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Blé dur
Des semis en hausse sur un marché en berne

« Nous espérons avoir un minimum de 10 % de croissance des surfaces de blé dur en France pour la récolte 2016, diagnostique Jean-Philippe Everling, DG de Granit Négoce. Les agriculteurs sont motivés par la bonne qualité des récoltes 2015 mais, surtout, par le spread existant entre les cours du blé dur et du blé tendre. » À l'heure actuelle, le différentiel de prix entre les deux céréales en départ Eure/Eure-et-Loir s'élève à 135 €/t, ce qui permet d'envisager des marges très confortables (cf. tableau). « Une fois que le producteur maîtrise la technique culturale – qui demande davantage de précision que celle du blé tendre – et sait gérer les risques climatiques – auxquels la plante est plus sensible (moucheture, mitadin) –, le blé dur apparaît comme une culture porteuse, explique Matthieu Killmayer, chef de projet Blé dur à Arvalis. Économiquement parlant, le blé dur est de fait plus intéressant que le blé tendre sur le long terme (de l'ordre de cinq à dix ans), chaque année la céréale gagnant en performance. » Mais la production est une chose, et la commercialisation une autre. Car si cette année, nous conjuguons qualité et quantité en France, avec un prix rémunérateur sur l'intérieur, « c'est le Canada qui est le maître du jeu et du marché », rappelle Jean-Philippe Everling. Notons que les 2/3 du blé dur national partent à l'exportation (2/3 sur l'UE et 1/3 sur les pays tiers).

Saisir les opportunités du marché mondial

« La récolte de blé dur s'étant terminée sous la pluie, le Canada possède en magasin des lots de marchandises de grade de 1 à 5 : la pire des situations pour le marché français, s'inquiète le DG de Granit Négoce. Le pays peut fournir tous les besoins à tous les prix. » « Le Canada a exporté ses grades 3 et 4 sur le marché italien (une des destinations phare du blé dur français), ce qui tire les prix vers le bas, explique Jean-Philippe Everling. Depuis la deuxième quinzaine de juillet, le marché est de fait à l'arrêt : il n'est plus du tout alimenté et les acheteurs l'ont déserté. » Et le DG de Granit Négoce d'ajouter qu'il n'est « pas très optimiste pour la suite » car si « des volumes sont déjà engagés sur l'Algérie, le Maroc et l'Italie, il en reste à écouler ». Cependant, les exportateurs ont bon espoir que l'Algérie revienne aux achats. Mais ils craignent que « le marché français ne soit pas réalimenté », les vendeurs étant peu enclins à se séparer de leurs lots, au vu de la tendance baissière actuelle des cours. « Nous risquons de laisser passer la demande internationale », s'inquiète le DG de Granit Négoce. Une situation qui pourrait se révéler problématique, car « les industriels, ayant déjà intégré la hausse des surfaces de blé dur français pour la récolte 2016, ne sont pas forcément pressés d'acheter », alerte-t-il.

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