La coupe est pleine

Pour ses 90 ans, l'AGPB a proposé deux tables rondes, l'une consacrée à l'export et la nécessité de donner les moyens à la France de tenir sa place de grand fournisseur international, l'autre à l'innovation. Deux thèmes intimement liés. La compétitivité, un des premiers critères de choix des importateurs, passe par la recherche et le déploiement de nouvelles pratiques culturales, de techniques inexplorées et par la création variétale, pour redynamiser la progression des rendements (en respectant au mieux l'environnement). Et cela, sans se priver de l'outil biotechnologique. « Le progrès viendra de la combinaison de toutes les innovations », a insisté Jacques Mathieu, le DG d'Arvalis. L'occasion pour les participants de dénoncer, une nouvelle fois, le principe de précaution, Xavier Beulin appelant les politiques à « faire confiance » aux agriculteurs. L'efficacité logistique sera aussi de plus en plus déterminante en matière de compétitivité, ont assuré plusieurs intervenants sans s'étendre davantage. Surprenant, d'ailleurs, que personne n'ait saisi l'occasion du désordre national provoqué par la grève SNCF pour dénoncer à nouveau le manque d'entretien du réseau. Peut-être pour conserver l'esprit festif de l'évènement ? Ou ne pas donner leur opinion sur les enjeux de la réforme ? À moins que les producteurs se soient juste gardés de stigmatiser un mouvement de protestation, alors même qu'ils programmaient le leur. Interdiction de cultiver des OGM, mais pas d'en importer, mesures de verdissement, restrictions de l'utilisation d'intrants,… FNSEA, AGPB et AGPM invitent à la mobilisation, le 24 juin, pour dire stop au « trop plein » de contraintes franco-françaises qui pénalise la productivité, donc la compétitivité.