Aller au contenu principal

La France élabore sa parade juridique pour interdire la culture de maïs OGM

La commission de l'Agriculture du Parlement UE rejette les propositions de Bruxelles

La commission de l'Agriculture du Parlement UE rejette les propositions de Bruxelles SEMENCES

La commission de l'Agriculture du Parlement européen a rejeté, le 11 février, la proposition de règlement de la Commission européenne sur les semences. Les eurodéputés estiment que ce texte donne trop de pouvoirs à la Commission européenne et ne laisse pas suffisamment de marges de manœuvre aux États membres. De plus, ils considèrent que ces propositions arrivent trop tardivement, ne leur laissant que peu de temps pour discuter du texte d'ici aux élections européennes du mois de mai. Cette décision doit encore être confirmée en séance plénière par le Parlement européen. Si tel est le cas, il sera alors demandé à la Commission européenne de retirer sa proposition et d'en soumettre une nouvelle.

Alors que la Commission européenne est sur le point d'autoriser le maïs TC1507 de Pioneer, la France prépare son arsenal juridique pour empêcher toute culture de maïs OGM sur son territoire. Une loi, proposée le 4 février par le sénateur Alain Fauconnier, allant dans ce sens, sera discutée au Sénat le 17 février et pourrait être votée par l'Assemblée nationale en avril.

Interdire le Mon810 et le TC1507 en France en urgence

« Pour régler le problème immédiat sur le Mon810, il y a un projet de loi qui va être discuté dès lundi au Sénat », a déclaré Stéphane Le Foll le 13 février. L'idée serait de faire voter le texte en urgence au Parlement pour écarter le maïs modifié Mon810 des prochains semis. Cette loi intervient alors que le précédent moratoire sur cet OGM avait été invalidé par le Conseil d'État en août dernier, considérant que « les clauses de sauvegarde invoquées par le précédent gouvernement, notamment en 2012, n'étaient pas suffisamment étayées». Le texte de loi met en avant les risques environnementaux liés à la culture du Mon 810, évoqués dans les précédents avis de l'Aesa et des publications scientifiques récentes les confirmant. Le projet prévoit également d'interdire le maïs TC1507 que la Commission européenne devrait vraisemblablement autoriser dans les semaines à venir. « Nous ignorons les conséquences de ces cultures. Et la France n'est pas isolée au niveau européen. Une majorité d'États membres de l'UE se sont opposés au maïs de Pioneer mais il devrait tout de même être autorisé. Il s'agit de respecter les engagements pris par François Hollande pendant la campagne. C'était également une promesse de l'ancien gouvernement », explique le sénateur à l'origine du texte de loi.

Autorisation imminente du maïs TC1507 au niveau européen

Malgré l'opposition de 19 États membres (dont la France) et du Parlement, la Commission européenne devrait prochainement au-toriser la culture du maïs TC1507. Le Conseil des ministres de l'UE, qui s'est réuni le 11 février, n'a pas dégagé de majorité qualifiée pour l'écarter des champs européens. Toutefois, les États membres de-vront se positionner, le 3 mars, sur une proposition de la Commission permettant une renationalisation des autorisations des OGM. Celle-ci propose aux États membres de gérer eux-mêmes leurs autorisa-tions, en s'appuyant sur des arguments autres que scientifiques. « L'objectif est partagé, mais nous voulons plus de garanties d'un point de vue juridique », indique-t-on au ministère de l'Agriculture, avec dans le viseur de possibles conflits avec l'OMC.

Les plus lus

<em class="placeholder">granulé d&#039;engrais blancs</em>
Marché des engrais : incertitudes, tensions et ajustements face au MACF

La mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) par l’Union européenne a fortement impacté le marché…

Alain Charvillat, directeur Céréales export de Sénalia.
« Cette première partie de campagne céréalière est une bonne surprise en termes de flux à l’exportation », indique Alain Charvillat

Le directeur Céréales export de Sénalia, le plus important terminal portuaire de Rouen, est plus que satisfait du trafic de…

Portrait de Pierre-Jean Huré, directeur commercial du groupe Sica Atlantique
« Nous espérons une meilleure dynamique à l’exportation en blé tendre sur la seconde partie de campagne », indique Pierre-Jean Huré

Le directeur commercial du groupe Sica Atlantique fait le bilan du premier semestre de la campagne de commercialisation 2025-…

De gauche à droite : Franck Bluteau, nouveau président de la Cavac, Jérôme Calleau, ancien président de la Cavac, et Olivier Joreau, directeur général
La coopérative Cavac garde un résultat net positif en 2024-2025

La campagne 2024-2025 a été difficile pour la Cavac, avec une forte baisse des volumes. Le résultat net de la branche…

Diego de la Puente, analyste du marché des grains chez Novitás.
Une récolte de blé record en Argentine pénalisée par la qualité

L’abondante récolte de blé argentin lui confère une grande compétitivité en ce début d’année. Les ventes vers l’Asie sont très…

chargement de blé sur un bateau dans le port de Rouen par Senalia
FranceAgriMer alerte sur l’émergence de la concurrence du blé argentin, après une première moitié de campagne dynamique en termes d'exportations céréalières

L’édition du mois de janvier des bilans céréaliers français présente des révisions en baisse des exportations de blé et d’orge…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne