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Gabegie

Comme toujours en ce mois de mars, il nous faut rédiger le sempiternel pensum de la déclaration de revenus. Un exercice –reconnaissons-le– pas vraiment très agréable. Et cette année, beaucoup d’entre nous n’ont pu s’empêcher de réprimer un sourire ironique en lisant la traditionnelle lettre accompagnant les imprimés. Non seulement, on y trouve le « baratin » habituel nous assurant que le meilleur usage sera fait de notre impôt : « parce que nous mesurons l’importance de votre effort, nous voulons que 2005 soit l’année des contribuables. Nous prenons devant vous l’engagement d’œuvrer pour que chaque euro dépensé en votre nom soit un euro réellement utile, au service de notre pays et pour l’avenir de nos enfants. Avec l’ensemble du Gouvernement, nous nous sommes mobilisés autour d’un objectif prioritaire : que vous en ayez pour votre impôt » (sic). Mais cet imprimé jaune, blanc, bleu avec petit drapeau tricolore est cosigné par Hervé Gaymard, encore ministre de l’Économie des Finances et de l’industrie, et Jean-François Copé, ministre délégué au Budget et à la Réforme budgétaire, porte-parole du gouvernement. L’un –on le sait– a dû spectaculairement démissionner pour cause d’un somptueux duplex dont le loyer était aux frais de la princesse (en l’occurrence payé par nos impôts); tandis que l’autre –si l’on en croit le même hebdomadaire satirique, qui a fait tomber Gaymard – s’emberlificoterait lui-aussi dans un problème immobilier également pas piqué des hannetons. Tout ceci, coïncidant avec la présentation du rapport annuel de la Cour des comptes sur les finances publiques, qu’un grand quotidien parisien présente non sans humour sous le titre : « la Cour décompte les gabegies de l’Etat » .En effet, comme chaque année, la vieille dame de la rue Cambon, qui est chargée de contrôler le bon usage de l’argent des contribuables, dans un inventaire à la Prévert s’étrangle devant toutes sortes de dysfonctionnements et gaspillages des deniers publics. Une gabegie, qui touche pratiquement tous les secteurs. Mais Philippe Seguin, Président de la Cour des Comptes depuis septembre dernier pointe, du doigt particulièrement le Quai d’Orsay avec notamment la construction de l’ambassade de France à Berlin dont le coût se chiffre entre 70 et 86,5 millions d’euros, soit une dérive représentant entre 59 % et 97 % de l’estimation initiale ! Le rapport épingle en outre, et ce avec une féroce délectation, la saga du mobilier de cette ambassade, conçu par la styliste renommée Elisabeth de Portzamparc. Et de citer : « des canapés à deux et trois places entre 5 291 et 6 168 euros pièces dotés d’accoudoir en vieil or ou argent saillants et tranchants... En sorte qu’ils n’ont pas été installés dans les salons mais relégués aux trois quarts à la cave ! Quant aux fauteuils, l’avenant au marché signé pour un montant de 1 500 euros par meuble a été justifié par la nécessité d’assurer leur bonne stabilité et leur confort » (sic). Et ne parlons pas de l’explosive note confidentielle de la même Cour des comptes, révélant au lendemain de la grande journée de manifs du 10 mars (où les enseignants de retour de vacances de février étaient naturellement partie prenante), que l’équivalent de 32.000 professeurs à temps plein se trouveraient « sans classe et sans affectation pédagogique ». Coût de ces enseignants non utilisés : 1,5 milliards d’euros par an. S’il y avait des Jeux Olympiques de la gabegie, des gaspillages et des paniers percés, disons que notre pays ne serait pas trop mal placé. Et bon courage à Thierry Breton, qui en ayant accepté et dans les conditions que l’on sait, le lourd portefeuille de Bercy –reconnaissons-le– ne manque pas de courage.

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