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En 2015, les céréaliers ont privilégié les semences fermières au détriment des certifiées

Selon l'étude menée par le Gnis, l'utilisation des semences certifiées s'amenuise pour la campagne 2014/2015. Avec une bonne récolte et une valorisation moindre des céréales, l'utilisation des semences fermières ne semble pas se tarir.

Alors que le marché des semences fermières est évalué à 400.000 t (dont la moitié est réalisée par les trieurs à façon), Jerôme Levron du Staff (Syndicat des trieurs à façon français) affirme que « les semences de ferme professionnelles sont orientées à la hausse. Le tonnage trié moyen par client est en hausse de 7 %, soit un tonnage moyen par entreprise de + 2 % ». Le Gnis constate également cette évolution dans son étude réalisée par BVA en décembre 2015 auprès des céréaliers. Les semences de blé tendre d'hiver certifiées (qui représentent 600.000 t) progressent de 2,6 % contre 14 % pour celles fermières, et représente désormais 49,9 % de la surface emblavée en 2015. Le nombre d'utilisateurs décroît de 3 % et le nombre de nouveaux adeptes est en recul de 2 % (cf. graphique). En blé dur, 70 % des surfaces sont emblavées avec des semences certifiées. En revanche, deux tiers des céréaliers reconnaissent que les semences certifiées sont plus propres et de meilleure qualité.

Le prix des semences comme premier critère

Pour 39 % des agriculteurs français, les semences certifiées possèdent un meilleur potentiel de ger-mination, 32 % d'entre eux reconnaissent la meilleure qualité du traitement des semences. Cependant, seulement 10 % des utilisateurs mixtes disent obtenir de meilleurs rendements en semences certifiées qu'en fermières (gain de 6,5 q/ha). Quelque 47 % des céréaliers utilisent les semences fermières pour le coût peu élevé. En utilisant leur propre récolte, 69 % d'entre eux cherchent à réduire leurs charges. Même si 36 % des céréaliers qui utilisent des semences fermières trient et/ou traitent eux-mêmes, le premier poste de dépense est pour 81% le coût des trieurs à façon, suivent ensuite le traitement des semences (avec 78 % du coût) et le coût de l'augmentation de la densité du semis. Pour ces professionnels, « la bonne qualité de récolte 2015 et des prix bas des céréales incitent les agriculteurs à utiliser leur récolte ». De nouveaux investissements sont prévus par les trieurs professionels afin de garantir des variétés et quantités utilisées en temps voulu. Selon Jerôme Levron, « les agriculteurs font de plus en plus appel à un service qui demande de la précision et des précautions ». Dans le contexte actuel, les semences fermières ne sont donc pas désuètes.

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