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RESPECT'IN
Entre la culture biologique et le conventionnel

Avec son cahier des charges et son obligation de résultats, Respect'In se démarque des autres formes d'agriculture respectueuse de l'environnement.

Lancée il y a deux ans (2e récolte en 2013) à l'initiative de la coopérative champenoise Vivescia et présentée au grand public en novembre dernier, Res-pect'In est une marque de blé et d'orge cultivés selon un modèle proche de l'agro-écologie.

Un cahier des charges associé à une obligation de résultats

Les agriculteurs volontaires doivent respecter des engagements portant sur l'eau, le sol, la qualité sanitaire, la biodiversité, l'énergie, les déchets ou encore la protection de l'agriculteur, avec une obligation de résultats, et non seulement de moyens comme c'est souvent le cas dans ce type de démarche. L'organisme Écocert se charge de contrôler certaines exploitations chaque année pour s'assurer du bon respect du cahier des charges. Ce dernier propose d'ailleurs aux producteurs de se positionner sur chaque critère et de progresser pour être de plus en plus vertueux via un système de points, l'objectif étant de progresser d'année en année pour parvenir au maximum. Il est à noter que le respect du cahier des charges ne peut se limiter à une parcelle, l'engagement portant sur l'ensemble de l'exploitation et de ses activités.

Valorisation

Si la démarche présente un intérêt environnemental certain, encore faut-il inciter les producteurs. « Nous travaillons la commercialisation des blés et des orges de la récolte 2013. Il était important de pouvoir présenter des volumes physiques à nos futurs clients », explique Regis Merand, directeur du projet Respect'In. « L'offre de prix est double. Elle concerne d'une part le grain et ses propriétés, et d'autre part, l'utilisation de la marque Respect'In par l'industriel. Pour les producteurs, la rémunération est homogène et doit récompenser leurs efforts par un prix supérieur au conventionnel », détaille-t-il. En 2013, 15.000 ha ont été récoltés en blé (2/3) et en orges (1/3).

Fabien Driat, agriculteur champenois de 39 ans, fait figure de précurseur de cette démarche environnementale. « J'étais déjà dans ce type de logique avant le lancement de Respect'In. Deux raisons principales m'ont poussé à m'y intéresser : la fertilité des sols qui posait problème, notamment au travers de chute de rendement, et l'aspect économique », explique-t-il. Cette année, ses 220 ha sont exploités sous cette forme. Le respect du cahier des charges lui a permis de diminuer ses intrants chimiques de moitié (passage de 100 t d'azote à 75 t, et de 50 t de potasse/phosphate à 0 t). D'autres actions se sont avérées payantes : le désherbage mécanique permettant de réduire considérablement l'IFT, le recours à des couverts végétaux en inter-culture ou en association pour mieux régénérer les sols, ou encore le raisonnement de l'apport en azote via FarmStar.

Autre particularité de cette marque créée par Vivescia, la possibilité de l'exporter dans d'autres régions. « On peut envisager que d'autres coopératives proposent des produits Respect'In en respectant le cahier des charges. Du point de vue environnemental, il ne serait pas cohérent de faire traverser des volumes Respect'In à l'autre bout du territoire si l'on souhaite rester crédible », explique Franck Coste directeur chez Vivescia.

Industriels alimentaires, brasseurs et ingrédientistes

La démarche Respcet'In s'adresse logiquement aux industriels souhaitant proposer des produits élaborés à partir de matières premières plus respectueuses de l'environnement. Des discussions sont actuellement en cours avec plusieurs grands acteurs de l'agroalimentaire, de la brasserie mais aussi des ingrédients. Le succès de Respect'In en dépend.

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