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Céréales et oléagineux
Des fondamentaux pas si baissiers

« La plupart des analystes actuels estiment que nous sommes dans un contexte baissier. Je ne fais pas partie de ce camp », a lancé David Hightower, PDG fondateur du bureau américain d'analyse éponyme, en introduction du Global Grain 2015, qui s'est déroulé du 10 au 12 novembre à Genève. L'évènement a été l'occasion de présenter des visions quelque peu différentes du courant de pensée actuel. « Les niveaux de prix du moment affectent grandement les marges des producteurs de grains américains et européens, car en-dessous des coûts de production. Ces derniers sont peu enclins à vendre », alerte David Hightower. Un constat partagé par Klaus-Dieter Schumacher, responsable de la division des Marchés agricoles de la société BayWa AG et spécialiste du marché des grains allemands. « Les agriculteurs européens ne vont pas accepter de vendre à des prix plus bas », prévient-il.

Remontée des prix début 2016 ?

L'analyste américain voit une stabilisation des prix à court terme (novembre-décembre), suivie d'une remontée progressive à partir de janvier. Un autre signe haussier est la progression de la demande globale d'éthanol. « L'Inde et la Chine ont fortement importé de l'éthanol produit à partir de maïs, en vue de réduire les rejets de gaz à effet de serre. Même le Brésil, pourtant premier producteur mondial, a importé de l'éthanol made in États-Unis ! », fait remarquer David Highto-wer. D'après lui, les importations de l'Empire du Milieu se sont élevées à 32 millions de gallons US en septembre 2015, contre moins de 15 millions le mois précédent.

Après El Niño pourrait suivre la Niña

« L'apparition d'El Niño affecterait la production d'huile de palme en Asie du Sud-Est, celle des céréales en Inde et en Chine, etc. Ceci engendrerait une progression encore plus importante des cours, avec l'huile de palme en tête, qui entraînerait dans son sillage l'huile de soja, l'éthanol et le maïs », estime l'expert étatsunien. Selon Kyle Tapley, météorologiste chez MDA, le risque que le phénomène survienne « est élevé, et pourrait engendrer des dégâts similaires à celui apparu en 1997/1998 ».

L’intensité du phénomène atteindrait son pic début 2016, avant de retomber durant le printemps. Par ailleurs, « s’il est encore trop tôt pour être catégorique, à El Niño pourrait suivre La Niña, affectant les États-Unis et l’Amérique latine en 2016 », alerte Kyle Tapler.

Malgré les apparences, la Chine a des réserves

La santé économique de la Chine n’est pas aussi mauvaise », selon David Hightower. Il se réfère à la poursuite des importations de soja sur un rythme toujours plus élevé du géant asiatique, projetées à 78,8 Mt en 2015, contre 76 Mt l’an dernier, grâce notamment à d’importantes réserves de devises, évaluées à 3,56 trillions de dollars. Par ailleurs, « on ne sait pas exactement à quel niveau se situent les stocks de maïs chinois. Une partie serait inutilisable, selon les échos du marché, et pourrait être destinée à la production d’éthanol », suppute David Hightower. Un représentant chinois du NGOIC (National Grain and Oils Information Center) a tenu à préciser la situation du marché en Chine (cf. tableau). La production de maïs est revue en nette hausse. On constate qu’à aucun endroit n’apparaît le terme “Stock”, sujet très sensible en Chine, au vu de son importance stratégique. Il est remplacé par “Surplus”, dont le niveau progresse aussi. Par ailleurs, les soutiens par les prix pour le blé et le riz vont se poursuivre, alors que les aides au maïs devraient peu à peu se réduire, afin de s’aligner sur les cours mondiaux et diminuer les « surplus », d’après le NGOIC. La bonne dynamique des importations de soja est confirmée par le représentant chinois. Elles sont évaluées à 78,5 Mt en 2015/2016, jusqu’à 93 Mt en 2019/2020.

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