force dans le processus de tests.

« Avec la radiation de cartel, nous avons un réel besoin de nouveau matériel en orge d’hiver », insiste Jean-Philippe Jelu, vice-président du Comité Bière Malt Orge (CBMO) et directeur opérationnel des Malteries Soufflet. « En orge d’hiver, nous avons du matériel très vieillissant en “variétés préférées”, avec Arturio, Azurel et Esterel. » Pour accélérer le mouvement, « nous effectuons sur la même récolte la sélection des variétés et le passage en pilote » afin de tester leur qualité technologique. Alors qu’en printemps, les “variétés admises en validation technologique” ne passent en pilote que la récolte suivante. Résultat, cette année, pas moins de huit variétés d’orge d’hiver sont passées au crible et six ont directement été inscrites en “étape 1” des “variétés en observation commerciale et industrielle”.

Les hivers Cargo, Atlantick et Gigga recalés
    Les orges d’hiver retenues pour poursuivre les tests technologiques de maltage et de brassage sont Cassiopée / Daniela / Sy Tepee pour les 2 rangs et Casino / Etincel / Isocel pour les 6 rangs. « Les variétés Cargo et Atlantic, qui sont inscrites sur la liste à orientation Brasserie du CTPS et ont passé les tests pilotes IFBM, n’ont pas donné satisfaction et ont été éliminées du carton sans jamais y être apparues », précise Jean-Philippe Jelu. Au total, avec Salamandre et Passerel, ce sont huit variétés d’orge d’hiver qui sont dans les tuyaux. « C’est une bonne chose. Mais rien ne dit que toutes passeront les étapes d’observation, car il faut attendre les validations au stade industriel des malteurs et des brasseurs. »
    Gigga en a fait la triste expérience. Inscrite en “étape 2” des “variétés en observation commerciale et industrielle”, cette orge d’hiver n’a pas été retenue en tant que “variété préférée” car elle ne répond pas à toutes les attentes fonctionnelles de fabrication des malteurs et des brasseurs. « Elle a en effet présenté chez certains industriels des soucis au moment du brassage », précise le dirigeant des Malteries Soufflet.
    Elle était pourtant très attendue pour étoffer la catégorie reine des “variétés préférées”, après que Cartel ait été évincée de la liste relative à la récolte 2013. Cette orge d’hiver, aux qualités technologiques irréprochables, n’atteint plus, faute d’un réel intérêt du marché, les quotas de surfaces de production de semences requis. « Ce critère évite d’accumuler des variétés en perte de vitesse sur le carton et de perdre en lisibilité », argumente Jean-Philippe Jelu.

Les printemps KWS Irina, Odyssey et Overture sélectionnées...
    Concernant les orges de printemps, les quatre variétés admises l’année dernière en validation technologique ont réussi leur examen de passage : Explorer / Natasia / Shandy / Traveler sont passés en “étape 1” des “variétés en observation commerciale et industrielle”. Elles ont laissé place dans la catégorie des “variétés admises en validation technologique” à KWS Irina / Odyssey / Overture. Ces dernières ont été choisies au vu de leur qualité brassicole, définie par micro-maltage (de l’ordre du kilogramme), mais également de leur potentiel agronomique. « Nous ne recherchons pas l’agronomie à tout prix mais il faut qu’elles répondent à un minimum de rendement », explique le représentant du CBMO.
    Quant à la variété de printemps Scrabble, elle  n’a pas été reçue en “étape 2” des “variétés en observation commerciale et industrielle”. « Les agronomes, malteurs et brasseurs du CBMO ont en effet jugé que cette variété n’avait pas d’avenir économique évident en l’absence de production de semences. Il était donc inutile de la tester davantage », souligne son représentant.

... Grace et Sunshine en sursis
    Les variétés de printemps Grace et Sunshine ont eu plus de chance, puisque le CBMO a décidé de les maintenir en “étape 2” des “variétés en observation commerciale et industrielle” afin de leur permettre d’atteindre leur objectif en terme de surfaces de multiplication et de production. « Elles ont encore du mal à supplanter leurs concurrentes, commercialement parlant, mais elles satisfont pleinement aux critères technologiques requis. » Cependant, l’année prochaine, « si elles ne répondent pas aux critères commerciaux, elles n’intégreront pas les “variétés préférées” et seront éjectées du processus de test », conclut Jean-Philippe Jelu.

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