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Introduction en bourse d'Euronext, les investisseurs sortent de l'ombre

Comme attendu, ICE entend se déssaisir d'Euronext, qui faisait partie du pack de Nyse-Liffe, acquis fin 2013. En toile de fond, l'avenir du marché à terme des matières premières agricoles. Face à l'enjeu, Unigrains a confirmé son intérêt.

L'annonce était attendue par les opérateurs financiers, elle est finalement tombée le 26 mai dans un communiqué de presse du groupe ICE. « Intercontinental Exchange Group annonce son intention de procéder à l'introduction en bourse d'Euronext NV sur Euronext Paris, Euronext Amsterdam et Euronext Bruxelles. Euronext NV a l'intention de coter ses titres sur Euronext Lisbonne après son introduction en bourse et avant le 4e trimestre. » Le groupe financier, qui avait racheté Nyse fin 2013 et, du même coup, les activités d'Euronext (dont la partie produits dérivés des matières premières agricoles, avec les contrats Blé de meunerie, Maïs, Colza, Orge de brasserie et Poudre de lait), ne cachait pas sa préférence pour le Liffe ” londonien plutôt que pour la place parisienne. Cette introduction en bourse, consistant « en la vente secondaire de tout ou partie des actions ordinaires d'Euronext détenus par son actionnaire, ICE », confirme l'intention de ce dernier de se séparer de cette activité, et ouvre ainsi la porte à de nouveaux investisseurs. Les prochaines semaines seront donc décisives pour l'avenir d'Euronext, et donc du marché à terme de référence pour les céréales européennes, et notamment françaises. Quelques investisseurs se sont déjà fait connaître, notamment ceux du « noyau dur », constitué des actionnaires de référence (parmi lesquels BNP Paribas et BPI France) pour une part totale de 33 % qu'ils se sont engagés à conserver pendant trois ans. Certains grands noms du Cac 40, sont aussi apparus par fuite dans la presse. Côté agricole, Unigrains vient de rejoindre la liste des possibles investisseurs. L'introduction en bourse pourrait intervenir d'ici la fin du mois de juin. Selon certaines estimations, la valorisation d'Euronext lors de sa cotation serait comprise entre 1 et 1,5 Md€.

Le contrat Blé d'Euronext a une importance stratégique et structurelle pour la production française.

Unigrains intéressé par une entrée au capital d'Euronext

Selon un article des Échos du 4 juin, Total, GDF Suez et Orange se seraient « engagés à participer au tour de table de l'opérateur de marché parisien » et « pourraient prendre une participation de l'ordre de 1 % chacun ». Une information confirmée par l'opérateur de téléphonie à l'AFP, sans pour autant s'exprimer sur le niveau de participation. Total et GDF Suez n'ont pas commenté. Concernant les opérateurs agricoles, peu d'informations filtrent. Seul Uni-grains nous a confirmé son intérêt pour cette introduction en bourse d'Euronext. « Nous sommes impliqués dans le dossier, a confié, le 5 juin, Philippe Pinta, président d'Unigrains, en marge d'une conférence de l'AGPB qu'il préside également. Unigrains est intéressé et en état de prendre une décision. Le contrat Blé a une importance stratégique et structurelle pour la production française et européenne. Nous voulons qu'il soit maintenu à Paris avec une livraison en France ». Du côté de Sofiprotéol ou du Crédit agricole, silence radio pour l'instant. La banque avait toutefois signalé son refus d'intégrer le noyau dur des 33 %.

L'avenir des contrats Matières premières en question

« L'avenir d'Euronext est important pour la place de Paris. Il y a encore quelques années, les matières premières agricoles comptaient peu. Ce n'est plus le cas aujourd'hui », assure le professeur d'économie Phillipe Chalmin. « Dans Euronext, les produits dérivés sur les matières premières sont les plus belles pépites », estime-t-il, ajoutant : « Le contrat Blé de meunerie est devenu la référence européenne et même mondiale, avec celui du Chicago Board of Trade (CBOT). » « Les matières premières sont essentielles pour la France et son développement au niveau de l'Europe», de tendance plutôt libérale, qui, dans ce cas, qualifie volontiers son discours de « patriotisme économique primaire ».

Le Chicago Mercantile Exchange, qui gère le CBOT, a déja fait part de son intérêt pour les marchés à terme agricoles européens. Le projet d'un nouveau contrat Blé sur le territoire hexagonal, avec des points de livraison différents de ceux prévus par Euronext, a récemment été évoqué dans la presse et montrerait bien l'enjeu stratégique que constitue la place parisienne en matière de produits dérivés agricoles. Cette introduction en bourse pourrait constituer une opportunité pour l'opérateur nord-américain... mais pas seulement. Quid des acteurs asiatiques, qui montent en puissance dans le commerce international des céréales ?

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