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Moisson 2024 - La faible récolte céréalière française se traduit par un recul prévisionnel des exportations en 2024-2025

Pour FranceAgriMer, le niveau de la récolte de blé tel que publié par Agreste à 29,7 Mt est surestimé par rapport aux attentes du marché. La baisse de l’offre française occasionne un recul des exportations prévisionnelles en céréales à paille.

Récolte de blé tendre particulièrement précoce, avec du blé Cesario
Agreste est jugé trop optimiste sur le niveau de la récolte française en blé et orges pour 2024, selon FranceAgriMer.
© Gabriel Omnès

FranceAgriMer a publié ses premiers bilans prévisionnels en céréales à paille pour la campagne 2024-2025. Cette année, Maria Gras, adjointe au chef de l’Unité Grandes cultures au sein de l’établissement public, a souligné la prudence à avoir lors de l’examen de cet exercice de prévision : « Les experts travaillent actuellement avec un chiffre de production inférieur à celui d’Agreste pour la récolte 2024 en blé tendre et en orges ». 

« Les experts travaillent actuellement avec un chiffre de production inférieur à celui d’Agreste pour la récolte 2024 en blé tendre et en orges », alerte Maria Gras, adjointe au chef de l'Unité Grandes Cultures de FranceAgriMer.

Pour Benoît Piétrement, président du conseil spécialisé Marchés céréaliers : « les surfaces réellement récoltées seront probablement sous le niveau prévu par le ministère de l’Agriculture ». On rappelle qu'Agreste, le service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agriculture, prévoit une production de blé tendre à 29,7 Mt, en baisse de 15 % d’un an sur l’autre.

Lire aussi : "Moisson 2024 : la récolte de blé tendre attendue sous les 30 Mt pour la troisième fois en vingt ans"

Recul des exportations de blé tendre et d’orges vers les pays tiers

Cette baisse des disponibilités en blé tendre et en orges devrait se traduire selon FranceAgriMer par un recul des exportations de céréales vers les pays tiers d’un an sur l’autre, de l’ordre de 26 % à 7,5 Mt pour le blé tendre et de 22 % à 3,0 Mt pour les orges. Ces prévisions comportent néanmoins un potentiel de baisse « sans doute très substantielle », selon Benoît Piétrement, en fonction du niveau final de la production. « Le niveau des exportations s’annonce en forte baisse par rapport à ce qu’on a connu ces dernières années », a-t-il déploré. 

« Le niveau des exportations s’annonce en forte baisse par rapport à ce qu’on a connu ces dernières années », s'inquiète Benoît Piétrement, président du conseil spécialisé Marchés céréaliers de FranceAgriMer.

Du côté de l’orge fourragère, « les bonnes récoltes chinoises devraient réduire la demande adressée à la France », d’après Marc Zribi, chef de l’unité Grandes cultures.

La demande intérieure se maintient 

Du côté de la demande intérieure, celle-ci devrait rester à peu près stable en 2024-2025 par rapport à 2023-2024, que ce soit en blé tendre ou en orges. La conjoncture économique plus favorable devrait permettre un rebond des utilisations en amidonnerie. En malterie, « la campagne 2024-2025 devrait être l’occasion d’un retour à des niveaux d’utilisations plus proches de la normale après ceux historiquement faibles des campagnes précédentes », toujours selon Marc Zribi. 

À ce stade de la campagne, faute de consensus sur les niveaux de production, les chiffres prévisionnels de stocks sont à prendre avec beaucoup de précautions. Notons toutefois que les stocks sont annoncés comme confortables à 3 Mt pour le blé tendre, et s’équilibrent en orge à 1 Mt.

Lire aussi : "Moisson 2024 - Première prévision de rendement de blé tendre par Arvalis et Intercéréales"

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