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Irtac

RENAISSANCE. « Je veux redonner un nouveau souffle à l’Irtac ». Élu à la tête de l’Institut de recherches technologiques agroalimentaires des céréales il y a un an, Catherine Peigney est pleine d’énergie pour redonner ses lettres de noblesse à cette association qui a connu une longue traversée du désert. « Après avoir connu des difficultés financières, nous avons la volonté, moi, tous les partenaires et adhérents de l’Institut, de repartir sur des bases solides et consensuelles » poursuit cette ingénieure Ensiaa qui nous vient de chez Nutrixo et connaît donc parfaitement la filière céréalière. Mais l'Irtac, c’est quoi au juste ? Cette association de loi 1901 regroupe des organisations professionnelles comme l’AGPB et l’AGPM (producteurs de céréales), l’ANMF (meunerie française), Malteurs de France, ou encore la Ffcat (Coopératives), la FNA (Négoce agricole) sans oublier les Syndicats d’alimentation animale. Mais elle compte aussi parmi ses adhérents ou partenaires des industries privées et coopératives de la filière céréalière (Soufflet, Nutrixo, Danone…). Trente cinq partenaires en tout qui échangent leurs informations et travaillent ensemble à la promotion des sciences et technologies céréalières dans un intérêt commun. « Nous voulons rendre accessible le travail des scientifiques aux opérateurs de la filière. L’Irtac, c'est un laboratoire “sans mur” » poursuit Catherine Peigney.

Se redonner des objectifs et remobiliser les partenaires

Après un redressement des comptes et un déménagement début 2007 dans les locaux de l’ANMF, la dynamique présidente de l’Irtac, s’attèle maintenant à refixer des objectifs à l’Institut et à remobiliser des partenaires autour de projets collectifs. « Nous devons consulter les principales fédérations adhérentes et mettre en place des réunions régulières, choisir des objectifs et faire un état des lieux des actions à entreprendre. »

Première concrétisation du travail entrepris depuis un an, la participation de l’Irtac au colloque scientifique de l’Inra qui aura lieu du 11 au 13 septembre prochain à Arcachon et qui aura pour thème “progrès et perspectives de la recherche sur les mycotoxines de fusarium dans les céréales”. Un projet élaboré dans le cadre de Rare (Réseau de recherche et d’innovation technologique “Alimentation-Référénce-Europe”) qui a débuté il y a trois ans avec un budget de 2 millions d’euros.

Ce projet rassemble un consortium de 35 laboratoires ou unités de recherche des secteurs publics et privés. Sa coordination scientifique est assurée par l’unité de recherche Mycologie et sécurité des aliments de l’Inra de Bordeaux. Les recherches concernent toutes les étapes, de la production de céréales au champ jusqu’à l’aliment prêt à consommer. Le consortium va donc présenter à Arcachon un rassemblement européen pour la restitution de l’expertise scientifique collective acquise, en présentant les principales avancées des recherches obtenues au cours de ces trois dernières années en France.

« Ce colloque a trois objectifs,explique Catherine Peigney. Faire partager les connaissances acquises avec tous les acteurs économiques des filières concernées et envisager les développements qu’elles sont susceptibles de générer pour la maîtrise des contaminations. Puis, définir les axes de recherche encore à approfondir pour parvenir à une prévention optimale du risque de contamination des céréales et des dérivés par les fusariotoxines. » Une rencontre, ouverte à tous les professionnels –organismes stockeurs comme transformateurs, organisations professionnelles ou groupes agroalimentaires– qui va permettre également de mettre en valeur le potentiel de recherche mobilisable en France sur ce thème. « C’est très rare de voir un colloque organisé pour la communication des résultats d’un projet avant même sa publication » affirme Catherine Peigney.

Des axes de travail

Pour l’Irtac, être partenaire d’un tel évènement, est un premier pas pour reprendre une place laissée vacante. « Nous sommes très proches de l’Inra, qui demande à avoir plus de visibilité de la part des professionnels » explique la présidente de l’Institut. D’autant qu’il y aura une suite au projet Rare, à laquelle l’Irtac compte bien prendre part. « Nous avons également commencé à définir des axes de travail, sur la sécurité sanitaire des aliments ou encore l’aspect nutritionnel des céréales (valeur nutritionnelle, fibres, glucides…) » souligne Catherine Peigney.

Pour l’Irtac, il s’agit donc de remobiliser les troupes autour de projets comme l’animation de groupes de travail, la participation à la normalisation de méthodes d’analyses ou encore à l’organisation de cycles de formation, colloques, congrès internationaux. Sans oublier des actions collectives de filières, comme par exemple la participation aux discussions sur l’élaboration des seuils réglementaires ou au plan de surveillance national des céréales. Ce dernier a mobilisé environ 120 partenaires dont 14 fédérations professionnelles de filières et a généré environ 130.000 analyses de contaminants depuis 2000.

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