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Défaillances d’entreprises en agroalimentaire : retournement de tendance ou embellie ?

ALORS QUE l’année 2006 semble marquée par une reprise de la croissance, les défaillances d’entreprises se sont accélérées au cours du premier semestre. Mais le parc n’est pas affecté partout de la même manière, les grandes entreprises étant les plus touchées. Et en agroalimentaire, les derniers mois ont été difficles, qu’il s’agisse de la filière avicole – avec les effets de la grippe aviaire – et de la charcuterie-salaison (conséquence des cours très élevés). « Quoi qu’il en soit, la bonne orientation de la demande est susceptible de réveiller les investissements qui avaient fortement reculé en 2005 (-12 %) pour revenir ainsi au cercle vertueux de la croissance, le meilleur gage qui soit en matière de santé des entreprise », estime Groupama dans la nouvelle édition de “Défaillances d’entreprises” qui établit un bilan de la disparition d’entreprises dans les filières agroalimentaires depuis le 1 er janvier 2005. Globalement, dans l’industrie, les défaillances de l’année 2005 s’inscrivent dans une certaine stabilité (1,76 % en 2005 contre 1,80 % l’année précédente). Cependant, leur nombre n’a cessé de croître depuis l’automne 2005 avec un pic au deuxième trimestre 2006 (20 % par rapport à la même période de l’année précédente).

Risque de décroissance en alimentation animale

La situation qui prévaut dans la filière de la nutrition animale ne prête pas à l’optimisme et les risques de décroissance sont réels : la production 2005 déjà en recul sera suivie par une année 2006 qui s’annonce difficile. En effet, contrairement à 2005 qui avait vu un allongement de la durée de l’élevage et donc des niveaux de volume épargnés, 2006 connaît une baisse des mises en place et donc une installation de la crise pour les différents acteurs de la filière. Le bon comportement des aliments ruminants ne permet pas de compenser le retrait des aliments porcs et surtout volailles. Groupama prévoit même pour ce dernier segment de réelles difficultés sur 2006.

La situation n’est guère plus reluisante dans le secteur de la meunerie. La filière est en surcapacité, avec une nouvelle baisse du chiffre d’affaires en 2005. Ce retrait est en partie lié au recul du débouché export alors que les utilisations françaises évoluent peu. Les meuniers se trouvent ainsi toujours face à des exigences qualitatives croissantes et des cours du blé volatils. « Les marges ne seront donc pas conséquentes », indique Groupama.

La situation de surcapacité dans le secteur de la malterie perdure et l’environnement concurrentiel conduit à une baisse des marges qui risque pour certains d’être difficile à supporter, d’autant que la hausse du prix de l’énergie va se poursuivre. La baisse de la consommation en Europe de l’Ouest et la réduction des exportations vers la Russie, qui construit ses propres malteries, obligent les malteurs à accroître leurs exportations vers l’Asie et l’Amérique latine. Selon Groupama, le renversement du cycle qui s’opère depuis deux ans devrait se poursuivre.

Alors que le secteur de la boulangerie/viennoiserie industrielle s’est fortement concentré avec l’intervention de sociétés étrangères, celui de la biscuiterie intègre beaucoup de sociétés régionales familiales confrontées aux exigences croissantes de la GMS, phénomène accentué par une pression sur les prix comportant un risque important de perte d’un client. Ces affaires connaissent fréquemment une sous-capitalisation chronique qui les fragilise. De plus, le coût d’achat des matières premières est important en terme de rentabilité et les crises actuelles de l’œuf et des matières grasses les frappent de plein fouet.

Concernant la filière Sucre, la nouvelle Organisation commune de marché aura été le grand événement de l’année 2005. « Les perspectives sont très favorables sur ce secteur en raison de la volonté politique affichée de développer les biocarburants et la France dispose en la matière d’atouts certains », affirme Groupama.

La campagne 2005/2006 qui s’annonçait favorable pour les opérateurs du négoce de grains n’a pas tenu ses promesses. L’Union européenne a une fois de plus été pénalisée sur le marché mondial en raison de la faiblesse du dollar, du système de gestion de marchés et de restitutions entravée par les ptoblèmes budgétaires et les négociations agricoles mondiales. La tendance sur la campagne 2006/2007 s’oriente vers un niveau des prix soutenu comme en 2006, compte tenu du repli de la production par rapport aux attentes initiales et de l’hétérogénéité de la qualité de la production. « L’activité Négoce qui a été durement touché en 2005/2006 devrait cependant connaître une campagne 2006/2007 difficile », prévoit Groupama.

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