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Exportations de blé : le défi de la qualité

Confronté à des cahiers des charges de plus en plus pointus et à une concurrence très agressive en prix comme en qualité, France Export Céréales a alerté les pouvoirs publics et les opérateurs sur la nécessaire prise en compte de ces éléments.

« La qualité du tas de blé français est très limite », a lancé Yann Lebeau, responsable du bureau de Casablanca de France Export Céréales (Fec), aux quelque 300 opérateurs présents à sa matinée d'information et d'échanges du 11 mars à Paris. Une rencontre riche en contenu, destinée à rendre compte de l'importance de la qualité sur le marché de l'export. Un discours peu original, mais qui avait en cette journée une double portée. Un message destiné aux opérateurs du secteur mais aussi au gouvernement, dont les mesures législatives et les prises de position récentes inquiètent fortement les dirigeants de Fec. « L'exigence environnementale n'est pas compatible avec la hausse de production et de qualité. Comment tirer les agriculteurs vers la qualité ? Que peut-on faire dans ce pays ? », a interrogé une agricultrice. Une question clairement adressée aux représentants du ministère de l'Agriculture mais aussi des Affaires étrangères présents. Car l'heure est grave, selon certains observateurs du secteur des grandes cultures. Les agriculteurs seraient au bord de la rupture et pourraient finir par se désintéresser de la performance qualitative. « La protéine, c'est de l'azote transformée. Elle se pilote sur le terrain, et non dans les bureaux des ministères. (…) Il y a un ras-le-bol chez les producteurs. J'ai peur qu'il y ait un rejet de l'enjeu de la qualité », s'est inquiété Rémi Haquin, président du Conseil spécialisé Céréales de FranceAgriMer. C'est pourquoi l'organisme de promotion des céréales françaises a martelé l'importance de faire progresser la qualité de la production française afin de répondre aux cahiers des charges des importateurs mondiaux. Et ce, dans un contexte de plus en plus concurrentiel, avec des compétiteurs redoutables (autant sur la qualité que sur le prix) et de plus en plus nombreux. Qu'ils s'agissent de la protéine, du temps de chute d'Hagberg, de l'humidité ou du gluten humide, les critères qualitatifs sont déterminants pour exporter chez les clients traditionnels de la France (Maghreb, Afrique subsaharienne et Moyen-Orient). Rien de neuf sous le soleil. Si ce n'est que ces critères qualitatifs pourraient être amenés à progresser et que la concurrence est en mesure de proposer des lots correspondants mieux aux attentes de nos clients que l'origine France actuellement.

Taux de protéine discriminant

Concernant la protéine, il s'agit de « répondre à un besoin politique de nourir une population avec des aliments protéinés » et à « des besoins techniques pour la seconde transformation », explique Fec. De plus, « l'offre de la concurrence dans certaines régions a pour effet de faire progresser le niveau de protéine standard du blé importé », a précisé Yann Lebeau. Des exigences qui rendent plus difficiles l'incorporation de blé français chez certains clients, notamment en Afrique subsaharienne… Quand il n'est pas tout simplement ignoré, de fait, par certains acheteurs du Moyen-Orient (12,5 % mini pour l'Iran et l'Irak).

Le gluten humide, critère majeur au Moyen-Orient

Le taux de gluten humide est l'un des principaux critères d'achat de blé chez les acheteurs du Moyen-Orient, « parfois même avant la protéine », assure Yann Lebeau. Si le blé français présente un taux compris entre 22 et 23 %, il observerait « une tendance haussière », selon Fec. Malgré tout, ces exigences écartent l'Hexagone d'un marché estimé à 16 Mt par Fec (Arabie saoudite, Irak, Iran, Jordanie, Libye et Soudan demandent au moins 26 % de gluten humide).

Humidité, W et Hagberg

Le temps de chute d'Hagberg et, par voie de conséquences, le W sont des éléments plus conjoncturels qui permettent de pénétrer, en partie, ces marchés en année normale, 2014 n'étant évidemment pas le bon exemple. Enfin, l'humidité, autour de 12/12,5 % pour des blés courants, doit progresser pour satisfaire les demandes nord africaines, notamment.

Rappelant que la qualité française est « systématiquement dans la limite basse des acheteurs internationaux », Yann Lebeau a évoqué l'arrivée de nouveaux exportateurs comme la Roumanie (2e fournisseur de l'Égypte cette année). Il a conclu par cette question, « nos clients sont fidèles mais jusqu'à quand ? »

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